MORBID ANGEL - Formulas fatal to the flesh - 1998 ( Earache )

Tracklisting:

1. Heaving Earth
2. Prayer Of Hatred
3. Bil Ur-Sag
4. Nothing Is Not
5. Chambers Of Dis
6. Disturbance In The Great Slumber
7. Umulamahri / Hellspawn, The Rebirth
8. Covenant Of Death / Hymn To A Gas Giant
9. Invocation Of The Continual One
10. Ascent To The Spheres
11. Hymnos Rituales de Guerra
12. Trooper

18/20

Changement complet de décor : fin des 90s, exit Vincent, la mode est au (mauvais) black metal, au nu-metal et à l’invasion homosexuelle made in Göteborg, bref c’est le début de la fin. le death est devenu ringard mais pas obsolète : la relève longtemps attendue pousse très fort derrière (Vader, Nile, Cryptopsy, Dying Fetus, Kataklysm…). Morbid Angel, remonté à bloc, recrute un obscur bassiste/chanteur de Cincinnati et nous pond l’un des skeuds les plus revigorants de cette période troublée. Une seconde jeunesse qui prend corps dans un déchaînement d’énergie, servi par une production redevenue, avec bonheur, brute et brutale, simplement jouissive ! Le groupe qui semblait n’exprimer que misanthropie et dégoût fait maintenant dans le mysticisme, mais à l’écoute d’un tel album, difficile de ressentir la moindre faiblesse. Et puis, ils sont toujours aussi asociaux, ça fait plaisir. Tous les morceaux tuent, les plus rapides comme les plus lents. On a même droit à un titre préhistorique de 10 minutes qui le fait vraiment, dans l’esprit pur dégoulinant de ‘Abominations Of Desolation’ mais encore plus ancien (1984). Citons aussi le final orgasmique de ‘Covenant Of Death’ dans les moments forts, sans parler des soli cristallins de Mr Trey, et de tous les plans E.T. qu’il nous sort d’on ne sait où…Ce qui est fort avec ce skeud, c’est qu’il est possible à la fois d’y accrocher illico et d’y revenir de nombreuses fois ensuite pour en découvrir toutes les subtilités, alors que généralement c’est soit l’un soit l’autre…FFF est un grand album de Morbid Angel, c’est un modèle de cohérence et d’inventivité, malgré des vocaux trop typés et manquant de panache par rapport à ceux de Vincent sur ‘Covenant’.