Teitanblood - Death - 2014 (Norma Evangelium Diaboli)

Track listing :
8 titres

--




Bien bien bien, si vous avez lu les chroniques des méfaits précédents de Teitanblood, vous savez tout le bien que je pense de cet émanation de NSK, orthodoxe certes mais dégageant un putain de truc et donnant ses lettres de noblesses morbides et occultes au death metal. Et ce sur une courbe ascendante en terme de qualité !

«Death» ouvre sur un titre ultra violent. Je comprends de ce que j’ai lu de ci de là que NSK voulait prouver que le death metal n’était pas de la musique et «Anteinfierno» le prouve carrément. Et des les premières secondes, un constat sur la prod s’impose rapidement. Le son est carrément écrasant, très saturé, il est sale mais moins «Ancient» que sur les releases précédents. Bien que la batterie ne soit pas si en avant que ça, du fait des basses, et de la martyrisation primaires des grattes, «Death» est très compact. La prod contribue donc au coté «full frontal assault» de cet album. Jubilatoire orgasme noise pour les uns, horreur sans aucun sens pour les autres. Si l’écoute intégrale est éprouvante, la prod apporte beaucoup avec comme bon exemple le feeling dégagé par le riff d’ouverture du dernier titre (vers 1min37s), simplissime mais jouissif et transpirant le death metal.

Le style, en lui même est peu changé, ancien et simple, NSK souhaite toujours donner vie à l’essence du death metal, et en véritable esthète possédé, dont T Ketola serait le pendant graphique, il y parvient une fois de plus.

En quelques mots donc on a donc un style résolument cyclopéen, ode au death metal morbide, violent et ancien. Pour autant, l’album présente quelques différences, en dehors du son déjà évoqué plus haut. On notera quelques riffs plus marquants ou disons...accessibles («unearthed veins» illustrant bien ce propos ou le riff vers 3min45s de «burning in damnation fires...»). Cela permet du coup de faire taire la critique de «seven chalice « quant à son manque de riff marquants (critique hors de propos selon moi mais pas fausse). Une fois digérées les premières écoutes, si l’on y réfléchit bien, «death» est un album un peu moins dégoutant/dérangeant, un peu moins bestial primitif mais plus violent que le fabuleux ep réunissant «Sanctifed Disectesis» et «Purging Tongues». Plus violent, mais après assimilation du son et des 2 titres rapides et bourrins que sont «Anteinferno» et «Plagues Of Forgivness», il est assez lourd dans un esprit fin du monde à la Bolt Thrower façon «Realm Of Chaos»...mais avec cette sale touche propre à Teitanblood.

Le son va très certainement marquer les esprits (comme les vox toujours aussi possédés et jouissives). Pour autant si le riffing reste toujours aussi simple et inspiré des anciens que sont Possessed, Slayer, Master (Speckmann n’aurait pas renié le riff d’ouverture de «burning in damnation fires») etc, l’esprit ancien est moins présent. De ce point de vue là, ce sont plus les intermèdes qui versent dans le magique que le riff en tant que tel. Mais rappel à la réalité, tout ceci est relatif au reste des releases de Teitanblood. Comparé au commun des mortels s’adonnant au death metal, on reste bien au dessus (ou plutôt en deçà si on raisonne en mode south of heaven).

En bref, la «musique» de Teitanblood reste ce truc cyclopéen et ancien...mais un peu plus monidimensionnel...et paradoxalement plus facilement audible d’un seul trait..ne serait-ce la prod (bonne mais éprouvante tant la violence ressort). Peut être un peu moins ultime quand on gratte derrière le son, je ne sais trop que penser et vais conclure cette chronique en m’en remettant à mon cerveau reptilien qui adore se vautrer dans ce «death» !!! Teitanblood offre toujours une véritable cure de jouvence au death ancien, en transcendant la violence et le morbide, l’offense totale...l’esprit du death metal. Le groupe devrait-il s'arrêter ici bas ? La question peut se poser si l’on veut que la mention du nom de Teitanblood suscite toujours le respect du culte !