SEPULTURA - Morbid Visions / Bestial Devastation - 1986 / 1985 ( Cogumelo Producoes ]

1 Morbid visions
2 Mayhem
3 Troops of doom
4 War
5 Crucifixion
6 Show me the wrath
7 Funeral rites
8 Empire of the damned

9 The curse
10 Bestial devastation
11 Antichrist
12 Necromancer
13 Warriors of death

6/20

On nous avait pourtant prévenus. Sepultura à leurs débuts, c'est beaucoup plus basique que ce qu'ils ont fait ensuite. Sepultura à leurs débuts, c'est du metal extrême raw and evil (TM), venant qui plus est de la nuit des temps, c'est à dire d'une époque où les étiquettes que nous connaissons aujourd'hui n'avaient pas encore de signification bien fixée. Morbid visions est donc l'archétype de l'album de raw evil deathrash black metal fauché (atchoum !) pondu par un groupe pas encore au sommet de sa créativité. On nous avait prévenus.

Mais là quand même.

LOL.

C'est pas Max Cavalera qui "chante" là, si ? Si ! C'est lui ! Surprenant ! Ce qui étonne, ce n'est pas que l'intérêt de ses vocaux frisent le zéro absolu, car ce sera encore et toujours le cas par la suite ; c'est plutôt ce petit côté... je ne trouve pas le mot... ah si : ridicule. Mais ce n'est pas très grave car, en bon fan de metal beuh, on sait que des vocaux catastrophiques ne font pas nécessairement un mauvais album. C'est vrai quoi, quand des guitaristes très à l'aise techniquement rivalisent d'ingéniosité dans leurs interventions, quand des flots d'accords et d'harmoniques carrés mais fous complètent, à rebrousse-poil ou non, des riffs bavards à haute teneur métallique, quand le batteur s'éclate tellement que son jeu devient parfois le principal centre d'intérêt, quand les rythmiques sont si jouissives et élégamment construites qu'elle font autant bander les tympans qu'une bonne mélodie, bref, quand d'excellents musiciens choisissent le metal extrême pour s'exprimer, ce n'est pas très grave si le chant est au ras des pâquerettes.

Mais là on n'est pas du tout dans ce cas de figure. Ici c'est pluôt "on est méchant, on joue sans fioriture et on a un son pourri". Si les musiciens de Sepultura à cette époque étaient de fins instrumentistes, ils se sont débrouillés pour que ça ne s'entende pas. Ce n'est pas très grave non plus car, en bon fan de metal beuh, on sait que des partitions peu élaborées et un son pourri ne font pas nécessairement un mauvais album. C'est vrai quoi, quand les guitaristes exploitent des accords que l'église avait sans doute interdits et les mettent en valeur de sorte qu'on ne perde pas une miette de leur noire saveur, quand l'enchaînement des riffs hypnotise jusqu'à la batterie, condamnée à s'accrocher à eux que cela lui plaise ou non, quand aucune mélodie parasite, aucune débauche d'attitude ou d'énergie positive, ne vient éclaircir une musique de chapelle corrompue, bref, quand des musiciens possédés par le metal extrême s'expriment, ce n'est pas très grave s'ils ne s'adressent qu'à un public aussi possédé qu'eux.

A ce titre, Morbid visions et Bestial devastation, les deux enregistrements ne se différenciant pas suffisamment pour justifier une double chronique, valent ni plus ni moins que n'importe quel autre disque lambda de raw evil deathrash black metal fauché (à mes souhaits), avec toutefois en plus une mention "culte" du simple fait qu'il y a écrit "Sepultura" dessus, du moins si vous y tenez absolument. A vous de voir si ce genre d'enregistrement vous intéresse. Moi je ne me relèverai pas la nuit pour en écouter. On pourra toujours dire "à l'époque c'était pas si mal et c'était rare", après tout pourquoi pas, mais rien ne nous oblige aujourd'hui à n'écouter que des disques sortis avant 1986.