ORIGIN - Echoes Of Decimation - 2005 ( Relapse )

Tracklisting:
1 – Reciprocal
2 - Endless Cure
3 - The Burner
4 - Designed to Expire
5 - Cloning the Stillborn
6 - Staring from the Abyss
7 – Amoeba
8 - Debased Humanity
9 - Echoes of Decimation

17/20

Houlaaaaaaa, au secours !!!!!!!!!!!!!!!! Mais qu'est ce que c'est ? Heyyyy stop! Stop ? Stooooop!!!
Moins vite s'il vous plait !!
Non ?
Bon…très bien, je m'accroche.
Hum…ouiiiin

(***soupir***)

Origin va donc très vite, exécute de façon impressionnante et véloce un death metal extrêmement technique concocté à base de riffs nerveux sautillants sur les patterns rythmiques de Bioman devenu batteur depuis qu'il a cessé de marteler de pauvres monstres nihilistes en mousses avec des high kick de grand-mère. Moitié homme, moitié robot, le shérif de l'espace s'attaque maintenant à ses fûts et livre ici une prestation laissant penser que la partie robot gagne du terrain.
Ses acolytes n'ont rien à lui envier et parviennent sans aucun problème à suivre le rythme inhumain imposé par "la plus grand de tous les héros" (je connais mes classiques !)

Evidemment l'ensemble pourrait très vite devenir incroyablement chiant mais il peut aussi devenir fascinant pour quiconque fait l'effort d'apprécier à sa juste valeur le travail de mise en place hallucinant, l'incroyable précision dans l'exécution de morceaux épileptiques composés au millimètre. Pour l'auditeur qui parvient à rester concentré, cet album est une mine de riffs scalpels, mémorisables, fins et précis.
Loin de tourner à la démonstration, (même si nous en prenons clairement plein la gueule…putains de riffs en sweeping dément !), les morceaux sont très énergiques et savent se faire plus pesants quand le moment est venu de nous laisser prendre une respiration pour mieux replonger. En effet, et contrairement à ce qu'affirment honteusement quelques collègues chroniqueurs n'ayant visiblement pas pris la peine d'écouter cette galette dans son intégralité, décidés à ne lui laisser aucune chance, le groupe prend soin de casser ses morceaux à chaque coin de plan pour ne pas tomber dans la platitude d'un Disgorge par exemple. Même si le tempo général est extrêmement élevé, le batteur s'évertue à suivre les délires mélodiques de la paire de guitariste, il se cale dessus et propose une partition finalement riche. Accélérations foudroyantes, breaks, cassures, mini breaks, solis frénétiques, palm mute assassins pour rythmiques convulsives et saccadées, notre cerveau doit gérer en un temps record toutes les informations sonores, (fruit d'un gros travail de composition), que délivre le groupe et s'il y parvient le bonheur est intense.
Une fois apprivoisé cet album se révèle savoureux, œuvre dense, virulente, démente, dégageant un feeling (oui je parle bien de feeling !!) quasi "cybernétique".

Moi qui suis plutôt hermétique à l'aspect démonstratif du brutal death US, j'avoue avoir été bluffé par ce nouvel opus d'Origin qui ne peut que forcer le respect.
Le groupe a également eu l'excellente idée de ne pas s'étaler en longueur et dit tout ce qu'il a à dire en moins de 27 minutes, évidemment c'est court pour un album mais évidemment il n'en fallait pas plus.
La production est heureusement à la hauteur, le son est très clair, puissant, et laisse à qui veut s'en donner la peine le loisir d'écouter distinctement le travail accompli par chaque instrumentiste.

Si j'avais comme certains rédigé ma chronique après une seule écoute décourageante j'aurai moi aussi opté pour une note très faible, criant au bruit, à la branlette instrumentale sans âme, à la vitesse inutile, etc… après une exploration profonde de cette rondelle (…) je ne peux qu'admettre un K.O net en faveur du groupe et m'incliner genou à terre devant tant de maîtrise.