UNLEASHED - Where No Life Dwells - 1991 ( Century Media )

Tracklisting

1.Where No Life Dwells
2. Dead Forever
3. Before The Creation Of Time
4.For They Shall Be Slain
5. If They Had Eyes
6. The Dark One
7. Into Glory Ride
8. And The Laughter Has Died
9. Unleashed
10. Violent Ecstasy
11. Where Life Ends

15/20

Voici donc la créature de Johnny Hedlund, ex-membre de Nihilist, pierre angulaire avec Carnage, Grotesque et Treblinka (et Autopsy, certes américains, si vous voulez mon avis) du death suédois. Pour la petite histoire n’osant pas virer Hedlund, qui paraît-il avait de mauvais idées de riffs et bloquait de plus en plus dans des délires sur les vikings, les 4 autres Nihilist ont décidé de former Entombed ! La version de Johnny si elle est différente, corrobore le fait que Nicke Andersson était un peu un dictateur. Mais bon quand on a une telle inspiration tout se pardonne que voulez-vous ! Donc, formé en decembre 1989 par Hedlund et Robert Sennebäck, Unleashed est le fruit du split de Nihilist et de Carnage. Unleashed donc qui signent là son premier album après 3 démos (1989 et 1990), dont 2 avec Sennebäck au chant, Hedlund reprenant le poste suite au retour de Sennebäck chez Dismember. 3 démos donc…et oui 3 démos contrairement à aujourd’hui où sont signés les pires infamies sans expérience nous infligeant leur manque d’inspiration et de mise en place sous forme d’album entier. Mais passons…je radote…c’est l’heure de mes gouttes...En tout cas quand on compare le style de Unleashed à celui de Entombed, on comprend le split du groupe en 2, Entombed d’un coté et Johnny de l’autre. Attention, on parle bien de death dans les deux cas mais l’approche de Unleashed reste plus direct, primaire et moins punk quand on y pense.

Unleashed se démarque déjà de la scène suédoise par un son beaucoup plus clair, exit la Boss heavy metal tous les potards à fonds, et cristallin que ses comparses pratiquant le Sunlight Studio et son Tomas Skogsberg national. Une grande peur de Johny était de sonner comme toute la scène d’où son choix d’aller en Allemagne au Woodhouse studio. Le style est vraiment très direct (primaire), un peu influencé thrash teuton je trouve dans les notes comme dans l’esprit. L’impression est renforcée par la voix de Hedlund, plus éraillé et grogné que death metal. En tout cas, l’influence punk est moins pregnante chez Unleashed comparé à Entombed ou Nihilist. Les compos dégagent un feeling farouche et primaire, le batteur, ultra basique, pilonne comme un trisomique…presque pas de soli…couplet/refrain/break etc…ça y est ? c’est bon ? vous avez compris la recette…on ajoute une certaine propension à la lourdeur et des lignes vocales mémorisables (comme celle posée sur le riff « galopant » de « Before Creation Of Time »). Après la frontière du simplissime au simpliste au sens réducteur du terme est très floue et c’est tout le problème de Unleashed. Le groupe nous ressert donc la même tambouille sur les 5 (bientôt 6 il paraît) albums suivants. Bref les releases suivants sont bien dispensables voir vraiment faibles (« Across The Open Sea » par exemple, album chiantissime et plat). Bref, si vous voulez tenter Unleashed, groupe au logo très réussi et fleurant bon le death au passage, je vous conseille donc cet album ou le « live in Vienna ». Mais bon en temps que fan de Bolt Thrower (déçu par le « Honour Valour Pride ») j’arrive à concevoir qu’on puisse aimer Unleashed (quand même moins puissant comme groupe) et son coté ultra prévisible.

Unleashed porte donc en lui les germes de sa destruction/désaffection : le groupe sonne quand même comme ressassant des riffs de répètes dignes de la fin des 80’s (sur ce disque c’est normal c’est le cas mais pour les albums de 2005 bof) le tout en défiant la diversité. Je comprends donc aisément ceux qui leur reproche de jouer les mêmes titres primaires. Pour autant ce type death mérite écoute et le feeling de ce premier album permet quand même de capter l’esprit qui soufflait dans la scène death metal de l’époque (avant la sortie de cet album en fait, fin 80’s pour être précis)…et plus importants restent quand même des morceaux de bravoure comme « Dead Forever » , ou l’intervention d’un pseudo lead sur la partie lente de « …And The laughter Has Died ». Après Unleashed n’est pas et n’a jamais été une tuerie.