Wreck Of The Hesperus - Light Rotting Out - 2011 (Aesthetic Death)

Track listing :
3 titres

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WotH signe ici son 2 album sous la forme de 3 longs titres de 40 minutes (2x10mn+1x20mn) presque dans la droite lignée du méfait précédent déjà chroniqué par ailleurs dans nos pages. Le style est donc toujours porté par un groove un peu macabre, mention spéciale au batteur, par une voix presque black véhiculant bien un gai sentiment de joie de vivre qui serait sale et teigneuse, par la basse bien audible au service d’une musique dédiée à l’accord lourdement plaqué et au monumental…le tout avec un son crade comme il faut. Bref la personnalité relative mais réelle, et c’est déjà ça, qui a maturé sur (le truc précédent) est quasi inchangée…

On notera les intros ambiant donnant un peu de liant à ces titres simples et monolithiques. Le batteur de par son coté brut dans la frappe et son utilisation des cymbales et crush donne une coloration très légèrement sludge à la chose. Un saxo, torturé et discret, apparaît dans le dernier titre (cf mes commentaires sur la prod ci-dessous). Le dernier titre, en fait 2 titres, s'achève sur une ambiance démarrant plus drone désespérant et offrant au guest Albert Witchfinder une partie en voie claire très réussie. Quelques voix déclamées (façon 1er titre autour de 8 minutes), très discrètes, idem sur quelques chuchotements ou échos fantomatiques…bref, il y a en fait pas mal de détails sobres et sporadiques quand on tend l’oreille.

Je reste un peu partagé sur la prod. Un peu sale, chargée ce qu’il faut en basse pour souligner la lourdeur du riff, elle est massive du fait d’une reverb et surtout, c’est rare, nous offre une basse audible. Pour autant, les cymbales (et la voix) sont peut être parfois un peu trop en avant ce qui, cumulé avec la reverb, noie un peu certains riffs ou plutôt certains effets (saxo, basse, noise) derrière le riff. Voir cela occulte un peu la « mélodie » de certains riffs (le chorus du dernier titre que les dissonances de basse permet de saisir). Attention, ce n’est rien de très marqué quand bien même cette prod soit loin d'être aseptisée . Mais autant cela donne bien sur le mur de son ouvrant le dernier titre, autant, une fois de plus, cela se fait au prix d’une clarté qu’on aurait voulu plus prononcée afin d’apprécier certaines finesses (si si, tendez l’oreille). Les plus pragmatiques d’entre vous me diront que je chipotte et ils auront raison. La prod est travaillée, car propre à WoTH, un peu sale et puissante…donc j'arrête de faire la pleureuse bourgeoise…car je parle bien de petit plus qui auraient améliorés un album déjà appréciable en l’état. Un mot, façon cheveu sur la soupe, sur l’artwork, j’ai devant moi un digipack A5, très réussi et contenant 4 cartes sobrement illustré, et servant de support au lyrics : bien vu !

Alors au final, on a pas forcement une grande richesse, même si c’est plus fin que cela en a l’air, et fatalement si on accroche pas un riff ou une ambiance, le gros d’un titre vous passe à coté (mais ce n’est pas mon cas). On goute une relative évolution/enrichissement sur ce release et avec les écoutes, je trouve que WoTH, s’il ne va pas aussi loin que je le souhaiterais, et manque d’un petit truc pour pondre des titres vraiment flippants, fait preuve d’un gout certain. Je reste donc positif sur le groupe, qui à mon sens, à les moyens de se fendre un jour d’une release fort en gueule et plein de personnalité, à conditions d’ajouter quelques textures à sa palette d’expression car la mort n’est pas qu’une pute des bas fonds, inexorable et décharnée, elle peut aussi être poussiéreuse, éthérée et lumineuse… et aussi à condition d'être un peu plus clair dans sa prod tout en gardant ce coté sale.