SIGH - Hail Horror Hail - 1997 ( Cacophonous Records )

Tracklisting:
1. Hail Horror Hail
2. 42 49
3. 12 Souls
4. Burial
5. The Dead Sing
6. Invitation To Die
7. Pathetic
8. Curse Of Izanagi
9. Seed Of Eternity

16/20

Sigh, comment décrire Sigh... Des japonais complètements fous, qui, après avoir sorti un "Scorn Defeat", mélange de black old-schoolisant et de sonorités vraiment étranges (la patte Miraï, tête pensante du groupe, aujourd'hui dans les géniaux Necrophagia) sur le label d'Euronymous, ont fait une énorme cure de drogues diverses et variées, et après un "Infidel Art" commençant à vraiment puer la folie, ont sorti ce disque unique en son genre et trop peu connu. Putain, imaginez une sorte de mélange entre du vieux heavy / thrash Venomisant, des mélodies Maideniques, du Obtained Enslavement et des mélodies typiquement japonaises qu'on peut entendre dans les B.O. des films du génial Miyazaki ou dans des trucs comme Envy (petit anachronisme, mais groupe ultime), cette sorte d'émotion onirique pas vraiment enfantine mais un peu naïve que tu peux ressentir en écoutant des trucs dans ce genre, et qui fait (entres autres) tout le charme des oeuvres de Miyazaki (que je cite ici par défaut, n'étant pas assez calé en matière de culture jap pour citer d'autres trucs qui doivent être tout aussi classes) comme "Princesse Mononoké" ou "le Voyage de Chihiro". D'ailleurs, "Hail Horror Hail" est un disque extrêmement visuel, très parlant, sorte de bande-son d'un Miyazaki qui aurait copulé avec du film d'horreur bien japonais, un peu comme si Setsuko, la petite fille morte du "Tombeau des Lucioles", s'était faite enterrer dans le Simetierre de Stephen King (même si elle s'est faite incinérer... hum) et serait sortie toute terreuse de sa tombe pour venir hanter son frêre, qui deviendrait complètement fou à lier. Sigh, c'est un peu tout ça; du black unique, très mélodique et symphonique, beau et étrange à la fois tout en gardant un énorme côté old-school (les influences '80) se ressentant dans les rythmiques plutôt rock'n'roll (pas de double ni de blast ici, juste de la bonne batterie heavy metal), De plus, la prod est très bonne, puissante et claire, n'ayant pas tellement vieilli. Les passages "oniriques" sont magnifiques (la fin du dantesque "Seed Of Eternity", le heavy-metallique "Hail Horror Hail", le thrashisant "42 49") et extrêmements naturels, et des titres vraiment étranges (le groovy "Invitation To Die", le quasi-Mr Bungle-isant "The Dead Sing" qui aurait presque pu figurer sur "Disco Volante" si Mike Patton se limitait à faire des voix black et que c'était un japonais allumé), appuyés par des samples accentuant le côté cinématographique de la chose achèvent de rendre le tout franchement incontournable pour tout amateur de musique étrange sous acides, de metal au sens chevelu du terme et de culture japonaise.