SADIST - Above the Light - 1993 ( Nosferatu Records )

Tracklisting:
1 Nadir
2 Breathin' Cancer
3 Enslaver Of Lies
4 Sometimes They Come Back
5 Hell In Myself
6 Desert Divinities
7 Sadist
8 Happiness 'N' Sorrow

16.5/20

Totalement oublié aujourd’hui, on a surtout retenu de ce groupe le statut de pionnier de l’utilisation intensive des claviers dans son metal extrême à une époque où le doom et le black metal tantouzifiés et over-synthétisés n’en étaient qu’à l’état embryonnaire. Seulement voilà, Sadist comptait dans ses rangs des zicos de premier plan tel le batteur Peso issu de Necrodeath (groupe black/thrash banal qui a fait un retour médiatisé il y a quelques années) et surtout, surtout un guitariste / claviériste phénoménal capable d’assurer les deux instruments en même temps sur scène, et attention, pas des bêtes accords plaqués et des nappes de voices mais quelque chose de plus proche de Satriani pour la gratte et Jon Lord (Deep Purple) pour le synthé, bref un phénomène de foire quoi !!! Bon, Sadist, avec pareil pédigrée n’a jamais eu grand chose d’un groupe vraiment extrême selon les critères d’aujourd’hui. Ce premier album donnait plutôt dans un mélange de thrash / death souvent dissonant mais aux réminiscences old chool évidentes et de parties atmosphériques très chiadées pour l’époque.

Le premier titre est en fait une longue intro glauque et hypnotique à la fois, jouée entièrement au synthé. Le gars apprécie beaucoup plus les sonorités analogiques de l’instrument qui est ici utilisé réellement comme tel, un peu à la Nocturnus, et non un élément décoratif. Déboule ensuite le premier vrai morceau qui débute par un arpège dissonant et cristallin pour aller crescendo ensuite. Le chant est très spécifique, on aime ou on déteste…en gros ça me fait penser, tout comme la musique d’ailleurs, à un mélange Coroner / Nocturnus en plus déjanté et sans les effets de voix ‘robot replica’ qu’affectionnait Mike Browning sur The Key (rhaaa, au passage quel putain d’album celui là !). Globalement, on est quand même loin de la folie démonstrative d’un Nocturnus pour se rapprocher de quelque chose de plus sobre et classieux, plus Coroner dans l’esprit mais encore une fois moins axé sur la technique et beaucoup orienté ambiances. Attention, comme déjà dit plus haut, ces mecs sont d’excellents zicos et nous balancent quelques passages bien furieux et techniques à grand renforts de double grosses caisse au son très roots, mais au final on retient surtout le côté grandiose des ambiances et des riffs. Les influences classiques évidentes au niveau mélodiques n’y sont certainement pas étrangères.

Bref, ce premier Sadist est réellement une réussite. J’ai découvert cet album il y a un petit paquet d’années maintenant, et pourtant je ne m’en lasse jamais, il a un côté très accrocheur qui fait qu’on y revient régulièrement, envoûté qu’on est par ces compositions à la fois si classiques et si originales…hautement recommandé par la maison, si toutefois vous parvenez à trouver un CD original (pas évident hors VPC voire pas évident tout court…)