LITURGY - Dawn of Ashes - 2004 ( Unmatched Brutality )

Tracklisting:
1. Shrine of Moria
2. Shrouded in Suffering
3. Scars of the Saints
4. Dawn of Ash
5. Worship Incise
6. The Bishop's Gathering
7. Wounds of Christ
8. Solemn
9. The Acolyte's Exoneration
10. Cognitive Lust of Mutilation (Disgorge Cover)
11. Infested With Worms (Brodequin Cover)

4/20

Vous connaissez Brodequin ? Mais si vous savez, encore un groupe qui s’auto proclame brutal sous prétexte qu’il a un batteur rapide, qu’il pilone sans cesse le tout soutenu par une voix débile tellement ça grunt. Bon bah vous prenez les mêmes vous ajoutez l’ancien vocaliste de Disgorge (US) à la place et vous avez Liturgy. Ils sont même sur le même label, assez nul, encore qu’ils viennent de racheter à mes yeux en signant Ingurgitating Oblivion, j’ai nommé Unmatched Brutality.

Je vous conseille de lire la bio du groupe sur leur site. C’est assez rigolo, à grand coup de «massive hype » de l’underground death metal, de super groupe qui en seulement 6 semaines a mis en boite cet album. Mais le plus fort c’est quand même qu’ils sont sensés définir de nouveaux standards dans le death. A les croire toute la scène death retenait son souffle et plaçait tous ses espoirs dans ce combo, et ces espoirs ont été « 10 fois dépassés » (je cite) par ce « Dawn of Ash ». RIDICULE tout simplement…de la propagande pour neuneu. Même en ces temps débilitant ou toutes les semaines est censé sortir un release qui est l’album du siècle j’ai rarement vu un tel melon chez un groupe. Mais passons, après tout des gros mégalos (dave mustaine par exemple) s’avéraient parfois être de bons songwriters.

La prod : la guitare sonne faiblarde, étriquée, manque de basse et on ne distingue pas tout. La basse est quasi inaudible. La batterie est triggée à outrance, on entend que la double qui clique trop (horripilant à la longue) et sur pas mal de partie on entend que la double ( !!!!). La voix est bien placé dans le mix elle ne noie pas tout, enfin si mais pour d’autres raisons que le mix. En tout cas c’est loin d’être puissant comme prod.

Les mecs se sont dis qu’un grunt du tréfonds des entrailles ça faisait brutal. Ils ont donc poussé le truc à l’extrême, comme Brodequin, arrivant tout simplement à sonner ridicule : un long rot permanent ne prenant pas la peine de prononcer ses textes. Vous me direz que John Tardy, de Obituary, avait instigué cela arguant que la voix pouvait être utilisé comme un instrument. Bon, là, l’instrument est aussi varié et captivant qu’un aspirateur…un instrument à la sonorité débile et bloqué sur une seule note. Honnêtement c’est très dur de passer outre car c’est vraiment un long rot continu et ça tape sur les nerfs asse vite : ultra linéaire. Par ailleurs je soupçonne le mec de ne pas vraiment chanter mais juste de se caler un molard dans le fond de la gorge, de souffler en faisant caisse de résonance avec ses joues et ses mains. Bref de la simulation, rien à voir avec un vrai vocaliste death se déchirant la gorge.

Le riffing du cd s’avère vraiment moyen et pas super technique (ce qu’on aurait au moins pu attendre d’un tel cd) mais il faut dire que la prod et le son de guitare n’aident pas à distinguer ce qui se passe avec précision. Les transitions entre les riffs sont moyennes (genre on arrête de jouer et on part sur un nouveau truc). Le rythme est calé sur blast avec des parties plus lentes d’un commun à tomber par terre. Le gratteux est bloqué sur 2 ou 3 phrasés. Le batteur est sûrement très fort mais le trig, le roulement de double continu, le son de daube de la double et le reste du kit carrément mixé trop en arrière ça me soule. Le son de la claire et des toms est naze mais de toute façon ils sont quasi inaudibles sur pas mal de parties.

Au final dans cette approche jusqu’au boutiste, un peu contestable je trouve, Disgorge s’est imposé comme le maître avec « Consume The Forsaken » album impressionnant, mais stérile, ayant le mérite de se poser comme le manifeste d’une certaine approche du death metal. Mais Liturgy, comparé à Disgorge, fait aussi puissant qu’un pet de mouche constipée et aussi technique que Sodom. Y a bien un ou deux plans sympas mais pas de quoi fouetter un chat. Ah…si le morceau 9 dans l’esprit industriel : bruit blanc assez dense avec chants grégoriens derrière est pas mal en terme d’ambiances même si trop long. Notez enfin que les 2 derniers titres sont des covers, une de Brodequin et une de Disgorge. Au final, les frères Bailey n’ont eu qu’à composer 8 titres pour cet album redéfinissant soit disant le death metal. Là ou en tendant vraiment l’oreille, Disgorge apporte de la variété derrière le barrage de blast, Liturgy joue 8 fois le même titre !

Je soupçonne carrément les mecs de surfer sur une notoriété underground de Disgorge et Brodequin afin de monter un coup genre on vend 3000 cd sans se fouler. Le booklet avec tous les t-shirt de prêt et toute cette promo sont vraiment puantes. En se cachant derrière une attitude « élitiste de l’extrême » à la black metal, peut être réussiront-ils à berner le chaland ?

Le verdict : des grandes gueules ; pas complètement manchots certes mais avec une vision du death très réductrice et limitée, le tout mal exécuté et pas super produit ce qui ne pardonne pas dans le style. Bref dans le délire écoutez plutôt le Disgorge qui comme je l’ai déjà dit est la conclusion logique d’une orientation du death et mérite le respect même si on adhère pas forcément. Liturgy et Brodequin, à coté c’est du pipi de chat ! Aux vus des prétentions du groupe on ne peut que leur conseiller un séjour chez le psy pour bouffée de mégalomanie délirante et, sait-on jamais, le psy pourrait peut être aussi soigner leur mauvais goût !

Un cd à éviter à tout prix donc !