Svart Crown - Witnessing The Fall- 2010 (Listenable)

Track listing :
10 titres

--




Bon, vous êtes déjà en train de vous effondrer derrière votre écran en réalisant que le groupe vient de sortir son 3eme album et que TSOTL vous présente une chronique du second album. En plus, le groupe étant français, tout ceci a déjà du être chroniquer 1000 fois sur des VS et cie.

L’artwork de S Thanneur (au style appréciable et membre des excellents et novateurs Chaos Echoes dont vous devriez tous vous jeter sur le release) avait attiré mon attention sur le groupe. Ca démarrait un peu mal du fait de la collusion d’un sobriquet reprenant un adjectif norvégien et la mention du mot black metal dans les chroniques que j’avais lu. Allez comprendre! Le cerveau est une machine bien feignante, du coup Norvège/beumeuh...tout ceci s’est inconsciemment mélangé dans mes petits neurones vieillissant et fatigués pour générer un désintérêt.

Mal m’en a pris car si le groupe, de par certaines dissonances et phrasés, voir ambiance, peut rappeler le black metal, on a surtout à faire à du death metal. Pour être franc, quant je dis death metal, je me dois de préciser un truc: IMMOLATION. Certes on a pas le trip riff dans le riff mais il est plus que flagrant à plusieurs reprises, notamment dans certains saccades, que Close To A World Below ou Unholy Cult ne sont pas tombés dans les oreilles de Niçois sourds.

L’excellent «Dogs of God» permet, par exemple, d’illustrer le propos en enchainant rapidement sur un riff typiquement Immolation. On finit sur une ambiance très réussie et «unholy», une force de ce release qui arrive à invoquer des atmosphères, façon résignation rageuse (Immolation encore toi). Il serait pour autant injuste de résumer le propos à «Close To A World Below quand tu nous tiens». Ce serait déjà oublier d’un coté le génie de cet album (Close to...) et de l’autre les autres touches déployées par Svart Crown ne se limitant pas à «s’inspirer fortement» (hum) de Immolation. Le style est relativement varié et le sens de la composition plutôt mature (et y a du riff qui tape). Les arrangements sont réussis; on a une impression de maitrise et de force notamment du fait de la variété des tempo. Et surtout car le groupe évite généralement d’enfiler les perles pour le plaisir de nous montrer qu’ils sont forts avec des titres pleins de riffs. Dis autrement, cela sonne pro mais pas froid, on sent une conviction dans le truc et les compos font souvent sens (i.e. ce n’est pas qu’un enchainement de riffs..). Attention, tout n’est pas rose, l’écueil n’est pas toujours évité et un longuet et stérile «An eternal descent» vient nous le rappeler.

Alors oui il y a un peu un coté belle machine hyper carré et un arrière gout de «sans Immolation on aurait pas existé». Mais force est de reconnaitre une propension à agencer des titres intéressants et à poser parfois une ambiance dantesque (mais pas hyper personnelle). Les amateurs d’ambiance sulfureuse moins polissée trouveront donc à redire du fait de la prod puissante et bien sur du fait de ce coté pro (et «moderne»). De mon coté, je dirais que globalement, malgré le manque d’une réelle personnalité et un style n’étant pas vraiment dérangeant ou noir, je reste agréablement surpris pas ce release. Pas au point de me jeter sur le nouvel album (ma pile de truc à écouter est trop grosse et je ne pense pas réécouter celui ci souvent non plus). Le danger pour le groupe sera de perdre la flamme ou de vouloir montrer au monde sa maitrise et son professionnalisme au risque de virer stérile.