JESU - s/t - 2005 ( Hydra Head )

Tracklisting :

1 – Your path to divinity
2 – Friends are evil
3 – Tired of me
4 – We all faulter
5 – Walk on water
6 – Sun day
7 – Man / Woman
8 – Guardian angel

17/20

Autant vous dire qu’après ce monstrueux Heartache, j’attendais de pied ferme le véritable premier album de Jesu.
Cette fois-ci, Broadrick n’est pas seul, accompagné de Ted Parsons à la batterie, Diarmuid Dalton à la basse et de Paul Neville à la guitare sur Man / Woman. Ça se sent fortement dès les premières notes de Your path to divinity, le son et l’interprétation de cet album présentant un côté nettement plus organique et moins rigide et mécanique qu’Heartache.
Your path to divinity, encore et toujours des allusions religieuses ! Et si c’était seulement dans le titre. Mais non ! C’est également dans le son. Il possède tellement d’ampleur et de profondeur qu’on a l’impression qu’il a été enregistré dans une cathédrale. Rajoutez la couche d’orgue présente sur ce morceau histoire d’enfoncer le clou.
Côté musique, ce long album de 74 minutes diffère du EP Heartache. Autant sur ce dernier, on percevait le fantôme de Godflesh et l’œuvre d’un seul et même homme, autant les influences sont plus variées sur cet album. Les guitares sont plus noisy, plus fouillis. Un côté plus pop se dégage de l’ensemble du disque. Mais une pop sombre et mélancolique. Les influences Sonic Youth et surtout My Bloody Valentine surnagent mais sont parfaitement intégrées et digérées par Jesu. La voix de Broadrick est toujours approximative et noyée sous une tonne de réverb et d’écho mais l’effet voulu est là, accentuant ce côté calme et sombre, cette luminosité qui surgit de ce magma sonore sursaturé. Et quand ce n’est pas ce côté noisy pop qui mène la danse (Friends are evil), ce sont les rythmiques lourdissimes et décharnées qui prennent le relais (Tired of me, Walk on water, Sun day) ou bien les ambiances plus cold wave (We all faulter). Seul Man / Woman, sa rythmique cradingue et sa voix criée feront apparaître le spectre de Godflesh. Mais le propos de Jesu se trouve ailleurs. Plus dans ces ambiances à la fois plombées et lumineuses qu’on trouve dans quasiment tous les morceaux, dans cette douceur perdue dans ce maelström sonore.
Ce premier album, enregistré avant Heartache, est une vraie réussite mais en 74 minute, difficile d’éviter quelques longueurs qui le privent des félicitations du jury. Dommage car tous les ingrédients précédemment énoncés dans cette chronique sont présents. Mais difficile d’égaler la claque d’Heartache et de maintenir cette constance sur plus d’une heure. Ou alors il faut fractionner l’écoute. Que ces dernières phrases ne vous empêchent pas de vous procurer cet album, nettement au dessus de la masse des sorties médiocres actuelles.