THE AXIS OF PERDITION - Deleted Scenes from the Transition Hospital - 2005 ( Code 666 )

Tracklisting :

1 - Deleted Scenes I: In the Hallway of Crawling Filth
2 - The Elevator beneath the Valve
3 - Pendulum Prey (Second Incarceration)
4 - Isolation Cubicle 312
5 - Entangled in Mannequin Limbs
6 - This, Then, is Paradise?
7 - One Day You Will Understand Why
8 - Deleted Scenes II: In the Gauze-Womb of the God Becoming

19/20

Insérez cet album dans votre lecteur CD, installez vous confortablement, toutes lumières éteintes, appuyez sur play et fermez les yeux…
Vous êtes projetés dans un futur dévasté, un univers urbain et visqueux dans lequel le son d'AOP vous guide avec malveillance, des bruits inquiétants, des complaintes qui résonnent au loin, des cris perdus qui se perdent dans des ruelles sordides et des riffs déstructurés, dissonants, sans sens réel soutenus par une boite à rythme épileptique déversant sporadiquement des beats saccadés, discontinus.
Cet album est une invitation au voyage, un voyage en terre poisseuse d'où s'échappe un malaise trop perceptible pour laisser indifférent, il vous ronge au fur et à mesure que défilent douloureusement les 8 titres que nous ont concoctés ces Anglais désabusés.
The Axis Of Perdition est loin du black metal, loin du metal, le groupe crée de l'ambiance, suggère un autre monde maladif et sordide.
"Deleted Scenes…" n'est pas descriptible, il fait partie de ces albums qui se ressentent, se vivent, plus qu'ils ne s'écoutent tant l'idée de départ est magnifiquement suggérée, mise en sons, en bruits, pour générer l'image dans l'esprit de celui qui écoute.
C'est certainement dans ce domaine que le groupe a réalisé le plus de progrès, après deux réalisations chaotiques et trop hermétiques pour beaucoup, ce nouvel album se veut plus posé, moins repoussant grâce à des tempos plus raisonnables, souvent lents, se prêtant parfaitement au savoureux mélange de parties métallique et de longues plages atmosphériques génialement cauchemardesque.
L'échine frémit quand résonne la voix douloureuse sur l'horrible fin de "Pendulum Prey", toute forme de repère s'évapore sur quelques judicieuses mesures d'un vieux jazz poussiéreux qui s'échappe des débris d'une civilisation perdue et il ne reste rien de réellement intacte de notre esprit quand un sample de voix désincarnées sert de base morbide tournant à l'infini au dernier titre de cet opus unique en son genre.
Rien à redire, tout est travaillé avec minutie pour atteindre un but unique, nous faire plonger dans notre propre monde vu d'en dessous, là où tout est moche, désolé, en ruines.
The Axis Of Perdition est l'un des rares groupes a s'inventer sans se soucier du reste de la scene à laquelle il est sensé appartenir, l'effort est louable et surtout magnifiquement payant quand le résultat atteint ce niveau d'excellence.
Œuvre majeure d'un de ces groupes trop méconnus qui font avancer les choses.