TIMEGHOUL - Tumultuous Travellings ( demo 91 ) - Panaramic Twilight ( promo 94 )

1. Rainwound
2. The Siege
3. Gutspawn
4. Infinity Coda

1. Boiling In The Hourglass
2. Occurrence On Mimas

------------------

18/20

L’ambiance est lourde et magnétique comme l’orage par lequel débute cette œuvre. Les accords sont énormes, exceptionnellement chargés en basses, comme il sied à tout groupe de death metal, mais ils prennent ici une coloration quasi mystique, pharaonique devrait-je dire (ça ne vous rappelle rien d’ailleurs ?), puis se profilent d’inquiétantes mélodies qui plongent doucement l’auditeur médusé dans un maelström sonore d’une violence totalement épique, jusqu’à ce que la voix désincarnée, sèche, tour à tour plaintive et vengeresse vous tire de votre rêverie pour vous mettre en confrontation directe avec les dieux, qui ont soif de vengeance à l’égard des hommes trop ambitieux qui rêvent de les détrôner et de prendre leur place. Le tempo s’assombrit encore plus, les guitares jusqu’alors seulement sur-lourdes accentuent la (dé)pression atmosphérique, un phénomène météorologique inconnu crée une accumulation de ténèbres qui s’abattent sur les épaules de l’auditeur comme une malédiction. Oui, le metal de la malédiction est indéniablement présent ici, si l’atmosphère oppressante ne vous le fait pas encore sentir, écoutez donc cette réverb sur cette caisse claire, qu’elle se fasse lourde comme la pioche d’un prisonnier sur les pierres qu’il brise à longueur de journée, ou qu’elle martèle comme une épileptique. Ça non plus ça ne vous rappelle rien ? Si, bien sur que si. Mais le Voyage Tumultueux n’est pas fini. On survole des paysages apocalyptiques mais irréels, quasi lunaires, là où même l’imagination humaine n’est plus que désolation et chaos. La descente aux enfers continue jusqu’à toucher les limites du ciel et les portes de l’infini s’ouvrent alors sur un vide insupportablement absolu. Je viens juste de franchir les millénaires d’évolution qui séparent Tumultuous Travellings du promo de 1995 Panaramic Twilight. Le retour sur ma planète d’origine est difficile, je découvre des données remontant à l’Antiquité dans le cerveau fossilisé du dernier être humain ayant habité ce monde depuis longtemps condamné et oublié. La catastrophe originelle bien que presque symphonique fut plus probablement nucléaire en dépit des anciens traités de non prolifération des thèmes qui s’enchevêtrent de façon certes moins bordélique qu’avant et grâce à une production beaucoup plus propre et claire mais où les guitares ne perdent rien de leur rugosité, dans un déchaînement de créativité, de brutalité contenue et de passion pure dont je m’abstiendrai volontairement de toute tentative de description de peur de corrompre et falsifier ce langage magnifiquement expressif de par les approximations du langage usuel. Je ne tenterai pas non plus d’en évaluer l’influence forcément souterraine donc à la traçabilité limitée mais on est bel et bien en présence d’un chaînon manquant : l’ange morbide et ceux qui suffoquent, rassemblés dans une cathédrale dans une forêt en équilibre, tous implorant l’avènement à venir, encore lointain mais déjà perceptible, des tripes gore version la plus obscure. Bien entendu, les gouvernements terrestres de l’époque restèrent désespérément sourds à ces mises en garde apocalyptiques mais talentueuses, préférant continuer à entretenir leurs bordels et casinos nettement plus lucratifs, trop heureux de ne jamais avoir à aller chercher trop loin leurs putes consentantes en quête perpétuelle de leur éphémère quart d’heure de gloire. Pendant ce temps, les Goules Temporelles se désintéressèrent progressivement de cette époque stupidement primitive et superficielle, sur laquelle ils avaient définitivement bien trop d’avance, et finirent par se retirer dans leurs propres ténèbres, laissant bien malgré eux la place aux hypocrites autoproclamés défenseurs d’une Cause à laquelle ils ne pigeront jamais rien, trop obsédés par leurs dieux et leurs offrandes qui n’offrent rien, eux mêmes prêts à tout pour être rien. Le rock’n’roll est une pute, et si tu te demandes encore pourquoi, va te faire foutre.