SLAYER - Hell Awaits - 1985 ( Metal Blade )

Tracklisting :

1-Hell Awaits
2-Kill Again
3-At Dawn They Sleep
4-Praise Of Death
5-Necrophiliac
6-Crypts Of Eternity
7-Hardening Of The Arteries

18/20

Lancé dans une furia qui donnera les meilleurs moments du thrash, Slayer sort le successeur du mortel « Haunting The Chapel », réceptacle de tuerie toujours d’actualités comme le monstrueux « Chemical Warfare » ou « Captor Of Sin », en 1985 : Hell Awaits.

Slayer s’affranchit définitivement du coté metal Judas Priest-ien qu’on pouvait trouver sur des titres comme « Metalstorm… », « Tormentor », « Final Command » ou « Crionics », ou dans les make up ridicules du 1er album. Exit aussi le coté plus joyeux d’un « Antichrist » ou d’un « Agressive Perfector ». Bref Slayer sort le grand jeu sur Hell Awaits, quelque chose de plus travaillé, sombre et ultime. En ne retenant que le coté « dans ta gueule » de l’entrée en matière de « Evil Has No Boundaries », le coté pas de pitié et les solis tordus de Chemical Warfare, les plans guitares à fonds rouleau compresseur comme sur le couplet de « Fight Til Death », et en ajoutant un coté sombre Slayer distille la quintessence de son thrash, du thrash même diront les fervents sur « Hell Awaits », premier vrai album de Slayer « sérieux » de a à z.

Mon premier contact avec ces compositions, et même avec Slayer, s’est fait sur le live dantesque, tant au niveau du son, de la set list que de l’intensité des interprétations, « Decade Of Agression ». Ce live capturant la grande messe du thrash qu’était à coup sur un concert de Slayer, ouvrait sur « Hell Awaits ». Rappelez-vous, une foule fanatique hurlant Slayer Slayer…et l’intro de Hell Awaits résonnant, marasmes de guitares distordues, toile de fonds à des voix démoniaques passées à l’envers nous invitant à les rejoindre et montant doucement vers le cri du démon (waou), un temps de silence, le public gueule, dont une nana de peur et là, j’en ai toujours des frissons dans le dos, la putain de déflagration de sa mère du premier accord ponctué de Lombardo marquant le rythme comme une sentence de mort, s’en suit une des raisons de mon amour de Slayer, une orgie jouissive de riffs tous aussi bien sentis et enchaînés les uns que les autres...Les guitares tranchent dans le gras, la tension monte jusqu’au riff bien rapide de ce titre phare du thrash, Araya semble courir après ses lyrics blasphématoires, Lombardo martyrise son kit, La paire Araya/Hanneman frôle la tendinite en speedant comme des porcs à la rythmique, avant de cracher des solis déjantés, bien à l’arrache et intense quoiqu’en dise les gardiens de la technique…une putain d’orgie !! oui c’est le mot…dantesque tout simplement. Le titre Hell Awaits est un classique, et à juste titre, du thrash. Le titre que quand un triso te demande « di le vieux cékoi le thrash ? mwa je coné God Hates Us All, 1 pot fan de Slipknot me la passé é c tro 2 la bal chanmé satanik» bah tu sors ton disque 1 du « Decade of Agression », tu pousse le son et tu rigole sadiquement en voyant la tête du chérubin en baggy lâchant sa bouteille de yop à la fraise de peur. Le titre qui a posé un nouveau standard de violence en 1985, à une époque ou Slayer posait les standards d’agression et créait ce qui deviendraient des clichés au lieu de reprendre ceux existant comme maintenant (lyric de Slipknot : fuck don’t fuck with the fuck i’m a crazy mothefucker yo i have the pain inside i’m suicidal maniac—riff bidon de 3 notes à la hatebreed chugga chugga -- mauvais solo à la slayer— gimmick à la gratte avec mé effets trop chanmé-- et on reboucle : what the fuck i hate everybody, i’m a rebel…).

Les autres titres ne dépareillent pas de cette assaut thrashisant mais, à l’instar de « Chemical Warfare », Slayer s’est payé un song writing sur cet album, j’en veux pour preuve « At Dawn They Sleep », titre fleuve, vraiment chiadé et bien foutu. Les enchaînements sont à la hauteur de l’inspiration des solis et voient Slayer bâtir un climat et cette terrible montée en puissance montrant enfin le groupe sous ce jour inquiétant si séduisant. C’est plus fort que moi mais chaque écoute de cette partie me voit lever mon petit doigt et mon index en hurlant « kill…kill…kill » comme un mongolien…idem sur le break à la double de monsieur Lombardo. Intensité et efficacité sont donc devenus les maîtres mots de Slayer, « Hell Awaits » comprenant son lot de titre et de parties dantesques, notamment coté soli, où les duels se font plus incisifs, la paire Hanneman/King étant à sa période ultime, et génèrent la touche chaotique/possédée de la musique, pourtant plutôt carré, de Slayer. Les tortures de manches sont poussées à l’extrême sur l’intro de l’album ou le break de « Praise Of Death », fausse fin au feeling bien inquiétant. Et puisque j’en suis à parler de ça, Araya est enfin vraiment en voix, il a trouvé son timbre agressif, exit les hurlements de tapette ou les quelques pseudo-mélodies à 2 balles de « Show No Mercy ». Coté Lombardo, c’est là que certains en auraient le plus à dire. Le son ne le met pas forcément en valeur mais il est en pleine maturité et son style démentiel a vraiment de la gueule. Bref, les rouages aussi bien que la machine sont huilées de folie sur « Hell Awaits »…ça bastonne sévère.

