LIERS IN WAIT - Spiritually uncontrolled art - 1991 ( Black Sun )

Tracklisting:
1. Overlord
2. Bleeding Shrines Of Stone
3. Maleficient Dreamvoid
4. Liers In Wait
5. Gateways

17/20

Ce mini album de Liers In Wait devrait être imposé dans tous les monastères boudhistes, non pas pour le message délivré dans les textes du groupe, mais pour la capacité de concentration qu'exige l'écoute intégrale des 17 minutes proposées ici. Le death metal de ces Suédois est d'une rare densité, les riffs ne restent que rarement en haut de l'affiche plus deux, voire trois mesures, pour les plus tenaces, et l'auditeur se retrouve donc rapidement enseveli sous une tonne de plans rapides qui se déversent en flot continu. L'ensemble d'un très bon niveau musical se révèle plus complexe que technique, très complexe même dans la façon de "riffer" qui n'est pas sans rappeler le Nocturnus de "The Key" en plus intense, plus remplis, un Nocturnus qui aurait fusionné avec le At The Gates première période et qui se serait lourdement chargé aux amphétamines. Prodigieusement complexe même dans la façon d'agencer les plans, de les enchaîner sans relâche et sans perdre une once de dynamisme et d'intérêt.
Les 5 titres de ce "Spiritually Uncontroled Art" emplis jusqu'à la gueule bouillonnent mais sont heureusement portés par des musiciens inspirés et extrêmement compétents
L'instable Hans Nilsson derrière ses fûts, ne supporte visiblement pas de jouer le même pattern sur plus de 2 mesures et n'a de cesse de casser le rythme, il foudroie, lamine, accélère, freine brusquement pour repartir soudainement, prêt à défier les quelques délires de compositions forts bienvenus (le début désarticulé et étrangement harmonisé de "Bleeding Shrines Of Stone) dans lequel se lance frénétiquement le guitariste hyper actif Kristian Wahlin.
N'oubliant rien de ses origines suédoises, Liers In Wait reste malgré tout mélodique et évite de ce fait de sombrer dans la bouillie sans âme que proposent bons nombres de groupes estampillés "Brutal death US".
L'ambiance est teintée d'un profond mysticisme dont le groupe prend soin en n'hésitant jamais à disséminer quelques nappes synthétiques simples mais bien senties (quelques instants éparpillés de ci de là feraient même penser à Nile une petite décennie avant l'heure). Les solos de guitares, ramenant directement l'auditeur à l'agitation géniale d'un certain Azagtoth dans ces moments les plus mélodiques ou encore au travail de Rutan dans le cultissime "Dreaming With The Dead" de Ripping Corpse, sont aussi construits sur ces mélodies étranges qui semblent décidemment faites pour illustrer musicalement l'œuvre de H.P.Lovecraft très présente dans les lyrics du groupe.
Le son n'est pas exceptionnel, manquant de puissance il oblige à pousser un peu le volume mais n'en demeure pas moins parfaitement clair et permet, ce qui était loin d'être évident, d'entendre tout ce qui se passe et d'apprécier pleinement le contenu très exigeant de ce "Spiritually Uncontroled Art".
Vous qui allez vous jeter sur la nouvelle "faderie" de Cannibal Corpse, partez plutôt à la recherche de ce mini cd devenu culte qui malgré sa courte durée vous occupera pendant quelques semaines. A noter que la cover présentée ici est l'originale et non pas celle du re-release sorti en 1996.