MALEVOLENT CREATION - Retribution - 1992 ( Roadracer )

Tracklisting :

1-Eve Of The Apocalypse
2-Systematic Execution
3-Slaughter Of Innocence
4-Coronation Of Our Domain
5-No Flesh Shall Be Spared
6-The Coldest Survive
7-Monster
8-Mindlock
9-Iced

7/20

On a souvent pu lire dans la presse spécialisée (vous savez les fascicules ‘spécial extrême’ de 2 pages coincés, tels les cadeaux Bonux de mon enfance, entre les interviews de Slipknot et The Rasmus et qui citent des noms de groupes extrêmes à apprendre par cœur pour les jeunes) que ce qui avait causé la perte du death metal à partir de 1992 était sa trop grande prolixité, que le genre s’était effondré sous son propre poids de par le trop grand nombre de groupes plus ou moins sans intérêt qu’il avait engendré…aujourd’hui, la même situation fait dire aux mêmes journalistes (mais aussi à certains musiciens un brin communautaristes) que plus il y a de groupes et plus la scène se porte bien…les journalistes metal auraient-ils donc découvert comment inverser la loi universelle de l’entropie, là où tous les mathématiciens, physiciens et chimistes ont échoué ?
Sans aller jusqu’à dire que Malevolent Creation a contribué à tuer le death en voulant noyer le poisson, ce groupe n’a jamais réussi non plus à se sortir de la masse des outsiders dans laquelle il est toujours empêtré actuellement, son age respectable établissant la seule distinction entre des prétendus maîtres et disciples…faudrait d’ailleurs que quelqu’un m’explique en quoi le fait d’exister depuis 15 ans est facteur de crédibilité pour un groupe, surtout quand on a jamais sorti quoi que ce soit de marquant dans le style…
Vous vous demandez quel est le but de ce long préambule, à part bêtement casser la légende ? Simple : mettre ce Retribution à poil et essayer de le juger pour ce qu’il vaut réellement, toute considération pseudo-nostalgique/légendaire/cuculte mise à part. Mais aussi pour pas que d’autres que moi se fassent arnaquer et aient l’air con à vouloir acheter un truc uniquement pour sa réputation ‘culte’ et ‘légendaire’. Selon le nouveau rituel millénariste d’usage, on devrait le qualifier d’Old School, mais pour ma part, je trouve cet album tout à fait moderne et d’actualité : c’est linéaire, brutal, prévisible, sans cervelle, sans attitude, sans imagination, bref chiant. Ces adjectifs s’appliquent d’ailleurs à tous les instruments ce qui m’épargnera une description fastidieuse de chaque performance. Mention spéciale tout de même aux riffs d’une telle pauvreté que même le son d’une tronçonneuse serait plus varié et intéressant à écouter. Ça ne dépareillerait donc pas dans la production actuelle, sauf au niveau du son bien rugueux et authentique qui constitue probablement le seul (maigre) intérêt d’un album moins que moyen.
Voilà donc, grosso merdo, ce qui arrive quand on n’écoute que Cannibal Corpse...Mais voilà, c’est culte. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que Malevolent Creation a probablement réussi à influencer d’autres musiciens en herbe (ouaaah mais on s’en fout des riffs t’as vu lui comment il fait pour avoir un son aussi gros, trop fort les gros palm-mute ça déchire sa race qu’est ce qu’il a comme ampli, tu crois qu’il a une Metal Zone ???), musiciens en herbe qui, avec de telles influences et selon la loi de l’entropie citée plus haut dans cette chro-nique, ne peuvent que produire des groupes encore plus quelconques et insignifiants. Lesquels produiront à leur tour une génération de groupes toujours plus quelconques et insignifiants. Etc, etc. Et à moins d’un cataclysme fatal à l’humanité, que j’en viens à espérer dans des phases de sombre réflexion telles que celle-ci, cette dégradation se poursuivra éternellement en suivant une courbe baissant asymptotiquement vers le zéro absolu. Notez qu’on peut aisément généraliser ce principe à d’autres sous-genres…Pas de doute, le metal est bel et bien devenu une science exacte.