KREATOR - Pleasure To Kill - 1986 ( Noise Records )

Track List :

1.Choir Of The Damned
2.Rippin' Corpse
3.Death Is Our Saviour
4.Pleasure To Kill
5.Riot Of Violence
6.The Pestilence
7.Carrion
8.Command Of The Blade
9.Under The Guillotine
10.Flag Of Hate
11.Take Their Lives
12.Awakening Of The Gods

17/20

Au temps de sa splendeur, Kreator généra un chaos qui posa des bases non négligeables à l’édification du metal de la mort. La presse spécialisée française de l’époque, toujours visionnaire, qualifia grosso modo cette sortie de belle merde, mais d’autres ne l’entendirent pas de cette oreille en saluant cette galette gonflée à la nitroglycérine comme LA nouvelle référence brutale européenne.
« We are death, fukk you ». l’adage cher à Sadistik Execution pourrait franchement s’appliquer à cet album tant il est à l’opposé de la finesse. Tandis que Slayer, Possessed ou Celtic Frost peaufinaient leurs riffs de manière à créer un feeling morbide, Kreator utilise des mélodies largement éprouvées, sinon éculées (le Judas Priest est pas si loin, on a bien affaire à un groupe européen, qui plus est allemand…remember Accept ?), mais dans un contexte autrement plus énergique. Le batteur est peut être bien l’ancêtre de tous les blasteurs fous actuels. Son jeu archi basique est entièrement basé sur la vitesse et la puissance, il n’utilise que peu de plans différents par morceaux. Les grattes, plus précises que Bathory mais nettement moins qu’un Destruction, ne font pas dans la dentelle et poussent à l’extrême la technique du tremolo. Les solos, eux, rappellent carrément les tout débuts de Sepultura (pas franchement un compliment !).
A l’image du reste, le chant et les paroles sont on ne peut plus clichesques. Mais cet album est clichesque plus par nécessité que par envie, car on devine dès les premières notes les intentions du groupe : créer le metal le plus extrême qui soit, atteindre l’Ultime. Et aujourd’hui encore, alors que nos oreilles ont été largement essorés par quantités de groupes brutaux, cet album surprend par sa violence et son incroyable énergie. Car c’est ce feu sacré qui fait qu’on y croit, et le côté kitsch de la chose ajoute même un certain charme. Le EP ‘Flag Of Hate’ qui suivra, reprendra plus ou moins les mêmes éléments en y ajoutant un (léger) brin de sophistication et plus de recherche dans les riffs, avec un son toujours aussi brutal. Du bonheur en barre.