The Chasm - Conjuration of the spectral empire - 2002( Witches brew )

Tracklisting:
1. Deathcult Arrival
2. The Conjuration
3. Dark Cloud
4. The Ecstasy Of Pain And Destruction
5. Brand The Mournful Liberation
6. Master Of The Arcane Torment
7. Traveling Through Chaos
8. Reveal The Truth
9. A Soulstorm Bleeds Over The Horizon
10. Procession To The Infraworld

10/20

Ca fait maintenant un petit bout de temps que ce disque traine chez moi et je finissais par ne plus savoir qu’en penser faute de n’avoir encore pu m’y plonger. The Chasm roule sa bosse depuis 1992, depuis que Daniel Corchado a quitté Cenotaph, groupe phare de la scène death mexicaine début 90’s. Les mauvaises langues diront que c’était le seul groupe tout court avec Shub Niggurath... effectivement... Au final je vous passe l’histoire du groupe confidentiel qu’est The Chasm, ayant maintenant 6 albums à son actif, « Conjuration... » étant le 5eme. Je mentionnerais juste que des membres se sont cassés former Serpens Aeon en cours de route. Le père Corchado a servi un temps de guitariste / vocaliste chez le Incantation de « Diabolical Conquest ». Les 2 gratteux, Daniel et Julio Viterbo se connaissent depuis Cenotaph. The Chasm a une notoriété très faible mais leurs fans sont vraiment fanatiques et le groupe clairement underground emmerde tout le monde, les modes, les labels et est dévoué à son style. Tous ces éléments, m’avaient poussé à me procurer ce release, alléché par l’idée d’un style oldschool assez personnel, une ambiance et des titres fleuves invitant à se plonger dans la musique.

Le style de The Chasm est effectivement personnel, je parlerais de dark metal plutôt que de death metal. Les titres sont très longs et progressifs, avec d’inévitables soli, chorus etc dans une veine mélodique. Toute la musique est plutôt mélodique d’ailleurs. La voix de Corchado, pas aidée par une reverb donnant parfois un coté un peu caricatural, est une sorte de mix black par son coté sec et death par son coté rauque. Les riffs sont assez chiadés et plutôt thrash que death, que ce soit dans le sens floridien, suédois ou évidement brutal death du terme. Quand le groupe en appelle au death metal c’est plutôt à Possessed qu’on pense ce qui n’est pas déplaisant. En dehors de plans en appelant au Slayer de Hell Awaits, vous ne trouverez pas de débauches de rapidité, encore moins de blasts. The Chasm est un groupe mid tempo. Le death de The Chasm est donc plutôt thrashy, option allemand, tendance progressif. Certains brandissent parfois le nom de Dissection, ce n’est pas exactement ça, mais l’idée n’est finalement pas si conne... un coté mélodique et progressif prononcé, un appel au metal Iron Maiden-ien. On retrouve même par 2 fois des arpèges glaciales (glaciaux ?) typiques des suédois. A de moult reprises, le groupe se fend de chorus bien mélodiques aux grattes etc etc. Le style est au final plutôt instrumental tant le groupe se perd au long de titres à rallonge. De ce coté là l’instrumental d’intro de 5min30 annonce la couleur clairement.

Les grattes ne sont pas très saturées, ça aide à distinguer la myriade de riffs de la paire Corchado/Viterbo, notamment ceux basés sur des arpèges. Par contre un truc qui pue c’est lorsque le groupe ajoute une gratte acoustique en plein milieu d’un riff et que celle-ci n’est pas accordée parfaitement... ce n’est pas sérieux... L'accordage me parait bizarre parfois, entre les 2 grattes et dans l'absolu. La production est naturelle, tous les instruments sont bien audibles. Ca manque d’épaisseur et de gras, mais vu le style ce n’est pas véritablement un souci. Le tout a un petit coté roots/naturel. Coté voix, certains effets discrets, mais surtout le style de Daniel, donne un petit coté démoniaque plus ou moins réussi.

The Chasm insuffle de vraies atmosphères dans ses titres et sait taper dans un registre mélancolique mais pas dans le sens mellow-dick suédois ou pleureuse comme chez My Dying Bride. Le tout sans claviers ou effets, on reste sur une basse, des grattes une batterie et basta... The Chasm est clairement un groupe de metal au sens 80’s/mélodique du terme.