On a tendance à voir « Hell Awaits » comme étant plus « progressif » que « Reign In Blood ».
C’est effectivement vrai, « At Dawn They Sleep » est là pour le prouver, la longueur des titres aussi. Et même, ne nous voilons pas la face, longueur au mauvais sens du terme pour « Crypt Of Eternity », seul titre par certains aspects faibles de l’album, mais loin d’être à jeter notamment rien que pour le riff de couplet bien teigneux. Mais ce serait se mettre des œillères de ne retenir que cet aspect « progressif/titres fleuves ». « Hell Awaits » est aussi ultra énergique, par exemple, le dernier titre « Hardening Of The Arteries », si on enlève le gimmick du retour jubilatoire au riff d’ouverture de « Hell Awaits » est en fait un blitz de 2min10sec annonciateur de ceux d’un « Reign In Blood » pour moi, et aussi coté lyrics. Ne parlons pas du titre de l’album, folie speed thrash à l’état pur, de l’assaut de « Kill Again » et ses roulements de batterie, de la rapidité liée au lyrics kitsch, maintenant dédié au femmes de l’assistance en concert, de « Necrophiliac » et son final de folie. Avec cet album, Slayer couche tout ce qui se faisait à l’époque et s’assoit enfin sur son trône de maître du thrash et de la violence musicale, se payant donc le luxe de ne pas proposer seulement qu’un album plus tortueux mais aussi une bonne baffe dans la gueule !

Mais que dire sur Hell Awaits en 2005 ? Moins surprenant pour l’époque qu’un « Show No Mercy » baignant dans la naissance du thrash ? Un peu victime d’une production « roots » manquant un peu d’épaisseur et donnant un aspect « daté », mais qui à l’avantage d’être très clair coté instruments ? Que dire donc ? Lombardo prend sa mesure sur « Hell Awaits ». L’intensité de l’interprétation est certaine pour l’époque mais il est vrai que les lifting live donnés à « Hell Awaits » (une tuerie en live), « Necrophiliac » ou « At Dawn They Sleep » ne font pas de mal à ces titres et prouvent leur actualité voir leur intemporalité. Je serais d’ailleurs curieux d’entendre un « Kill Again » ou…non, attendez…en fait je serais curieux d’entendre tout cet album en live. Voilà une idée pour le groupe en perte d’inspiration....après avoir fait le terrible DVD « Still Reigning » histoire de faire oublier ses biens faibles derniers albums, pourquoi ne pas faire de même avec « Hell Awaits » ? Avec cet album, Slayer s’est en tout cas muni d’un solide sens du song writing et est devenu la terrible machine à riffer ultra carré qu’on connaît…Avec cet album Slayer devient enfin maître de l’intensité contrôlée et surtout acquière cette touche sombre qui le caractérise. On est en pleine confirmation de la sombre lignée prise sur l’excellent « Haunting The Chapel » déjà assez fort rien que pour ce putain de titre qu’est « Chemical Warfare »…Ils nous refont donc le coup de « Chemical Warfare » à savoir je couche tout ce qui se fait à l’époque et j’écris un titre pour lequel, encore en 2005, 99% des groupes tueraient pour en faire d’aussi bons.

Sans aller jusqu’à dire que « Hell Awaits » est aussi marquant que « Reign In Blood », je comprends toutefois que certains le tiennent pour le meilleur Slayer, quant à moi je le place juste après « Reign In Blood » dans mon panthéon de Slayer…un « buy or die » diraient des gens du marketing ou des journaleux de metalian et consorts, si tant est qu’il y ait un différence entre les deux…mais pour une fois, une telle phrase choc (slogan marketing) est pleinement justifié. Par contre, je trouve qu’auprès des fans ce disque est sous-estimé. Je ne jetterais pas la pierre, sauf si on m’explique que « Diabolus… » ou « GHUS » tiennent plus la route, car moi aussi, ayant découvert Slayer avec le « Decade.. » et « Seasons.. », j’ai plus vécu sur ces 2 releases à l’époque, renâclant à écouter « Hell Awaits », moins basotn au niveau du son, autrement que pour le title track ou « Kill Again » . Ce n’est que quelques années après ma découverte de Slayer, et après avoir assisté à « At Dawn They Sleep » en live que j’ai pleinement goûter cet album sans arrière pensée et ce n’est que récemment que j’en pèse vraiment la qualité musicale et l’influence sur le thrash et le death. Passez outre le son et certains gimmick, écoutez-le plusieurs fois et vous verrez vous serez accrocs. Après c’est vrai qu’ayant goûté aux interprétations live de « Hell Awaits », « At Dawn.. » ou « Necrophiliac », je me retourne plus vers des cds live que vers « Hell Awaits » manquant de relief et de puissance face au live mais je répète qu’une fois immergé dans « Hell Awaits » et son coté brut de décoffrage qu’est-ce qu’on est bien…c’est sur qu’avec des albums pareils, on a tendance à oublier que leur dernier bon disque remonte à 1991 et le dernier écoutable à 1994…et oui…plus de 10 ans…remarquez un tel début de carrière (11 ans divisés par 22 ans = 50%) ça pardonne pas mal de chose, notamment de vivre sur son répertoire des 80’s…ça pardonne ouais…encore que si vous voulez mon avis, et vous l’aurez de toute façon, ils sont allez loin sur le dernier album studio quand même…après, faire du mall-core de feignasse c’est peut être une évolution pour certains mais j’arrête de suite avant d’être malpoli…