JESU - Silver - 2006 ( Hydra Head )

Tracklisting :

1. Silver
2. Star
3. Wolves
4. Deadeyes

19/20

Jesu est prolifique, c’est le moins que l’on puisse dire. A peine un an après la sortie du premier album, voilà que le trio ( ?) anglais est de retour avec un nouvel EP d’une demi heure. D’ailleurs, lors d’une interview dans Versus (seul mag musical français à faire son taf de mag à mon humble avis), Broadrick disait qu’il avait plusieurs heures d’avance de musique chez lui. Si ces heures sont d’égale qualité que ces trois premières sorties, on peut s’attendre à une grosse livraison d’excellence.
Mais bon, ce qui nous intéresse là, c’est Silver et ses 4 nouveaux titres. Le côté pop / My Bloody Valentine déjà présent sur l’album est dorénavant plus qu’évident. Les mélodies sont encore plus soignées, Broadrick a fait d’énormes efforts sur le chant, il y a un côté couplets / refrains très travaillé qui accentuent encore plus ce côté pop. C’est plus que flagrant sur Stars et sa rythmique rapide qui n’est pas sans rappeler les beaux jours du punk mélodique, le côté niais de 95% de ces groupes en moins. Silver et Wolves restent quant à eux plus attachés à des rythmiques lourdes et des mélodies tristes. La différence notoire avec l’album éponyme résidant dans une production plus claire et tranchée, où il est plus facile de discerner chaque instruments. La voix, plus assurée, y est mis davantage en avant.
Deadeyes est le seul morceau instrumental de cet EP, tranchant avec un côté plus electro, voir trip hop, avant de verser vers une rythmique plus saturée mais néanmoins légère.
Au delà de la simple performance musicale, Jesu va encore plus loin dans l’art de combiner les émotions. Il y a toujours cette dualité entre lumière et ténèbres, ce côté incroyablement triste qui cohabite avec ce sentiment enjoué, cet optimisme qui entre en collision avec une résignation assumée. Bref, Jesu joue avec nos ressentis, nous fait traverser tout un panel d’émotions sans jamais jouer le jeu du patchwork incohérent. Tout cohabite avec harmonie, c’en est à la fois troublant et jouissif. Encore un coup de maître.