TERRORIZER - World Downfall - 1989 ( Earache )

1. After World Obliteration
2. Storm Of Stress
3. Fear Of Napalm
4. Human Prey
5. Corporation Pull-In
6. Strategic Warheads
7. Condemned System
8. Resurrection
9. Enslaved By Propaganda
10. Need To Live
11. Ripped To Shreds
12. Injustice
13. Whirlwind Struggle
14. Infestation
15. Dead Shall Rise
16. World Downfall

16/20

Nés des cendres de Majesty en 1987 sur la côte ouest des US, Terrorizer était constitué d’un certain Jesse Pintado (guitare, futur Napalm Death), Oscar Garcia (guitare/chant, futur Nausea), Pete Sandoval (batterie, futur Morbid Angel) et de Garvey (futur taulard) à la basse. Le groupe signa 2 démos en 87 et 88 ainsi que une (ou deux ?) rehearsal tape qui contribuèrent clairement à répandre son nom chez tous les tape traders fan d’extrême. Le groupe mourut en 1988 suite au départ de Sandoval chez Morbid Angel en quête d’un batteur depuis le départ (jetage ?) de Mike Browning. Oscar Garcia parti former Nausea avec le batteur de Majesty et sortit en 1991 son « crimes against humanity » plus crust que le style Terrorizer. Quant à Pintado il rejoint Napalm Death. Cela n’a pas empêché Terrorizer de répéter, il existerait une rehearsal tape de 90, sous ce line up pour parait-il préparer une suite à « World Downfall ». Pourquoi rien n’est sorti ? Je ne sais pas, une rumeur dit que le contrat de Pete Sandoval avec Earache ne le permettait pas. Ca me parait bizarre à moins qu’ils aient prévu de le sortir ailleurs et que ne s’entendant tellement pas avec earache, qui a fini par avoir de mauvaises relations avec Napalm Death, Carcass, Bolt Thrower etc, ils aient préféré tout arrêter !

Retour à « World Downfall », ce release culte est sorti après la mort du groupe en 1988 et cela a été possible grâce à Shane Embury qui aimait tellement les 2 démos du groupe qu’il a convaincu Digby Pearson, le boss de Earache, de signer tout ça pour un release posthume. Depuis le split du groupe Pete « octopus » Sandoval avait intégré les fameux Morbid Angel et a donc a pu appeler David Vincent à la rescousse pour l’enregistrement de la basse, le su mentionné Garvey étant en taule ! Toute cette petite troupe alla donc au Morrissound studio en Floride pour mettre en boite ce que certains appellent le « Reign In Blood » du grind en 8h chrono ! Pour la petite histoire, une seule guitare car Oscar avait parait-il oublié ses parties depuis le temps.

Le père Scott Burns, pour ce qui fut une de ses premières productions (en fait y a écrit ingénieur Scott Burns et David Vincent à la prod), s’est pas mal sorti les doigts du cul. Le tout est clair et très précis, chaque instrument est audible et le mix est bien équilibré. Coté batterie Pete est bien servi et ne se paie pas le fameux « click click » de rigueur chez Scott Burns à la place d’un vrai son de double. Cette prod donne un coté vraiment metal à ce release qui sonne moins gras qu’un Defecation, pour rester dans le grind culte et sorti la même année.

Coté compo, on a clairement à faire à du grind pour lequel je remplacerais l’influence crust punk du grind anglais par quelque chose de plus core à la DRI. Le groupe par contre est clairement metal dans son interprétation extrêmement carré. Sandoval n’est pas étranger à ce fait. Il est monstrueux, une véritable machine, qui allie force de frappe et précision. Son apport est constant, ses blasts fulgurants et on sent bien que seul un tel batteur pouvait convenir au style que Trey Azagtoth avait en tête pour Morbid Angel. En ne se contentant pas de bourriner, il est la colonne vertébrale du disque et contribue beaucoup à la brutalité du release. Oscar Garcia, à la voix, gueule dans un style proto death avec accents hardcore. Coté basse pas grand chose à dire, elle suit les grattes, et quand elle est seule sonne bien tonitruant mais reste anecdotique. L’autre attraction de ce disque avec Sandoval est Pintado à la gratte qui nous sert une orgie de riffs carrés et précis. Sous des dehors brutaux et blastant, les compos sont en fait assez diversifiées (pour le style), passages heavy, passages mosh, furia de blasts, feeling punk, parfois death. Par contre, mais cela aurait surement nuit à la clarté des titres, un accordage un peu plus bas aurait peut être rendu le tout plus ultime en donnant le gras qu’il manque à cet album. Les morceaux sont plus fins (façon de parler) et construits qu’un Napalm Death, pour preuve le titre « World Downfall » pas speed pour un sou et développant pas mal de riffs. Un titre comme « Death Shall Rise » montre aussi des influences death metal.

Avec ce disque Terrorizer porte le grind à un autre niveau en étant ultra carré. Les titres sont un peu plus longs que du grind standard, un peu plus diversifiés aussi et joués très proprement. C’est ce coté qui fait Terrorizer et c’est ce coté qui me laisse parfois sur ma faim et je m’explique. J’affectionne le bon vieux grind des familles et les premières fois ou j’ai entendu les peel session de Napalm Death, c’est le coté débordement sonore limite chaotique qui m’avait conquis. Terrorizer montre surement le grind sous un jour plus carré mais avec un coté plus propret. Evidement ce coté machine de guerre bien huilée, ne laissant pas de répit, est assez jouissif mais quand bien même tout ceci soit, car ça l’est encore, bien brutal il manque parfois à mes yeux l’esprit fou qui régnait chez le Napalm Death des peel sessions. Attention, l’album est très bon et fourmille de bons titres et à mon avis si le groupe avait donné des concerts il y aurait clairement eu mort d’hommes tant les compos sont fait pour mosher/slammer/taper sur la tronche de ton voisin !

C’est donc ce petit manque de folie, ce coté carré, et une prod pas assez grassouille, qui explique pourquoi je ne pâmerais pas avec un 20/20 en hurlant au « Reign In Blood » du grind. Oui l’album est monstrueux, les ziquos aussi (pensez que tout ceci a été enregistré en 8 heures) et les compos vraiment chiadées mais c’est parfois machinal. Sans pour autant atteindre le manque d'âme du brutal death non plus je vous rassure. N’en reste pas moins un release qui ne vole pas son statut culte et qui reste un des meilleurs albums de grind encore 18 après. Disons qu’à mon avis en l’écoutant vous seriez tenté de faire « oui et alors » en vous disant que tout ceci n’est pas très original et coule de source. Et là attention à la machine à claque…bande de nazes, bien sur que ça fait déjà entendu…TOUS les groupes de grind ayant plus ou moins pompé ce release culte ! Bon, allez moi je me remets un petit « Injustice », suivi d’un « Condemned System », à moins que je me passer « After World… » ou « Human Prey » ou alors…rah je sais plus…