IMPUREZA - La iglesia del odio - 2011 ( Snakebite )

Tracklisting:

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Si j’avais bien accroché aux démos sorties chez Nihilistic Holocaust, la derniere (2007) m’avait laissé un petit arrière gout de je ne sais quoi. Un coté un peu trop pro peut être (le titre Varicocha bien stérile)...un son moins dirty que sur la démo 2005 (ou le groupe était plus poisseux), selon mois. Cela ne m’a pas empêché de chopper l’album, ne présentant que 2 nouveaux titres. A noter que le groupe a laissé de coté 2 des 3 titres de la 1ere démo (effectivement moins efficaces mais j’aurais été curieux de les voir retravaillé), un de la dernière démo (Varicocha ! ils ont eu raison) et un de la 1ere (là encore bien vu). Passons, ce même sentiment décrit plus haut m’a en tout cas fait décaler dans le temps une chronique...résumons mon ambivalence en évoquant la déception d’un «Y Corre La Sangre» bien plus léger et clean que sur la démo. Mais commençons par le commencement. Replaçons le contexte, déjà je suis un amateur de guitare flamenca, des vieux genre Sabicas ou Ricardo de Ninas et bien sur le génie ultime qu’est Paco de Lucia bien sur (au passage je vous conseille, Sirocco, une oeuvre majeure pour moi), mais moins de guitaristes récents (genre Tomatito ou Vicente Amigo par exemple). Je ne crache pas non plus sur du flamenco avec cantaor. On ajoute un amour de la guitare classique notamment les écoles espagnoles (granados, rodrigo, albeniz etc etc etc). Du coup le split sorti chez NH m’avait bien botté. Un death gras, mixant avec fluidité des plans guitares espagnoles et des plans tonitruant le tout avec un petit feeling.

Mais parlons pour commencer de la spécificité d’Impureza. Si on entend beaucoup parler de Flamenco à leur propos, je généraliserais à guitare espagnole (voir parfois à l’image que l’on s’en fait mais cela ne me dérange pas) plus qu’à du Flamenco stricto sensu. Mais passons, le plus important étant de noter que ce n’est pas juste un gimmick. Ces passages de guitares sèches (voir avec palmas) s'intègrent de manière très fluide, permettent en outre de comprendre des riffs saturés, puisant parfois leur inspiration dans le même style, et aussi de lire autrement le death metal de Impureza en lui imprimant un feeling particulier. Certains riffs s'appréhendent vraiment différemment du fait de cette touche. Par exemple la fin de «Marranes» égrainant une suite de gros accords un peu bateau prend une tout autre mesure du fait du feeling d’Impureza. Bref, de ce coté là, Impureza ne manque pas de personnalité. Citons quelques passages, comme l'ambiance désertique du dernier titre, le break avec grattes et palmas du 1er titre, ou alors le genre de riff qui me fait mouiller (à 0’28 sur «Las Iglesias...»). Le danger que cette touche flamenco soit juste folklorique ou kitsch est balayé d’un revers de la main par Impureza.

Du point de vue strictement death metal, Impureza s’inscrit dans une veine downtuné, n’hésitant pas à être véloce, servi pas des musiciens compétents et parfaitement en place. Souvent efficace et n’oubliant pas d’être catchy, un petit coté me gêne. Sans être technique le death de impureza lorgne parfois plus vers le Nile des titres plus posés en chouille plus mélodique ou parfois un Krisiun (dans ses cotés bateaux). Bref un truc massif, bien mis en place, qui en jette mais m’en touche une sans faire vibrer l’autre en balançant parfois du riff pour du riff. Je citerais par exemple le nouveau titre «Bezar la mano del infame» ou celui de la 2eme démo «Y Corre la sangre» (version revue et disons plus aérienne). C’est fort dommage car ces plans côtoient les très bons (et très gras) et aussi de véritables riffs bien catchy.

Le groupe devrait mettre ses idées, sa mise en place et son réel feeling, sa propension à lâcher du riff efficace et mémor(is)able au service d’un duende plus morbide et putréfié. Je suggérerais aussi de ne plus utiliser Stephane Buriez et sa prod trop propre/aseptisée à mon gout et qui, je trouve accentue, le point que j’ai levé ci-dessus. La batterie clique clique trop en avant, les guitares manquent de saleté. Il m’a fallu du temps avant de passer outre. Bref l’inquisiteur gagnerait à être plus sadique et putréfié (du peut être retrouver un peu de la poisse de la démo 2005 qui m’avait bien plue).

J’ai l’air déçu ! N’oubliez jamais que chez tsotl on est jamais content...cet album n’en reste pas moins largement recommandable et m’a (et me) fait passer de bons moments. Si je râle c’est que ça en vaut la peine, les ingrédients d'une bonne tuerie sont là...reste à peaufiner la recette.