QUICKSAND - s/t - 1990 ( Revelation )

Tracklisting:

1 – Omission
2 – Clean Slate
3 – Unfulfilled
4 – Hypno Jam With Dan

13/20

Dès le milieu des 80’s, la première vague emocore, principalement basée sur Washington DC et gravitant autour du label Dischord (tenu par Ian MacKay – Minor Threat, Embrace puis Fugazi) prend son essor, née en partie en opposition à la scène New-yorkaise, connue principalement pour la violence de ses groupes et de ses concerts (je vous passe l’historique sur les divers crews, DMS, Alleyway, etc.). Sur la côte Ouest, les médias posent le mot ‘‘grunge’’ sur cette nouvelle forme de punk déprimé et mélancolique qui explose à Seattle. Formé d’ex Gorilla Biscuits, cultissime groupe de hardcore New-yorkais (pas le plus violent mais l’un des plus influents), Quicksand s’engage vers une voie plus mélodique et plus fine, finalement assez proche de cette nouvelle scène Washingtonienne, également désespérée et mélancolique comme la vague de Seattle tout en conservant le stress et la tension inhérents à une ville comme New-York.
De leur héritage hardcore, Quicksand garde la dynamique et l’énergie caractéristique de ce style. On retrouve l’utilisation des power chords et des gros accords plaqués. Mais Quicksand complique la donne en déstructurant les riffs, jouant sur les contretemps, les harmonies dissonantes et les structures alambiquées. Le chant est très mélodique mais reste rugueux et un chouia agressif, sachant se faire doux et exploser au moment opportun.
Cet EP est le premier disque du groupe. On y retrouve trois vrais titres et un instrumental laissant la part belle… à une trompette. Le disque débute sur Omission, véritable petite perle écorchée vive, où colère et frustration s’embrassent dans une musique puissante et mélodique,avec son riff entêtant qui pousse à écouter ce morceau 15 fois de suite. Clean Slate possède une approche plus groovy. La voix y est pour beaucoup dans cet aspect groovy, appuyant la rythmique chaloupée et le côté très rock des riffs de guitares. Unfulfilled se fait plus noise et plus sombre. Les guitares y sont plus dissonantes et là aussi le chant porte énormément les morceaux, développant une certaine sensibilité absente des groupes typiques de New-York hardcore. D’une manière générale, Quicksand ralentit le tempo par rapport à ses concitoyens mais sans jamais verser dans le lourd et le pesant. C’est heavy et dynamique à la fois. Les textes se veulent personnels, abandonnant le côté revendicatif et moraliste propre aux groupes New-yorkais de l’époque. De plus, l’absence de ponctuation complique leur compréhension.
Avec cet EP, Quicksand, aux côtés de groupes tels Burn (puis Orange 9 mm), Rorschach ou Die 116, présente un nouveau visage d’une scène hardcore New-yorkaise engluée dans ses clichés.