XYSMA - Xysma - 2004 ( Spikefarm )

CD 1

1 Why am I I?
2 On the hill of desecration
3 Uranus falls
4 Aspirations:
5 (I) Reflections of eternity
6 (II) First sunbeams of the new beginning
7 Above the horizon
8 Importance of the dimensionless mirage
9 Until I reach the unattainable
10 There's only one Sun
11 Written into the sky
12 Outro

13 One more time
14 Souls are stolen
15 Uranus falls again
16 Turning
17 You can call evertything in a question
18 My mind like a heron
19 Clouds give me consolation
20 Can't imagine your death
21 Symbol
22 It's my sound

CD 2

1 Intro
2 Pulsating cerebral slime
3 Pulverized necrobrains
4 Gripping slaughter
5 Festering sore
6 Procreated from blood
7 Sudden impulse
8 Unanaesthetic genitoplasty
9 Fetid gurgitation
10 Fleshaw
11 Pathologists perversitys
12 Priests fomented in excrements
13 Charred limbs
14 Drown oneself
15 Burbed rectum
16 Phrenetic chainsaw suicide
17 Evisceration
18 Vacant mind
19 Deceiver (Napalm death)

20 On the hill of desecration - 7"
21 Entangled in shreds 7" - live
22 Embodiment of morbidity - 7"

23 Foetal mush
24 Paradise of steaming cadavers
25 Entangled in shreds
26 Mild stench of rot
27 Dismemberment in trance
28 Cranial cradle

14/20

Une bonne grosse double compile pleine à craquer signée Xysma. Sur le CD 1, on retrouve rien de moins que les deux premiers albums: Yeah (1990) et First and magical (1992). Il vaut à lui tout seul l'achat de cette compile, et, accessoirement le 13/20 accordé dans cette chronique. Xysma s'y montre particulièrement créatif, dans un style halluciné et méchant n'excluant pourtant ni un peu de tranquilité ni l'humour. A défaut d'être absolument indispensables à toute personne s'intéressant un tant soit peu au metal extrême, les deux premiers albums du groupe font partie de ces disques "un peu moins essentiels" sur lesquels tout véritable amateur de metal finit pourtant par se pencher. On aura en revanche du mal à s'enthousiasmer autant pour le CD 2. A mon sens c'est juste un (gros) bonus pour les fans endurcis de Xysma. Un CD très inégal qui regroupe des enregistrements plus anecdotiques (Swarming of the maggots, Fata morgana et Above the mind of morbidity). Les deux derniers ne sont pas vraiment mauvais... mais ils se rapprochent des albums du CD 1 en moins bien et avec un son pas terrible. Quant à Swarming of the maggots, ça ne m'a pas enchanté du tout! Le contraste est vraiment saisissant dans la mesure où j'aurais du mal à parler encore de créativité. Dix-neuf titres de grind totalement aplati, où les voix sont ce qui présente le plus d'intérêt et où les instruments semblent ne faire que les accompagner. Si les voix ont (un peu) d'intérêt, c'est parce qu'elles sonnent... comment dire... complètement liquides (merci les effets en tous genre je pense). C'est assez bizarre. En tout cas ça accroche les oreilles et, par moments, on se dit qu'ils tiennent quelque chose, une sonorité unique à défaut de mieux: le mélange de ces voix avec le jeu des musiciens donne un résultat coloré et absurde, avec un je ne sais quoi de cérébral. De plus, le côté "groupe de jeunes répétant dans un garage des compos sans prise de tête" est présent, et on peut apprécier cela mais moi je m'emmerde ferme. C'est très sympa l'ambiance "faisons grinder
le quartier", mais alors mieux vaut se taper un bon vieil Agathocles, les belges ayant accouché de vraies réussites dans le genre -- on ne se mouillera pas trop en conseillant Razor sharp daggers, un disque puant le grind mais pas réservé à un public trop spécifique pour autant.

Mais revenons à Xysma et à leurs très intéressants Yeah et First and magical. Les deux albums se ressemblent beaucoup, même s'ils mélangent clarté et obscurité dans des proportions différentes. En quelque sorte, First and magical est plus clair que Yeah: moins de rythmes épileptiques, moins de grogne, plus de mélodies insolites et des influences un peu plus power metal américain (saccadé), là où Yeah est plus nettement death grind, sans être pour autant un album de grind ou de death non plus... mais First and magical n'est pas non plus un disque de metal ricain, oh ben non, il s'adresse à un public nettement plus averti que celui né dans la période glorieuse de Pantera ou de Machine head. De toute manière si on veut classer Xysma dans une catégorie précise on n'est pas couché. Death. Grind. Doom death. Rock déconneur. Evil rock (?). Petit côté enfumé. Petit. Vraiment petit. Mais incontournable. Et si la musique de Xysma n'était qu'un gros fourre-tout plus ou moins crédible, mélangeant tout et son contraire afin de faire parler de lui? La question est légitime, d'autres ayant déjà prouvé que ce genre de stratégie pouvait payer. La réponse est non. Point de stratégie ici. Tout coule de source. Les influences se fondent dans un matériau unique et sans faille. Les musiciens de Xysma sont juste assez libres dans leurs têtes pour transformer, par un certain sens du groove ou par leur mordant, des accélérations death/grind en manisfestations infernales. Les musiciens sont juste assez libres pour faire succéder à un exercice rythmique à la Napalm Death une mélodie qui pourrait figurer dans le générique d'une série américaine familiale et gentiment crétine. Les musiciens sont juste assez libres pour donner une certaine portée spirituelle à une musique qui semble à première ouïe (on dit bien "à première vue", non?) dépourvue de cervelle, comme si elle était la bande son d'un petit monde peuplé de sympathiques créatures imbéciles. Les musiciens sont juste assez libre pour aérer leur musique par des passages mélodieux amusants ou limite grandioses au meilleur moment, même si ce meilleur moment est celui auquel on s'attend le moins lors des premières écoutes. Les membres de Xysma sont juste assez libre pour avoir pu mettre en musique ce qu'ils avaient à dire, et ils avaient des trucs à dire!