NAVICON TORTURE TECHNOLOGIES - Pure Skin - 2006 ( Noise Control Corp )

1. The Stars And The Scars
2. No Hands, No Teeth
3. Heart
4. Pariah
5. Oyabun
6. three knives
7. self-eviscerating concepts
8. A constellation of skin
9. it’s better this way
10. the stars and the scars (new dawn descending)
11. blue sky mustang
12. This is how we prey

16/20

Avec à son actif 11 tapes, plus de 7 cds une tonne de cd-r, des remixes etc, depuis 1997 NTT est clairement l’exhutoire d’un cerveau malade. Du genre de ceux obsedés par l’amour, la haine et plein d’autres sentiments joyeux abordés sous un angle résumé par « l’homme est un monstre et la morale un mythe »... un cerveau qui pour se soigner doit deverser à intervalles réguliers ses délires sous forme de « musique » sous peine d’auto destruction.

NTT est la créature de Leech.

Si on peut clairement dire que NTT n’est pas un pilier fondateur d’un genre, s’inscrivant dans les pas d’un bad sector, slogun et d’autres piliers de l’indus (spk forcement), force est de reconnaître que le monsieur reste difficilement classable. Si on le genre dans le gorupe des New York Power Electronics avec Slogun, Taint, Deathpile etc, je trouve la définition réductrice de fait pour NTT.

NTT sort ici un disque ou la mélodie est plus apparente mais qui n’est jamais trop facile à écouter. De même, si cela reste corrosif, ce n’est pas non plus trop dur à écouter dans la mesure ou la douleur auditive est dispensé avec parcimonie (mais ça fait quand même parfois bobo). Le mix power electronics/dark ambient est excellement dosé. Mais plus que cette considération technique, le point fort, comme sur pas mal de full length que NTT sort, est la charge émotionnelle que dégagent certains titres. Là ou un groupe de power electronics hurle à travers 10 pédales de distorsions pour vous arracher la tête, Leech lui semble plutôt expulser sa colére résignée du fonds de la fournaise qui lui sert de cerveau. Quand la mélodie s’installe elle reste toujours inquiétante et des basses et autres elements de distorsion la maintennant sur une corde d’équilibriste. Le mec donne l’impression tantôt de vider son sac, tantôt de vous menacer par voie musical. Leech sait aussi poser de purs paysages musicaux de désolation. Dans ces moments là une esthetique apparaît... La mélodie est donc plus présente sur Pure Skin, ne se cachant plus forcement derrière un barrage de distorsions. (« The Stars ans the scars » , « Self eviscerating...»).Les morceaux les plus power electronics ont leurs rythmiques soit directement via simili percus (« constellation of skin ») soit via la boucle (« no hands no teeth » et sa boucle rappelant un Brighter Death Now période greatest death). Tout au long du disque des voix fantomatiques, plus ou moins lointaines, apportent parfois une touche de mélodie (salvatrice sur « oyabum » par exemple). D’autres voix, en dehors des hurlements de déments de Leech, plus présentes se font angoissantes genre « tiens qu’arrive t-il à cette jeune fille ? »). Une grande constante de tous ces titres : hypnotiques tout simplement. Tout industriel que ce soit le bougre nous sort quand même des moments presque déchirants sur « the stars and the scars » (repris une 2eme fois quasi à l’identique et une 3eme fois passé à la moulinette en titre caché). Il aime aussi à noyer sa voix dans une fournaise sonore (« sky blue mustang »)... Et il nous sert aussi des compos bien musclées, plus classiques et moins dérangantes, mais dépotant efficament (« this is how we prey »). Mais le titre phare reste pour moi « Heart »... sur lequel je ne m’étendrais pas. Bref, le style est riche en elements et emotions dégagées.

En terme de son, c’est produit par Leech lui même et c’est extremement dense et puissant tout en gardant assez de définition pour distinguer tout ce qu’il se passe. L’épaisseur de la chose contribue clairement, en vous enrobant bien les oreilles, à vous enfoncer dans ce sale trip. Coté voix, la voix hurlée et saturée de Leech passe très bien car elle n’est pas une constante des morceaux, qu’elle apporte une touche de colère et que d’autres elements vocaux sont présents sur l'album. Bref rien à voir avec un assaut à la Whitehouse.

Voilà... l’album reste quand même dur mais j’ai connu pire dans ce style. Il n’est pas exempt de longueur ou d'une ou deux phases où on a envie de stopper pour relacher la pression (la séance de torture de « three knives » par exemple, le severe pilonnage sur la fin de « constellation of skin » et « sky blue mustang »). Pour autant grâce à son expressivité, l’industriel de NTT vaut son pesant de caouhétes, à condition de ne pas être en pleine dépression... Leech nous dit d’ailleurs qu’il doit sortir faire cette musique sous peine de s’étouffer dans ses pensées. Ca peut paraître pompeux mais écouter bien et vous verrez que ce n’est pas le délire commercial d’un parasite de magazine pour gotho pouffes...ce mec a vraiment un souci. Son industriel n’est pas gratuit !

La passion pour la destruction est donc bien aussi une passion créatrice... un beau monument de negativité... le genre de machin qui vous purge le cerveau...