Teitanblood - Woven Black Arteries - 2012 (Norma Evangelium Diaboli)

Track listing :
a. Woven Black Arteries (nouveau titre)
b. Purging Tongues (du ep du même nom)

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Déjà en possession du ep Purging Tongues, je me suis un peu tâté au moment d'acquérir ce release ne contenant qu’un nouveau titre. C’est dire si je sus ancré dans le matérialisme et la mesure permanente de la qualité en valeur pécuniaire...mode de pensée inculquée par le systéme depuis nos plus tendre enfances.

Que dire qui n’est déjà été dit sut Teitanblood ?

Bestial pour sur, le groupe se fait surtout fort d’évoquer une sale ambiance d’un autre monde. Parfois irréel de violence et d’attitude, Teitanblood invoque un feeling puissant et occulte. La musique semble possédée et tout ceci est sans doute plus travaillé que cela en à l’air. Je dis cela avec en mémoire des évocations de longues rencontres entre NSK (vox) et Ketola (Dauthus etc), personnage dont les illustrations semblent habitées par la volonté d’invoquer. Sur le papier, le style est rapide à décrire et les amateurs de qualificatifs trouveraient un ancient bestial death metal approprié. Dans les faits les choses se compliquent...ou pas en fait. Si on pourrait ranger pas mal d’autres combos dans ce style, on est loin de crétins avinés en quête de prétexte pour pousser des bleuarg à l’évocation de mots comme goat, nuklear ou war. En effet, sans être «surintellectualisant», on sent le groupe en quête d’un truc, d’un esprit, d’une transe...qu’il arrive à invoquer. Bref Teitanblood cherche une essence. A la limite ces 2 titres prennent des allures de musique ambiant, cauchemardesque....les riffs sont peu nombreux, extrêmement crus, les power chords déflagrent, les parties rapides ratatinent, les parties lourdes aussi et NSK finit d’insuffler via sa voix possédée ce feeling sulfureux (tout le travail sur les voix en général d’ailleurs y contribue fortement). A écouter à fort volume, chargé de basse, le nouveau titre est un martèlement obscène, primaire et jubilatoire qui me scotche. Tout aussi hypnotique est «purging tongues», qui si je faisais la semi fine bouche dans ma chronique, reste impressionnant, et continue de m’attirer. L’intro occulte, toute en résonance, fini par générer un réflexe de chien de pavlov en moi...et je finis par écouter le truc en boucle.

Unifiant parfaitement black et death, servi par son chaotique et selon moi surpuissant, le groupe surnage. Sérieux sans être pédant, extrêmement blasphématoire et obscène dans sa brutalité Teitanblood est au service d’un truc ancien. Probablement très orthodoxe dans la forme, Teitanblood a un coté magique. La richesse de ces titres est donc paradoxalement infinie...à l’instar d’un artwork en parfaite harmonie et correspondant exactement au contenu musical.