ISIS - The Mosquito Control EP - 1998 ( Escape Artist )

Tracklisting :

1 – Poison eggs
2 – Life under the swatter
3 – Hive destruction
4 – Relocation swarm

15/20

Née des cendres de Unionsuit et d’autres obscures projets noise hardcore de la scène de Boston, cette jeune formation pose la première pierre (si on ne compte pas la démo) d’un édifice sonore en pleine voie de popularisation. Qui l’aurait cru en cette fin des 90’s. ISIS, nouveau groupe du prolifique Aaron Turner, jeune artiste complet (bidouilleur sonore aventureux et graphiste inspiré) et alors surtout dénicheur de nouveaux talents tous plus intéressants les uns que les autres (Converge, Cave In, Botch, Keelhaul) avec son label Hydra Head, nous livre ici quatre longs titres d’un hardcore metal poisseux teinté de noise qui emprunte autant à Neurosis qu’Eyehategod et Godflesh. Turner est d’ailleurs un fan absolu de Justin. K. Broadrick.
Riffs gras et lourd, ambiances marécageuses, voix écorchée (parfois limite) concept autour des insectes, ISIS instaure d’entrée de jeu un univers bien personnel. Evidemment, difficile de ne pas penser aux trois groupes précédemment cités mais à l’époque, ce style était loin d’être aussi populaire qu’aujourd’hui. Turner et ses acolytes ont des influences bien senties mais ils sont assez malins pour les ressortir à leur sauce sans tomber dans le plagiat pur et simple. D’Eyehategod, ils garderont le côté poisseux, sludge, sans verser dans le psychédélisme 70’s. De Godflesh, ils adopteront le goût des dissonances et de la systématique du riff. Non sans un certain groove proche des britanniques. De Neurosis, ils embrasseront cette passion pour les structures longues et alambiquées, passant facilement d’un riff fracassant à des ambiances plus soignées.
Et tant qu’à s’inspirer de ses glorieux aînés, autant emprunter aussi les sonorités électroniques utilisés par les barbus de San Francisco.
Quatre titres hargneux, violents, pesants. Quatre titres qui laisse entrevoir un potentiel énorme et un futur grand d’une scène « metal / post hardcore » en plein questionnement artistique, tant musical que graphique.
Une affaire à suivre de très près.