UNSANE - Scattered, Smothered & Covered - 1995 ( Amphetamine Reptile )

Tracklisting :

1. Scrape
2. Alleged
3. Blame Me
4. Out
5. Can't See
6. Get off My Back
7. Blew
8. Empty Cartridge
9. No Loss
10. Test My Faith
11. Ruin
12. Swim

18/20

La popularité toute relative du trio New-yorkais va en grandissant. Après une discographie et deux albums sur Matador, Unsane rejoint le label sur lequel tout le monde les voyait un jour ou l’autre, (Noise) Amphetamine Reptile (Today Is The Day, Helmet, Cows, Melvins). Le plus prometteur des groupes noise sur le plus réputé des labels noise du moment. L’union sacrée en quelque sorte, pour le meilleur et… seulement le meilleur. Unsane n’a plus rien à prouver question identité musicale. On peut même lui reprocher le syndrome AC/DC, à savoir avoir trouvé la formule et le riffing qui tue et l’utiliser à outrance. Certes… ce n’est pas faux, loin de là.
Mais Scattered, Smothered & Covered arrive à sortir le groupe d’un immobilisme dans lequel il aurait pu très facilement sombrer. Bon, c’est pas la révolution non plus mais le trio décide de ralentir un peu le tempo et d’accentuer son influence blues qu’on devinait légèrement derrière les murs de saturation. Présence d’harmonica, son de Telecaster plus reconnaissable que jamais, un feeling personnel et… bien à eux. Toujours pas de démonstration technique chez Unsane mais on s’en fout, même si le jeu de batterie de Signorelli est impressionnant (surtout sur scène). On notera aussi l’arrivée de Dave Curran à la basse. Celle-ci se fait désormais plus lourde et plus présente, occupant beaucoup d’espace avec la batterie, permettant à la guitare de Spencer de s’exprimer plus librement sur quelques passages slide et autres larsens poisseux.
Mais ce qui fait que cet album dépasse largement les deux précédents, c’est cette capacité à pondre un disque quasi entier d’hymnes. Les riffs maintenant légendaires de Scrape et Alleged, le lourdissime Get Off My Back, le refrain imparable de Blew, et j’en oublie, inscrivent ce disque parmi les indispensables à posséder dans toute discothèque de bon goût. Un monument je vous dis ! S’il ne devait rester qu’un seul disque de ce légendaire trio (qui semble alors avoir trouvé son line-up idéal), c’est bien celui-là. Plus que jamais, Unsane confirme son statut de groupe culte et de référence. Les têtes d’affiche métal de l’époque ne s’y trompent pas et invitent le trio en tournée (Slayer, Entombed). Entombed ira même jusqu’à montrer son amour immodéré des New-yorkais en signant malheureusement leur plus mauvais album, Same Difference, sombre ersatz de la noise d’Unsane.
Côté pochette, on ne change pas la formule : scène de meurtre et arme du crime avec évidemment le sang indispensable à toute pochette d’Unsane.