LEMMING PROJECT - Extinction - 1991 ( Noise )

Tracklisting:
1. Injection
2. Hysteria
3. Dust
4. Experiments
5. Zerfall
6. The Sperm Of The New Generation
7. Ovens
8. Rejection
9. Out Of My Ghetto
10.H

13/20

Lemming Project est un de ces groupes enigmatiques qui apparaissent pour disparaitre comme ils sont venus, c'est à dire rapidement, et sans savoir d'où ils étaient venus, on se demande encore où ils sont allés... Ce quintette teuton n'aura laissé que deux preuves tangibles de son existence, ce "Extinction" puis un an plus tard "Hate and Despise". Mais au moins, contrairement à certains dinosaures cannibales maintenant poussifs et inutiles qui s'entêtent à exister, on peut dire que ce groupe ne se sera pas fouttu de notre gueule. A l'époque où le Death Metal n'était pas encore qu'une recette, et quand les centaines de suiveurs du troisième millénaire chiaient encore dans leurs couches, Lemming Project a laissé, le temps de deux galettes, un travail à la personnalité écrasante. L'intro "Injection" inocule en l'auditeur un subtile mélange d'angoisse et d'oppression qui ne le quittera pas avant 47 minutes. Extinction est un recueil obscure aux ambiances menacantes. Les vocaux caverneux ( mais qui effectuent la performance non négligeable de ne pas être linéaires ) et les grattes cradingues contrastent avec la batterie très en avant, qui fait office de marteau pillon qui matraque de manière répétitive, récurante, rarement rapide mais obsédante, presque industrielle par moment. Les titres "Hysteria" et "Zerfall" sont les meilleurs embassadeurs de ce lavage de cerveau qui prépare l'organisme de manière insidieuse à se faire lapider par des accélérations pour le coup dévastatrices ( "Experiments" et "The Sperm Of The New Generation" ). Ce qui est clair, c'est qu'on n'a pas là affaire à des virtuoses, rien n'est technique, rien n'est complexe ( quoique faudrait-il définir ce qui est complexe car le batteur est parfois ici peu orthodoxe ). Niveau son également, on est loin de la course à l'armement actuel d'un Death Metal overboosté de plus en plus "produit", "Extinction" mise avant tout sur les ambiances, l'émotion, l'impureté. Ne tombons toutefois pas dans le sensationnalisme, ce skeud n'est certes pas une des pierres angulaires qui ont construits l'édifice au même titre qu'un Altars Of Madness ou un Slowly We Rot, mais il a l'avantage de proposer un ensemble à la personnalité forte et authentique. Et ça en 2004, ca cours pas forcément les rues...