Suffocation - Suffocation - 2006 (Relapse)

Tracklisting:
1. Oblivion
2. Abomination Reborn
3. Redemption
4. Bind Torture Kill
5. Misconceived
6. Translucent Patterns Of Delirium
7. Creed Of The Infidel
8. Regret
9. Entrails Of You
10. The End Of Ends
11. Prelude To Repulsion

10/20

Après un Souls To Deny en demi-teinte, dire que j’attendais beaucoup de Suffocation revient à dire que l’eau ça mouille. J’aurais pourtant du me méfier lorsque le toujours sympathique Frank Mullen disait de ce nouvel album qu’il représentait « All we do, wrapped up in one sick package » . S’il voulait dire par là que ce skeud ne prend pas l’ombre d’un risque et qu’il se contente de régurgiter une recette maintenant bien connue ça tombe bien. Parce qu’autant le dire tout de suite, cet album ne contient rien de la sauvagerie de Human Waste, rien de la férocité de Effigy Of The Forgotten, rien de l’originalité de Breeding The Spawn, peu ou pas du songwritting progressif de Pierced From Within, peu ou pas de l’efficacité de Despise The Sun. Alors même recette oui. Mais ils ont comme qui dirait oublié de l’assaisonner. Parlons pas d’épicer... Là où on pourrait éventuellement faire un rapprochement, ce serait plutôt avec des chutes de studio de tous ces albums. Avec en bonus, les éléments profondément irritants communs aux albums de death des années 2000.

Que le songwritting ne prenne pas de risques, venant d’eux c’est déjà assez grave en soi. Mais bon on peut arguer en disant que leurs imitateurs talentueux ne sont pas légion et que c’est toujours bon d’entendre du nouveau matériel de la part de l’original et non des photocopies. Mais quand l’interprétation est aussi stérile que la composition y a hélas plus grand chose à faire. Comme sur STD, Frank donne toujours cette bizarre impression de lutter pour retrouver son ancien timbre guttural. Tellement qu’il en oublie de mettre du feeling dans ses parties. Putain Frank, mais on s’en fout que tu puisses plus descendre aussi bas qu’avant, tu le faisais pas sur Human Waste, sauf que sur celui là y avait un putain de FEELING ! Les guitares n’ont absolument aucun tranchant. C’est encore cette putain de mode du son 'sludge’ à la suédoise qui a prévalu ici. Pensez ce que vous voulez les petites fiottes qui se pignolent sur Deranged, mais personne me fera changer d’avis sur le fait que ce type de son ne convient pas, et ne conviendra jamais à un groupe comme Suffocation ! Suffocation c’est un son creusé et tranchant, pas cette espèce de guimauve médium castrée, parce que si tu fais du sludge tu mets la production crade qui va avec, sinon c’est pas la peine ! Bon allez calmos. Mike Smith est égal à lui même, fait étalage de sa vélocité, nous pond des roulements sur 4 mesures façon Nile, mais n’est pas plus inventif que le restant du groupe.

Comme il m’est très pénible de casser un groupe que je vénérais il y a peu encore, je vais quand même leur faire crédit pour certains riffs inspirés ou arrangements bien trouvés comme cette magnifique intro de gratte en son clair sur 'Redemption’, ou ce passage Obscur-esque à la fin de 'Entrails Of You’. La 'reprise’ de 'Prelude To Repulsion’, bien que castrée elle aussi, est digne d’intérêt car on peut enfin tout comprendre facilement. Quoique, j’aime pas la modif qu’ils ont apporté au riff joué en solo aux 3/4 du titre. En bref, on a du bon au début et à la fin du skeud. Des oasis de vie entre lesquelles on a un grand désert, dont la traversée paraît bien longue.

Inutile d’aller plus loin, cet album avare de sensations, ni bon ni mauvais, en 2 mots sans saveur me déçoit beaucoup. Si cette reformation a donné la possibilité à beaucoup de voir la légende en live, le bilan discographique est pour l’instant mitigé. En tant que fan je continue à espérer qu’un jour ils se rattraperont, faudra t-il pour cela qu’ils supplient Doug Cerrito de les rejoindre ?