PESTILENCE - Consuming Impulse - 1989 ( Roadrunner )

Track Listing :

1 - Dehydrated
2 - Process Of Suffocation
3 - Suspended Animation
4 - The Trauma
5 - Chronic Infection
6 - Out Of The Body
7 - Echoes Of Death
8 - Deify Thy Master
9 - Proliferous Souls
10 - Reduced To Ashes

16/20

Le chaînon manquant entre "Leprosy" et "Slowly We Rot", voilà ce que pourrait être ce second album de Pestilence. Du premier il possède la parfaite tenue de riffs qui traversent les années sans prendre une ride et du second le traitement nauséeux de la musique, l'aspect morbide de plans lourds et suffocants. "Consuming Impulse" est une parfaite synthèse du death metal de la fin des 80's. Un style barbare qui n'avait que faire des records de vitesse, préférant de loin privilégier l'efficacité des morceaux en écrasant l'auditeur sous des riffs décisifs et des mélodies sournoises et imparables. Ces riffs qui vous restent en tête durant quelques décennies, comme celui presque poussif et rampant de "The Process of Suffocation".
Chaque titre est un hymne contenant son plan glorieux, celui qui fait mouche à tous les coups et qui fait entrer l'album au panthéon du death metal macabre et magnifiquement glauque.
Qu'il s'agisse des quelques notes de claviers malsaines qui ornent délicieusement le break ultra puissant de "Suspended Animation" ou encore le couplet sépulcral de "Echoes of Death", des premières mesures étouffantes, écrasantes de "The Trauma", de la cavalcade rythmique assassine de "Out Of The Body", de la lourdeur hallucinante des premières secondes funèbres de "Reduced to Ahes" , etc…etc…, les morceaux de bravoure sont légions sur cette galette extrêmement métallique et tous permettent à cet album de devenir la référence qu'il est aujourd'hui. Inutile de préciser que tant de soin apporté à la composition pour qu'un morceau vous reste gravé dans la tête longtemps après que le bouton stop du lecteur ait été enfoncé est quelque chose qui marque les esprits tant les groupes brutal death actuels semblent (très) loin de ce genre de préoccupation ("composer de bons morceaux ? Hum, pour quoi faire ?? Je pourrais jouer vite dessus au moins ?? Hein ?). Tout le monde ne possède pas le génie du riff fatal.

Loin de chercher l'extrême dans l'art souvent gonflant du "repoussage" (je dis ce que je veux , c'est ma chronique !) des limites de vitesse, Pestilence préfère faire tournoyer vicieusement ses plans morbides sur des tempos soutenus mais jamais extrêmes, et adore par dessus tout nous laminer sous le son plus lourd de solides breaks pesants et bien épais.

Quelques lignes de finesses tout de même à propos de "Proliferous Souls", instrumental d'anthologie, envoûtant et sinistre, qui succède au déjà magnifique "Osculum Infame" figurant sur le premier album du groupe. Ce titre saisissant achève l'auditeur frissonnant et enfonce le clou, fait définitivement basculer l'album dans quelque chose de totalement putride.

Il n'est pas de grand album de death metal sur lequel ne figure pas un vocaliste marquant et "Consuming Impulse" n'échappe pas à cette règle, Martin Van Drunen, qu'il est ici impossible de passer sous silence, est particulièrement impressionnant. Son organe animal, immédiatement reconnaissable, rivalise avec celui des ténors du genre, sa voix bestiale s'impose brutalement sur chaque compo et le fait entrer dans la cour des "légendes" que sont Tardy, Pillar, Vincent et Schuldiner.. Une prestation certes peu humaine, mais totalement parfaite qui obscurcit encore un peu l'album.

La prod de Harris John est l'une des plus puissantes qu'il m'ait été donné d'entendre dans ce style, rarement ce death metal n'aura été aussi bien traité, les guitares sont "métalliques", imposantes, incisives, la batterie percutante et la basse ronde et ronflante. Du très bon boulot qui permet à ce skeud d'avoir aujourd'hui encore un son totalement unique !

Consuming Impulse est un très gros album de death metal, pur et brut comme il ne s'en fait malheureusement plus, une grosse masse d'énergie fétide bien grassouillette, une oeuvre ravageuse qui hume bon ce malsain cadavéreux que l'on aime aussi entendre dans ce style depuis longtemps parti en couilles.