MASTER - On The 7nth Day God Created Master - 1991 ( Nuclear Blast )

Tracklisting :

1. What Kind Of God
2. Latitudinarian
3. Heathen
4. Used
5. Demon
6. Constant Qaurrel
7. Judgement Of Will
8. America The Pitiful
9. Whose Left To Decide
10. Submerged In Sin

14/20

On commence par un petit peu d’histoire (ou plutôt de pré-histoire) avec Paul Speckmann (alias le père Paulo ou ce bon vieux Paul...bientôt 40 ans le bougre..bassiste/beugleur de son état) un vieux de la vieille. Son groupe principal, MASTER, s’est formé en 83. Après pas mal d’errances et un affinage du style suite à des écoutes prolongées de Slayer, Venom, Possessed etc, les gars pondent des démos vers 85. Ces démos ont bénéficiées de l’expérience acquise au sein d’un autre groupe DEATHSTRIKE et son « album/démo » : « Fuckin’ death ». Franchement, entre les 2, seul le nom est différent mais je reviendrais plus loin sur le style monolithique pratiqué par Paulo. On ne serait pas complet sans citer son autre groupe ABOMINATION. Aux vues du parcours chaotique de Speckmann (engueulades, rip off dans sa gueule et zéro concessions du genre on split 2 jours après le mix d’un album car il ne lui plait pas !!), tous ces groupes sont en fait des incarnations de la même entité musicale simpliste et monolithique.

Un peu (voir très imbu de lui même), l’ancien donnait parfois des inties assez marrantes. « Pourquoi ce nom de Master ? » lui demande t‘on en 93, « Qu’on organise une tournée avec Death, Pestilence et Morbid Angel et nous verrons qui sont les vrais maîtres !!! » est le genre de réponses caractéristiques de celui qui pense avoir inventé le death ! Si vous ne me croyez pas chercher la bio de Master par Paulo himself. C’est un morceau d’anthologie (avec le mec de Broken Hope qui tape et trade sans autorisation les démos « légendaires » de 85 (dixit good ol’ paul) que Terrorizer, Death , Nausea et d’autres ont copiés !!!!).

Certes, il a pratiqué un style radical pour l’époque et grâce aux démos de 85, le groupe était cité comme influence par des tonnes de groupes depuis célèbres. Mais de là à dire que Morbid Angel sont des rip offs il n’y a qu’un pas que, contrairement à Paul, je ne franchirais pas.

Pour autant en ce qui concerne la dévotion à une musique à un style de vie et l’honnêteté, Paul se pose là. De galères en galères, il n’ a jamais lâché. Son intégration au sein de Krabathor est là pour le prouver : ce mec c’est mister death metal.

Au début des 90’s, flairant le bon coup étant donné la notoriété underground du combo, Nuclear Blast signe le groupe et sort alors des vieilleries du placard. Le premier MASTER qui sort en 90 ou 91 est en fait composé de vieux titres. D’un autre coté, le suivant, « On the seventh day.. » est composé en 92 mais pour voir une différence avec le style 80’s accrochez-vous !! NB a, à mon avis, un peu trop bombardé les gens de MASTER sans trop faire de promos histoire de ramasser du cash. En effet, ils en ont profité pour ressortir l’album/démo de DEATHSTRIKE re-lifté au niveau du son et faire ré enregistré le premier Master au Morrisound par Scott Burns puisque Paulo se plaignait du son (c’est re-sorti sous le nom SPECKMANN PROJECT). Certains ont crié au rip-off…why not ! Personnellement, l’album de DEATHSTRIKE étant assez dur à choper et le son du Morrisound très réussi je ne me suis pas plains. Au fait, dans le même délire, les fameuses démos de 85 ressortent actuellement. A mon avis elles ne valent pas le SPECKMANN PROJECT et l’album que je chronique mais par curiosité j’essaierais d’écouter. De toute façon, vous l’aurez compris, on sait d’avance à quoi s’attendre !!

Parlons musique maintenant, forts des influences citées ci-dessus, MASTER pratique ce que j’appellerais du heavy thrash downtuné. C’est assez proche du proto-death avec de bonnes influences Sodom/punk. Bref un style simpliste et hargneux, ne rechignant pas à utiliser des lignes de voix mémorisables. En tout cas, c’est très énergique, brut et direct. Niveau lyrics c’est engagé, pas de trip gore ou débile sur la mort mais plutôt des réflexions désabusées sur le monde.

Sur « On the 7th day.. », MASTER bénéficie d’une prod monstrueuse rendant leur style ultra épais. Elle prend toute son efficacité sur des titres comme “Heathen”, un classique du death, un des tires les plus heavy que j’ai jamais entendu, ponctué d’accélérations punkisantes rendues dévastatrices grâce au son. Si le style est old school, ce son, le batteur dantesque et les interventions sobres de Masvidal (et oui…le gars de Cynic…on se demande ce qu’il fait là tant MASTER est l’anti-thèse de Cynic) ajoute ce qui manquait au groupe pour pondre de bonnes tueries death metal. On n’est pas en présence du sans fautes car il y a un peu de remplissages et de redites. Enfin, certains titres, sans être mélodiques, ont des lignes de voix guillerettes qui pourraient plaire à des fans de vieux thrash allemand (bof bof bof comme sur « America the pitiful »).

Au final ce disque est assez énorme à mes yeux : c’est hargneux au possible, ultra direct et sans fioritures. Et avec le son bien épais certains titres défoncent tout…on est pris de court par l’efficacité et la sincérité du truc. Avec un style et une motivation pareille, en live cela devait être énorme !!!

Master jouit donc d’un statut culte qu’on peut trouver plus ou moins justifié (plutôt plus que moins et selon la période qu’on considère). En tout cas s’il est un brave parmi les braves dans le death metal c’est ce bon vieux Paul !!! Malheureusement, je trouve le groupe carrément en baisse de régime depuis « Collection of souls » inclus. Le style figé dans le temps et ultra simpliste n’aide pas : tout a été dit sur 2 albums assez réussis, voire très réussi comme ce « On the Seventh Day God Created…MASTER », à écouter avec quand même un peu de nostalgie (même pour 91 le style datait déjà). Soyons clair pour finir donc: Speckmann a la grosse tête et n’a rien fait de bon depuis cet album…je dirais même qu’il aurait mieux fait de raccrocher Master.