Et c’est là que le bas blesse, The Chasm, avec toute sa personnalité, quand il tape certains plans mélodiques bateau, quand il ne coupe pas avec la tradition de soli faciles, sonne bancale voir téléphoné (arg). La complexité des titres, trop longs au final, met en exergue le coté surchargé/mauvais gout des chansons. Pour une fois, je suis d'humeur persifleuses, je dirais avoir trouvé un groupe en accord avec son artwork. Bref sur pas mal de passages, surtout les plans avec grattes acoustiques, je ne peux m’empêcher de me marrer en imaginant nos amis leurs cheveux dans le vent avec leurs beaux futes en cuir se déhanchant sur leurs instruments l’air pénétré par le metoooole de la mort... waou. Au mieux je me marre au pire je trouve ça cul cul la praline. Le 5eme titre est l’exemple parfait de a à z de ce qui cloche chez The Chasm à mes oreilles. Ca démarre pas mal mais bien vite on retrouve ces mélodies un peu chiantes et des interventions censées poser une ambiance mais finissant à la limite du hors sujet. Bref les délires virtuoses du metal, déjà que je n’aime pas ça de base, je suis servi. L’avant dernier titre, un instrumental, est une gemme de ce coté là, quelques notes de grattes acoustiques, des bruits de fonds genre occultes, et une énorme pougnette à la gratte bien chargé de feeling gerboulant...au secours ! Ce n’est pas l’instrumental de fin en appelant au metal 80’s qui va sauver l’affaire... ah putain encore ces grattes acoustiques qui viennent taper l’incruste... annonçant encore un délire de mélomane du metal... bref ça tourne au prévisible.

Que dire donc ? A mon avis il faut saluer le groupe qui nous sert un dark metal personnel et travaillé. Un groupe vraiment dans son délire, n’écoutant que ses tripes, et fort d’une longue expérience... mais sonnant prétentieux et trop maniéré... je comprends qu’on puisse vénérer The Chasm qui est vraiment à fonds dans le style et se bat pour sortir des skeuds mais c’est trop pompeux pour moi... les amateurs de metal à la Iron Maiden et du pantalon en cuir apprécieront. Il y a pourtant de super riffs régulièrement et j’adore le 3eme titre, possédé par un thrash Slayerien des débuts et déployant de superbes riffs (en dehors du passage obligé des solis). Mais c’est trop peu... Par contre, The Chasm ne tombe pas dans des conneries du genre être le plus evil ou le plus brutal etc. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, résonne encore un échange de solis pompeux suivi d’un pseudo ambiance majestueuse en carton... c’en est trop et je finis par comprendre les mecs qui se sont barrés former Serpens Aeon, sans doute fatigués par tant de pignolades mélodiques de mauvais gouts. L’instrumental de clôture de 9 putains de minutes ne sert-il pas au final de simple faire valoir à des échanges guitaristiques d’un gout douteux entre Corchado et Viterbo ? Un Corchado qui n’a rien retenu de son passage chez Incantation en termes d’ambiances sombres et de style direct.

Respect donc mais pouark quand même... après je ne suis pas le mieux placé pour apprécier ce genre de musique. M’est d’avis que si vous accrochez au sens de la mélodie du groupe vous vous taperez une bonne tranche avec cet album plutôt touffu que je qualifierais de Metal Of Death plutôt que Death Metal. Je répète que ce n’est pas une pompe de Dissection, mais si vous aimez Dissection essayez donc The Chasm. Et je pense aussi que les fans de metal mais pas de death devraient écouter l’album. Pour info, l’album est un peu dur à trouver Witches Brew ayant parait-il fait un boulot de merde...à tel point que le groupe le réédite illégalement ! Ca me fait un peu chié de lâcher une note pareille car ce disque dans le style est je pense plutôt pas mal et que c’est loin d’être du foutage de gueule mais bon on ne peut pas être objectif tout le temps... ce disque m'a pas mal brouté/ fait marrer en fait...c’est chiant. J’assorti donc ma note d’un « ça vaut la peine de vous faire un avis vous-même »