POSSESSED - Seven Churches - 1985 ( Combat Records )

Tracklisting:
1- The Exorcist
2- Pentagram
3- Burning In Hell
4- Evil Warriors
5- Seven Churches
6- Satan’s Curse
7- Holy Hell
8- Twisted Minds
9- Fallen Angel
10- Death Metal

20/20

Une anthologie du thrash et du death metal serait gravement incomplète sans la mention de cet album mythique et cultissime. Comment, en effet, oublier un tel monument, qui a inspiré (et inspire toujours) des générations de metalheads, à commencer par Chuck Schuldiner et Trey Azagthoth ?
Il y a près de vingt (!!!) ans, nous sommes à San Francisco. Alors qu’Exodus exécutait des shows d’une violence (sonore et physique) qui ferait chier dans leur baggy les ‘punks’ d’aujourd’hui, un autre groupe d’adolescents allait se démarquer en misant sur une musique autrement plus dark et malade, directement inspirée par les cinglés Venom (sans tourner au plagiat pour autant, pas vrai Hellhammer ?). Formé en 1983 et après de gros déboires (suicide du premier chanteur Barry Fisk), Possessed sort la démo ‘Death Metal’ l’année suivante qui finit sur le bureau de Brian Slagel. On imagine sa réaction, lui qui pourtant avait découvert des pointures genre Slayer et Metallica…le groupe sortait ‘Seven Churches’ encore 1 an plus tard.

La pochette est plutôt sobre et dépouillée. Les guitares sonnent incroyablement cru (ha, les bons vieux Marshall JCM 800 !), le son de batterie est un peu moins roots mais typique de l’époque. Quant à la voix…que dire sinon qu’on a rarement fait aussi démoniaque depuis. De plus Jeff Becerra était un compositeur de génie doublé d’un excellent bassiste. Ses lyrics savaient traiter du satanisme sans tomber dans le puéril, tout comme le grand Chuck savait écrire d’excellentes paroles dans le domaine du gore. Larry Lalonde fut l’élève de Joe Satriani pendant un bon moment : no comment. Mike Sus était un excellent batteur au jeu de cymbales élaboré et original, tout en étant d’une puissance sans merci dans les parties rapides. Mike Torrao : un jeu typique mais efficace. Bref, Possessed, c’était pas des guignols, malgré leur jeune âge à l’époque. Le talent n’attend pas le nombre d’années…

Tout est là, résumé en 40 minutes. Le thrash, le death, le black metal. ‘The Exorcist’ et sa géniale intro tirée du film, pose direct une ambiance malsaine sur un rythme prenant. ‘Pentagram’ (un des meilleurs assurément) préfigure les créations lovecraftiennes de Morbid Angel, par des riffs hallucinants et d’une incroyable technicité. ‘Burning in Hell’ et son côté punk morbide est une machine à headbanguer. ‘Warriors Of Hell’ est constellé d’une myriade de soli étincelants comme l’éclair. ‘Seven Churches’ et son pont archi satanique, comme une tornade brûlante qui sort de l’enfer. Etc…
D’autres morceaux plus basiques, plus punk/hardcore dans les rythmiques, sonnent résolument black metal avant l’heure, pas si éloigné de Bathory. Sadistik Execution n’est pas loin non plus…en résumé, ce Seven Churches est la pierre angulaire du metal extrême, la source la plus malfaisante des origines (Slayer était davantage axé sur la brutalité pure, tout comme Kreator, Sodom et Destruction étaient plus speed traditionnel). Possessed avait une réelle modernité dans son style, et ne sonne absolument pas ringard aujourd’hui contrairement à d’autres. Totalement indispensable à tout death/thrasher qui se respecte un minimum. Si vous êtes nouveau dans le metal extrême, jetez tous vos Dark Funeral et autres Slipknot dans la décharge la plus proche, revendez votre intégrale de Nile s’il le faut mais procurez vous ce chef d’œuvre, ou TSOTL viendra te violer à sec dans ton sommeil avec le gode ceinture de ta grand-mère.