PUNGENT STENCH - Dirty rhymes and psychotronic beats - 1993 ( Nuclear Blast )

Tracklisting:
1: Praise the names of the musical assassins
2: Viva la muerte
3: Why can the bodies fly
4: Blood, pus & gastrick juice (rare-groove-mix)
5: Horny little piggy bank
6: Four "F" club
7: Blood, pus & gastrick juice (tekkno-house-mix)

14/20

Il aura fallut deux ans pour que les Pungent nous ressortent un skeud après leur mémorable "Been caught buttering". Et en plus il ne s'agit que d'un MCD... bon de trente trois minutes certes, mais ce skeud est vendu sous la forme d'un MCD à l'époque, et si on ne prend pas en compte les sept min. cinquante du dernier titre electro bien merdique qui n'a rien à fouttre là, forcément ça réduits... mais j'y reviendrai.
C'est avec la sortie de cette galette que nos trois autrichiens mentallement divergeants assoieront définitivement leur réputation de j'm'en foutistes assidus et décalés du death. Il n'y a qu'a jeter un oeil sur la video "Video la muerte" qui sort la même année où on les voit se trimbaler en chemises à (très gros) pois... On nage en plein dixième degré, le désir de se démarquer des clichés du death metal est alors flagrant, Pungent stench ne se prend plus, mais alors plus du tout au sérieux. Pour en revenir à "Dirty rhymes and psychotronic beats" on ne peut évidemment pas passer à côté de cette fantastique pochette, censurée à souhait bien évidemment, comme la video d'ailleurs, avec ce gentil autostoppeur qui apprécie la compagnie féminine pour les balades hivernales dans les joyeuses forêts autrichiennes enneigées, le manche de sa hache dépassant de son sac à dos... Je me demande encore comment ils ont convaincu cette grosse truie de faire cette cover... et on a droit à plus de détails dans le livret, tout y passe, du poster du pape en arrière plan souillé d'hémoglobine et d'excréments, au bras arraché cloué au mur... c'est gore, kitsch, volontairement bidon... c'est Pungent stench quoi.
Sept plages avec une intro plutôt indus, suivie du titre "Viva la muerte". Tout d'abord le son, gras et dégeu à souhait avec cette batterie qui sonne un peu "carton", mais surtout ce son de gratte plutôt groovy. Il faut dire que ces titres ont été enregistrés dans un sombre studio local à Vienne, par un certain Gregore Schwarzenegger. Avec ce premier morceaux, on comprend vite que Pungent stench a définitivement coupé les ponts avec le death metal classique... on pourrait qualifier le style de deathroll'gore. S'ensuit le titre "Why can the bodies fly", une reprise de je sais plus qui à la sauce Pungent: l'ambiance est particulière, entre le fun et l'angoissant. Pas inoubliable tout de même. Suit "Blood, pus and gastric juice", figurant déjà sur "For God your soul... For me your flesh", remis au gout du jour, avec un meilleur son evidemment, et Schirenc qui tousse, gerbe, crache et chie en prime tout au long du morceau. Avec la cinquième plage vient la claque du CD: "Horny little piggy bank" qui illustre parfaitement l'esprit Pungent stench. Le texte est on ne peut plus glauque, on baigne en plein délire crimino-gore. Schirenc doit avoir un sérieux problème pour nous pondre de telles paroles... Toujours ce style inimitable, une sorte de heavy death groovy bien crade, avec ce chant gras qui nous permet d'apprècier les lyrics à leurs justes valeurs, les paroles étant compréhensibles, et ces soli complètement barrés. Ce titre est carrément génial. S'ensuit "Four "F" club", moins rentre dedans, encore les soli de Schirenc qui doit fumer ses cheveux (pas pour rien qu'il est chauve dans Hollenton!), et ce passage avec ces cris de fornication bestiale... Un peu plat mis à part ce détail. On finit avec le remix techno de "Blood, pus and gastric juice", pas indispensable, bruyant, et qui serait plus supportable si il était moins long.
Un MCD assez inégale en somme (d'où la note...), très controversé, mais un must pour tout fan de metal gras et déjanté.