SORROW - Hatred and Disgust - 1992 ( Roadrunner )

Tracklisting

1 Insatiable
2 Forced repression
3 Illusion of freedom
4 Human error
5 Separative adjectives
6 Unjustified reluctance

5/20

"Et sur votre gauche, mesdames messieurs, vous pouvez admirer un magnifique specimen d'insecte de l'ère Sorrosaurienne parfaitement conservé dans l'ambre."

Tous les opportunistes qui ont attendu les années 2000 et les numéros "dossier doom" de Rock hard mag pour s'intéresser un peu à cette musique seront unanimes. Cet album de Sorrow, mais mon ami c'est du vrai doumdèfe! Du doumdèfe sans artifice, sincère, sale, méchant, transpirant, que dis-je!, dégoulinant de pus et de malaise! A ranger à côté de Winter quoi, en moins... hivernal et moins intéressant. Mais bien quand même quoi! Zisse ize ouate doumdèfe ize aule eubaoute! Et en plus, pour une fois, les opportunistes pourront pondre une chronique "convaincante" sans discuter "conceptuel" et sans frapper au kilomètre des délires dignes d'un grand drogué (un grand drogué à quoi au fait?). Quoique... on se demande bien quel genre d'argument ils vont pouvoir trouver, vu l'enchainement de riffs "ils se sont pas foulés mais au moins on reconnait immédiatement et totalement le style", les compositions trop simplistes pour être honnêtes, les vocaux quelconques et la chianteur extrême. Tout dans le son, tout dans la gueule, tout dans l'effet de surprise ressenti à la faveur d'un break ou d'une accélération qui débarque sans qu'on puisse comprendre pourquoi... ben oui je suis désolé mais la musique ça se comprend -- bizarre d'ailleurs que les adeptes de causerie conceptuelle, ceux qui expliquent que le drone doom n'est pas du tout hype dans chacune des milliers de discussions qui en parlent, aient autant de mal à accepter une telle idée. Or la seule chose que je comprends dans "Hatred and disgust" c'est que les musiciens n'ont pas osé comparer leur oeuvre à celle de leurs modèles, quels qu'ils soient. Sinon ils n'auraient pas pu sortir un album si profondément superficiel. A ranger à côté de Winter en effet, à défaut de pouvoir trouver un rapprochement plus pertinent, mais franchement la comparaison est très loin d'être en faveur de Sorrow! Les opportunistes ne seraient d'ailleurs pas les derniers à le clamer si Sorrow jouait beaucoup plus vite. Ils verraient alors en lui un groupe de death totalement à la masse par-rapport aux standards du style et de l'époque. Mais là non. La musique est plus lente. C'est donc très différent! De plus il existe moins de standards. Alors ça change tout! Tout! Les opportunistes, enlevez leur leurs standards, et ils n'ont plus aucun goût, plus aucun jugement. C'est même à cela qu'on les reconnait. C'est ainsi qu'un petit disque sans envergure, à la limite du ridicule (certes l'intro et la fin du dernier titre sont bien réussis), devient un exemple cuculte de twoudoumdèfe que ceux qui ont besoin de cracher sur les premiers Anathema pour aimer le dernier groupe conceptuel pas hype du tout à la mode brandissent pour exhiber leur "culture" d'opportuniste.