TIAMAT - Sumerian Cry - 1990 ( CMFT )

1. Intro: Sumerian Cry, Pt. 1
2. In the Shrines of the Kingly Dead
3. The Malicious Paradise
4. Necrophagious Shadows 5.Apothesis of Morbidity
6. Nocturnal Funeral
7. Altar Flame
8. Evilized
9. Where the Serpents Ever Dwell / Outro: Sumerian Cry, Pt.2
10. The Sign of the Pentagram

11/20

Qu’il est loin le temps des débuts du death suédois, mais surtout qu’il est loin le temps où Tiamat, et oui Tiamat, et son leader Johan Edlund était parmi les fers de lance du mouvement. Je serais même plus exact en précisant que c’est plutôt sous le nom de Treblinka que le groupe a participé au boom du death en Suède grâce à 3 démos entre 1988 et 1989. A l’aube du premier release, Johan s’étant rendu compte des problèmes qu’il pourrait avoir avec le nom du groupe, Treblinka devint Tiamat. Ce changement ne fut pas sans plaire à Johan alors à fond dans ce qu’on pourrait appeler, mais qui ne s’appelait pas encore ainsi, le black metal. Et oui, c’est sous le pseudo HellSlaughter, maquillé, pointes aux bras que Johan pose dans le booklet de ce Sumerian Cry. Bref a l’instar d’un Morbid mais en allant plus loin, Tiamat était dans un délire evil/occulte. Dans le même délire extra musical on pourrait citer aussi les excellents Grotesque.

Ce Sumerian Cry ne sonne en tout cas pas comme ce que pouvait faire un Nihilist, un Carnage, un Grotesque ou un Merciless, pour citer des groupes contemporains. Putain ça fait froid dans le dos, vous imaginez ?
Métalleux tape trader 1 : « ça va ? »
Métalleux tape trader 2 : « bah ouais ça va j’ai choppé la démo des ex nihilist, leur nouveau groupe, Entombed que ça s’appelle »
Métalleux tape trader 1 : « ah ouais bah moi je viens enfin de découvrir Merciless et un truc appelé Carnage avec des gars de Dismember, je sais pas si tu connais ? »
Métalleux tape trader 2 : « non ça me dit rien Dismember…bon sinon il parait que Grotesque va splitter et que Thomas Lindberg part former At The Gates et Kristian Necrolord Walin un truc appelé Liers In Wait »….
Métalleux tape trader 1 : « et beh putain c’est vrai que ça bouge en Suède !! Sinon t’as vu Treblinka, oups Tiamat va bientôt enregistrer…pas trop tôt…la cover sera faite par Necrolord au passage…»

Et bah notre ami allait pouvoir attendre un peu car quand bien même l’album fut enregistré un mois avant « Left Hand Path » Tiamat a du attendre qu’un label, en l’occurrence les anglais de CMFT, se manifeste et sorte le truc en avril 1990 soit après la bombe « Left Hand path » et le « Dark Recollections » de Carnage. Loin de moi l’idée d’utiliser cet argument pour vous vendre un Tiamat précurseur et incontournable. Le groupe diffère de la scène suédoise. Plus primitive, en appelant un peu plus au thrash, comme sur « Evilized », la musique du groupe mise sur une ambiance plus black metal. Le son est typiquement suédois, Thomas Skogsberg et Sunligth studio oblige, et c’est du meilleur effet sur les parties lentes notamment le départ de l’album sur le pas dégueu « In The shrines of the kingly dead ». Pour autant la distorsion est moins marquée que chez Entombed et la prod moins puissante que chez le premier Dismember. C’est sur les parties rapides accompagnées d’un semi blast poussif qu’on trouve un coté cru et primitif. Dés « The Malicious Paradise », on pense à du black primitif tendance Bathory. Moins Death que proto death, le groupe bourrine pas mal et alterne avec des passages plus doomy. La recette est simple, l’ambiance est là mais prend malheureusement peu, du moins 17 ans plus tard.

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, bien qu’étant plutôt dans un délire black metal, Tiamat nous offre quelques passages de bouses hors sujet sans nom, sur « Evilized » avec un riff de blues et un clavier bontempi qui nous tape une blues brothers ! Moins choquant un passage rock bidon sur la fin de « Necrophagios Shadows » ou un vieux stop and go des familles sur « Where the serpents ever dwell ». C’est d’autant plus marrant que le groupe se fait chié à poser une intro pour mettre l’ambiance...tout ça pour taper un délire fun à 2 balles. Les soli eux font tous tache et sont l’expression la plus flagrante de l’amateurisme qui exhale de ce disque. Quant à la batterie c’est clairement un point faible du release. Certains apprécieront surement le coté basique et primitif que cela confère au disque. Mais pour moi en pratique cela souligne le problème d’interprétation qu’a le groupe qui délivre ses titres sans se prendre la tête sur des arrangements même simple. Avec un tel batteur on a vraiment parfois l’impression de se taper un bête enchainement de riffs...pas vraiment death dans le jeu. Le vocaliste…mouais...on s’y fait mais plus on avance dans l'album plus il manque de coffre …

Si je ne doute pas du coté précurseur de Treblinka dans la scène suédoise, le style développé est moins nouveau que pouvait l’être celui de Entombed. Quand bien même le groupe essaie de mettre de l’ambiance en plombant ses titres, à l’aide de quelques chorus parfois de claviers, le style n’en reste pas moins plat et ce que certains appellent cru ou bourrin doit plutôt être qualifié de prestation limitée de la part des zicos. Les fans de Morbid ou de black old school pourrait apprécier car ce disque n’est pas du pur death. Les fans de death satanique primitif sud américain aimeront.

Bref à moins d’être nostalgique ou très curieux un album à éviter, et quand même réediter par Blackend en 2005, auquel je mets quand même 11 car il fut parmi les 1ers disques de death suédois, encore qu’en fait ce n’est pas vraiment du death pour être exact, et que 2 ou 3 titres le font encore avec une bonne ambiance sombre…. Mais bon on ne peut pas tout noter en raisonnant historiquement !