PUNGENT STENCH - Been Caught Buttering - 1991 ( Nuclear Blast )

1. Shrunken And Mummified Bitch 2. Happy Re-Birthday
3. Games Of Humiliation
4. S.M.A.S.H.
5. Brainpan Blues
6. And Only Hunger Remains
7. Sputter Supper
8. Sick Defaced Bizarre Creation 9. Splatterday Night Fever

15/20

Concernant le death metal, l’Autriche a été aussi riche que conformiste si vous voyez ce que je veux dire ! A l’époque vous aviez soit Disharmonic Orchestra soit Pungent Stench ! Si Pungent Stench a eu des débuts plus classiques et loués pour leurs brutalité sur ses démos et split, le groupe a développé son style de death groovy au fil des releases ainsi qu’un sens de l’humour que souvent parfois seul eux peuvent comprendre ! Brutal et dégoulinant le groupe s’illustrait sur des titres comme "Pulsating Proto Plasma", "extreme deformity" et autre "Blood Pus and gastric Juice".

Le groupe marque là son second release et dès les premières notes on goute ce son crassouille et tonitruant qui fait tout le charme dégoutant de Pungent Stench. Des grattes teigneuses façon nid d’abeilles ultra saturées mais sans le gras du son suédois, un coup à vous écorcher les oreilles. La batterie bien en avant distille son groove macabre et Schirenc est assez horrifique sans avoir une voix très profonde. Il sonne juste ce qu’il faut pour ajouter un petit coté dérangeant à la musique de Pungent Stench et ce bien que celle-ci n’en n’ai pas besoin quand on y pense !

Le point le plus spécifique du groupe sur cet album est son emploi du groove. Attention, ça reste du death, c’est du lourdingue pas du funk. Disons qu’on a carrément droit à un passage heavy rock, voir stoner on dirait aujourd’hui, sur un « Happy Re Birthday » punkisant. Le Black Sabbath des débuts plane sur le disque. Comment faire taper du pied en se déhanchant sur du death quoi ! Ce passage est loin d’être le seul et le groupe peut aller jusqu’à sortir la pédale Wah pour taper le solo sur « Sick Defaced Creation » et son gimmick à la basse.

Un autre point de comparaison vient en fait à l’esprit avec Autopsy autre groupe de death macabre, malsain mais avec une sorte de groove. Après attention Pungent Stench va loin dans le groove et Autopsy n’a jamais fait de plan à la « Happy Re Birthday ». « Games Of… » s’il reste lourd n’en est pas moins un mix entre death doomy et groove stonifiant et contient une partie acoustique bien réussi ou le père Schirenc ne peut s’empêcher de beugler, la ruinant un peu. C’est d’ailleurs là un des problèmes futurs du groupe qui a toujours voulu garder une touche grand guignolesque parfois au détriment de leur musique.

Que dire du titre « SMASH », présent sur la compilation qui a converti aux joies du death metal ceux d’entre nous ne tape tradant pas ou seulement limité au thrash à savoir « Master Of Brutality ». Bien baston, il enchaine les riffs thrashy et l’ambiance teigneuse avec des soli qui sont ni plus ni moins que des tributes à ceux du Slayer de Reign In Blood, son inclus. Ca groove un peu le temps d’un break mais ça tape surtout bêtement et ce n’est pas la voix rauque de Schirenc ou les grattes tranchantes qui dépareilleront de l’esprit brutal de ce titre. Un titre orthodoxe et bourrin plus dans la veine des débuts du groupe. Un titre sympa mais pas représentatif de l’album et c’est peut être pour ceci qu’il a été choisi pour la compilation afin de montrer la facette la plus standard histoire de ne pas effrayer la jeunesse en quête de brutalité. Cette brutalité death primaire on la retrouve de ci de là et ça tape pas mal même si c’est dans la lourdeur que le groupe est le plus efficace pour preuve l’excellent « Splatterday Night Fever » clôturant l’album.

En terme d’accueil du public, disons que la pochette, qui reprend un travail de Joel-Peter Witkin alliée à des lyrics dégueu ont pu éveiller un soupçon d’intérêt chez les meutes de jeunes de l’époque, meutes servies en Deicide et Cannibal Corpse. Par contre ce coté groove, et les clins d’œil stoner, en ont rebuté plus d’un font que le groupe est toujours resté pseudo confidentiel. Je ne mettrais pas tout sur le dos du public non plus. Le groupe a toujours été dilettante et la légèreté se sent dans les compos futurs du groupe ce qui n’a pas joué en sa faveur. Pas mal de groupes ont aussi mal vécu ce passage ou Entombed a sorti son « Wolverine Blues », Carcass son « Heartwork » etc bref l’essoufflement du death metal et la sortie d’album plus metal/rock n’ roll (death n’ roll on disait à l’époque). Disons que sortir un album comme « Club Mondo Bizarre » a pu passer pour un coup commercial. Pour le coup l’écoute du « Been Caught Buttering » dédouane complètement le groupe de ce type d’accusation car si il est un groupe de death qui groovait à l’époque c’était bien Pungent Stench. Je crois même qu’à l’époque Pungent Stench reprenait la bamba en live…bref une bande de sacrés rigolos. Mais pour faire court sur le destin du groupe, le trip a ses limites que j’ai trouvé vite atteintes sur cette bouse de « Club Mondo Bizarre » album ultra simpliste ne reposant plus que sur le coté gimmick extra musical et sur une série de riff groovy, cette fois ci dans le mauvais sens du terme, plus bidons les uns que les autres. Le tout avec un son plus rond et en jetant à la poubelle les passages death bourrin qui faisait quand même le charme de « Been Caught Buttering ».

« Been Caught.. » représente pour moi le meilleur de ce groupe plutôt moyen en dehors de ce release, un album direct et fort en personnalité, death mais groovy, tordu et infect à souhait. Un album décontenançant mais assez addictif en fait !

Pour info, la réedition contient 2 titres de l’ep « Shisyu » de 1991, dont je ne connais que « Daddy Cruel » bien sympa présent sur la toute première compil « Death Is Just The Beginning » de Nuclear Blast. A l’époque ou le label, démarrant une course derrière Earache, valait à peu près quelque chose (Dismember, Afflicted, Master, Amorphis, Winter, Incantation, Sinister, Monstrosity, Brutality, Defecation, Rigtheous Pigs, Disharmonic Orchestra….).