SPINA BIFIDA - Ziyadah - 1992 ( Adipocere )

Track List

1
2 Witchfire
3 Reverse
4 Purest queen
5 Individual
6 Aimless
7 Götterdämmerung
8 Verdict
9 Die
10

12/20

Spina bifida... bizarre ce groupe... des néerlandais qui ont sorti un unique album... un des ultimes du doom death qui plus est... avec une pochette incompréhensible qui, son côté cheap mis à part, a tout pour susciter la curiosité du public d'aujourd'hui... mais qui n'a pas encore la chance d'être autant chroniqué que les monolithes tous plus indigestes les uns que les autres qui envahissent les chambres d'adolescents. Voyons, ça doit être parce que Ziyadah est un disque assez récent, noyé au milieu de centaines de suiveurs des années 2000, et donc quasi indétectable... Mais en fait non! Pas du tout! On choppe carrément les boules quand on constate que le disque a été enregistré en 1992 et est sorti pas beaucoup plus tard (en 1993 d'après Metal Archives mais mon livret ne confirme pas) C'est que ce n'est pas un album anecdotique qu'on tient-là, et à vrai dire il y a même dedans tout ce que les kids aiment trouver aujourd'hui dans un pavé de dooooooom. Pour moi ledit pavé ne vaut "que" 12/20, mais sachez que je n'accorderais pas autant à certains monolithes réputés "top crédible référence indiscutable". Ne vous fiez donc pas forcément à la note et lisez plutôt.

C'est vrai quoi? Comment résister à ça? Une bonne intro qui met l'eau à la bouche, intéressante, et à la fin l'outro qui lui répond. Des basses (l'instrument et les fréquences) qui se prennent pour des plaques tectoniques, une voix ultra monocorde et désabusée, un souffle glacial qui fait marcher le monde entier au ralenti et l'auditeur encore plus lentement, une atmosphère d'agonie dans les neiges éternelles, quelques mélodies résiduelles, des riffs de mamouths (belle entrée en la matière sur Witchfire!), et une violence qui éclate à la moindre accélération molle par contraste avec la pesanteur générale. Ecouter Ziyadah c'est se plonger dans une sorte de coma conscient tout en ayant l'impression que la planète entière subit le même sort simultanément. Le seul refuge possible est l'effet hypnotique de la musique dans lequel on se sent paradoxalement bien. La seule sortie possible est la dernière chanson "Die", d'une facture death plus classique: isolée de l'album elle ne ressemble pas forcément à grand chose (cf. une vieille rondelle Metallian / Adipocere sur laquelle se trouvait ce titre, rondelle qui n'a pas du faire vendre beaucoup de disques de Spina Bifida) mais, écoutée à la fin de l'album, elle nous met à mort et nous libère en même temps.