PSEUDOGOD - Deathwomb Catechesis - 2012 ( Kvlt )

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Les ruskoffs de Pseudogod, ancrés dans des influences Beherit/Archgoat (le second pour le mid tempo), joue un black/death primitif (mais pas forcément primaire) teinté d’orthodoxie black le tout trempant dans un fonds d’occultisme... soit un des trucs à la mode ces temps-ci... attention pas un truc juste bestial entrecoupé d'intermèdes pour se la jouer occulte. Mais n’ergotons pas. Peut être le «true beumeuh» des années 2010. D’autant plus que le groupe semble un peu fraichement converti à ces emprunts au death essayant de poser une ambiance occulte. Bref, doté d’un son «ample» et «tourbillonant», Pseudogod s’est alloué les services de A.Brown, décidément très présent, pour rehausser le booklet de ses illustrations de bon aloi constituant, comme toujours un plus en terme d’ambiance... «crédibilisation» du propos qui est, on en rediscutera plus tard, un peu nécessaire. Donc on résume: des grattes bien présentes, un peu reverbées assez amples sur lesquelles surnagent une batterie et une voix...Soit une prod servant les intentions virulentes des Pseudogod.

Le groupe ne joue pas que la carte de la barbarie et quelques breaks ou dissonances («antichrist victory»), sans pour autant être avant gardiste loin de là, viennent en complément de passages plus lourds souligner une ambiance et enrichir le style. Ces moments, s’ils aèrent ce release, n’en restent pas moins influencés. Les parties rapides visent parfois à créer ce tourbillon de son qu’un Antediluvian a poussé à son extrême. Mais en général cela reste plus simple. Le début du release est d’ailleurs plus axé sur cette veine et si le 1er titre est laborieux, la sauce prend sur le second titre juste efficace. C’est par la suite que cela se diversifie un peu, le groupe ne dédaignant pas la lourdeur. Quelques influences black norvégiens sont aussi identifiables dans les sonorités de quelques doublages de riffs apportant une touche glaciale bienvenue («encarnacion del mal» ou «Saturnalia»). On a même un petit chorus héroïque sur «Azazel». Bref le terreau Beherit et cie n’est bien qu’un terreau et s’y greffent pas mal de références black et une propension à la lourdeur. Un mot sur le batteur, qui sans avoir un son moderne, ou vraiment dépareiller du tout fait un peu machinal rejoignant le reste du groupe dans sa façon d’enchainer les riffs rapides... il manque parfois une âme et un coté brut de fonderie. Cela enlève un peu de puissance de feu et rend l'atmosphère moins corrompue. Mais surtout, si on sent la maitrise du style, il manque souvent une petite flamme putride et des riffs plus convaincants pour arriver à concrétiser cette ambiance horrifique.

Résumons donc en reconnaissant le caractère bien fait, l’ambiance parfois palpable mais aussi le coté longuet cassant malheureusement cet album. Ceci est lié à la longueurs des titres oscillant tous autour des 5 minutes... Prenons le 3ème titre par exemple, bâti sur des riffs efficaces, intenses, bénéficiant d’un break glacial (cf ci-dessous) mais ce titre a 1 minute 45 de trop ? Certes le doublage du riff final est sympa mais tout ceci ne mérite pas 4 minutes 37 secondes.

Bref cette catéchèse est un truc pas trop mal sur le papier mais pas vraiment impérissable déjà de par un «classicisme» évident ne bénéficiant pas assez d’un esprit morbide/décadent et ensuite de par un manque, parfois cruel, de concision. Dommage pour Pseudogod car les éléments pour se poser là et marquer l’auditeur apparaissent parfois. Tout ceci est probablement le signal avancé (quoique ça commence à faire une paie) de la saturation à venir d’une scène morbide par ailleurs diverse et dotée de groupes ayant vraiment des choses à dire. Pseudogod reste engoncé dans des codes, par essence, mais on n’a pas la même classe qu’aurait, dans un style différent, un Ascension manipulant les clichés avec brillo et esprit (du moins sur «with burning tongues») de part un choix de riffs parfois moyens (et parfois aussi un manque d’âme). Attention, le truc ne fait pas honte au style... mais bon...