VIRTUAL VOID - Dictatorship - 2003 ( Hell Music )

Tracklisting:
1 Man on the cross
2 Dictatorship
3 Dark abyss of underworld
4 Die as warriors
5 Sweet taste of victory
6 Who speaks the true
7 The throne
8 I am wolf
9 Heaven full of shit
10 Further on northwards

12/20

Le visuel de la pochette est quand même très moche. Rassurez-vous, le livret et le dos ne sont pas mieux. Le logo n'inspire pas spécialement confiance. En résumé l'emballage ne fait pas envie. Y'aurait-il un indice d'originalité particulier? Regardons la liste des titres. Hum. D'accord. Pas besoin d'écouter une seule seconde de l'album pour imaginer un produit assez bâclé, absolument sans cervelle, de préférence avec un son qui aplatit autant par son épaisseur que par son manque de personnalité. On croirait à l'avance savoir dans quel genre de littérature trouver des chroniques élogieuses de la bête. Qui sait? Avec un peu de chance, les compos bousillent les tympans et les nerfs et sont toutes les mêmes.

Erreur. Mais pas une grosse grosse erreur non plus. Il est vrai que l'emballage est, appelons une merde une merde, une merde. Il est vrai que le petit côté fast food bien calorifère des studios actuels abimerait mêmes les meilleures compos du monde, qui ne figurent de toute façon par sur ce disque. Seulement il y a un "mais". Qui se détaille en deux points. Le premier point est que Virtual void a la hargne. Une vraie hargne, saine, qui contraste avec les gros paquets de vide de groupes au style voisin. Virtual void a envie de faire mal. Les musiciens, sans chercher la vitesse d'exécution ultime, sans essayer de gueuler plus fort que le voisin, sans explorer les joies de l'expérimentation bruitiste, assènent tout de même une violence irrépressible et implacable, pratiquement sans temps mort, pensée, menée et exécutée d'une manière quasi optimale. On écoute la bande son d'un gigantesque brasier qui (im)purifie tous les moutons de la création. Il suffit que le vocaliste, au top de sa forme et très énervé, désigne du doigt ou du regard une de ces bestioles, pour qu'on la flambe. On pense à The crown en moins mélodique; ou encore à certains classiques du thrash pompés et repompés dont je vous épargne l'énumération.

L'autre raison de la qualité de cet album est ce qu'il faut tout simplement appeler le savoir-faire, voire le talent. Les formes sont assez aérées (malgré le son) et non monolithiques. Les riffs et les rythmiques, bien que très ordinaires, s'assemblent assez harmonieusement. Les refrains se détachent bien. Les titres se différencient les uns des autres, et pas uniquement en raison des quelques passages plus atmosphériques (toujours incendiaires) qu'on trouve de-ci de-là. On a même droit à "I am wolf", morceau plus joyeux et plus groovy que les autres. Vous avez compris, Dictatorship est un album classique de chez classique, mais réellement écoutable - on y prend un certain plaisir - et bien plus bandant que, par exemple, le dernier Loudblast. Et Virtual void, sans atteindre l'excellence, sans avoir le petit plus qui déchaîne les foules, ressemble à un groupe honnête, capable, et heureux dans son truc.