KAAMOS - Lucifer Rising - 2005 ( Candlelight )

Tracklisting:
01 – Black Revalation
02 – Gnosticon
03 - Inaugurating Evil
04 - Theriomorphic Pandemonium
05 - Dark Void
06 - Lucifer Rising
07 - Sacrament Reversion
08 - Mysterious Reversion
09 – Chthonic
10 - Ascent

14.5/20

La scene "death metal" Suédoise vous gonfle ? Bienvenu au club des gens qui ont du goût ! Ce berceau d'un death metal bâtard teinté de heavy, de mélodies faciles, sirupeuses, nous impose depuis trop longtemps ses rejetons trop sages, carencés et (mal) élevés au Dark Tranquility nouvelle mouture et autres In Flames en mal d'inspiration. Buarrp !

Kaamos vient de Suède mais ne joue pas dans cette minable catégorie, le groupe fier d'un lointain (mais glorieux !) passé s'évertue tant bien que mal à perpétuer une tradition instaurée par Nihilist, Dismember ou Entombed à la fin de années 80. Tradition d'un death metal obscure et froid, un death metal pur qui ne s'embarrasse pas de jolis refrains ni d'harmonies (tierces, quinte..pfff) convenues et devenues depuis longtemps maintenant extrêmement pénibles.
"Lucifer Rising" revisite un style tombé aux oubliettes après avoir fait la légende de quelques albums historiques, (nous pensons évidemment à l'énorme "Left Hand Path") et s'en tire plutôt bien. Certes la surprise n'y est plus et la magie opère un peu moins mais l'effort reste malgré tout très louable tant cet opus est superbement ficelé.
Le son de guitare caractéristique, vous savez ce grain épais et grumeleux, nous plonge dès les premières notes dans cette version nordique d'un death historiquement beaucoup plus opaque et ténébreux, que son pendant Américain.
La voix, enrobée dans une reverb bienvenue et bien connue, apporte sa contribution à l'atmosphère sombre que dégage l'album. L'ambiance étant posée, reste ensuite au groupe la lourde tâche de composer quelques brûlots dignes de cette atmosphère qu'ils maîtrisent apparemment si bien…

…Pas de problèmes, Kaamos dose intelligemment ses breaks, ses accélérations et ses ponts pour capter notre attention du début à la fin. L'opération aurait été totalement réussie si les riffs nombreux et variés, (mais qui n'ont rien d'extraordinaire, nous ne sommes pas en train d'écouter Gorguts), avaient été un peu plus surprenants.
Les morceaux sont parfaitement structurés et échappent de ce fait à la linéarité qui sévit trop fréquemment sur bon nombre d'albums de death. Le batteur ne nous assomme pas bêtement sous des blast indigestes, préférant de loin la puissance à la vitesse sans âme, privilégiant intelligemment les breaks à la linéarité du brutal death US. Son jeu très varié et inventif insuffle une excellente dynamique aux morceaux et permet à la machine de redémarrer sans cesse ne laissant que peu de chance à la monotonie de s'installer.
Côté production, rien à redire. La batterie a un son très naturel (fait malheureusement trop rare pour être passé sous silence), chaque instrument trouve sa place et la voix légèrement en retrait se fond parfaitement dans cette sombre composition métallique.

Il ne reste qu'à se laisser enivrer par l'assaut mélodique de "Gnosticon", soutenu par une rythmique en béton, se laisser délicatement écraser sous la lourde puissance d'un "Theriomorphic Pandemonium" hyper efficace, broyé par l'énergie brutale de "Chtonic" pour finalement trouver la paix dans la "quiétude" de "Ascent", instrumental final qui nous fera regretter une chose, qui sera le seul petit reproche que je pourrai faire à cet album concernant les solos de guitare tout aussi ratés qu'inutiles; en effet quelques interventions "épiques" à la porté émotionnelle autrement plus intense auraient été fort bienvenues et auraient finir de nous enfouir délicieusement dans ces sombres vestiges d'un death metal glauque qui appartient au passé. La prochaine fois peut être.

Rien de nouveau donc mais un très bon album "back to the roots" bourré de feeling qui fait du bien en ces temps de death metal artificiel et plastifié (dois je encore parler de la farce Behemoth ?)