IMMOLATION - Dawn of Possession - 1991 ( Roadrunner )

1. Into Everlasting Fire
2. Despondent Souls
3. Dawn Of Possession
4. Those Left Behind
5. Internal Decadence
6. No Forgivenesss (Without Bloodshed)
7. Burial Ground 8. After My Prayers
9. Fall In Disease
10. Immolation

17/20

C’est noyé au milieu de sorties plus médiatiques, notamment les 1er Suffocation, 2eme Morbid Angel, Atheist, 3eme Death, et noyé dans un label plus occupé à promouvoir d’autres groupes et à signer à tour de bras qu’Immolation sort ce « Dawn Of Possession » de légende.

Ce premier contact avec le death épais et tourmenté de Immolation a forcement marqué ceux qui ont eu le discernement, que la presse de l’époque n’avait pas eu d’ailleurs, de se procurer cet album. Dur en effet, Immolation, des lyrics anti christ comme Deicide, une propension au gros refrains et aux couplets mémorisables comme Deicide, certains passages et un vocaliste caverneux comme Incantation, des passages martelant et une brutalité certaines évoquant à la marge le Suffocation des démos, une cover bof bof…bref ajouter à la marée de sortie de qualité, on comprend, sans pardonner, qu’Immolation soit vite passé à la trappe dans les médias metal de l’époque. Media, comme c’est le cas aujourd’hui, surchargé de sortie, bref pas de temps à consacrer sérieusement à un album.

Pour autant, dés le début de « Into Everlasting Fire », encore joué live par le groupe, on goûte à la production chargé de basse, à un couplet bien mémorisable et démoniaque dont seul Immolation à le secret. On goûte aussi à la complexité de ce death lourd et sombre ainsi qu’au soli propre à Immolation qui se démarque de la pompe slayerienne de ce coté là. On continue dans cette lignée avec les 3 titres suivants, dont un « Those Left Behind » bien noir, avec un riff avec harmoniques typique du groupe et un final tout aussi typique. Bref joie et bonheur à la découverte de ce death puissant et particulier.

Pour autant, le disque, surtout sur sa seconde partie, fait parfois appel à des plans standards de l’époque d’où ce léger manque de personnalité que je trouve à cet album. Logique me direz-vous car ces titres sont issus des démos les anciennes du groupe. On n’assiste pas encore pleinement au fameux breaks à la Immolation, le groupe étant plus pataud que ce qu’il va devenir. On relit bien attention, je n’ai pas dit pataud, j’ai dit plus pataud que ce qu’il sera plus tard ! Par ailleurs, le batteur, Graig Smilowski, si il est bon, n’est pas encore la machine de « Here In After ». Bref la signature rythmique, le groove, de Immolation ne sont pas encore matures. De plus si les trames « mélodiques », à défaut d’autres mots, des soli du duo Wilkinson/Vigna, sont actés, c’est coté rythmique, qu’il manque un pas vers ces mélodies dissonantes, ces breaks dans les riffs, ces saccades typiques. Bref il fallait qu’Immolation lâche les plans trop standards (cf début de « Burial Ground » par exemple ou « Fall In Disease »).

Si Immolation, sur cet album, peut se rapprocher sur certaines parties de certains pontifes du riff death metal de l’époque, il n’en reste pas moins qu’en déployant sa noirceur et sa lourdeur, un penchant pour les dissonances et harmoniques venues de nulle part et une voix bien gutturale, le groupe fait une entrée remarquable, à défaut d’être remarquée à sa juste valeur, dans la scène death et est ultra proche d’avoir son propre style de a à z. Ross Dolan devait par ailleurs avoir une plus grande identité, il est là trop linéaire, de coté là cela ne changera pas, et pataud et plat comparé à la puissance colérique qu’il aura sur les releases suivants. Ca sonne un peu forcé et commun…

Sinon toujours ce coté qu’a Immolation : vite écouté, on ne retire pas grand chose à part une sensation d’un bon gros pavé death metallique et quelques couplets/refrains bien sentis, ce n’est qu’après plusieurs écoutes qu’on est conquis par un « Those Left Behind » bien lourdingue, qu’on est à l’aise avec « After My Prayers »…bref qu’on apprécie le bordel !

Que dire en 2006 ? Ce n’est pas le meilleur release du groupe, pour autant les fans se doivent de le tenter, cela reste un bon Immolation et en plus permet de se payer un trip « back in the days » de qualité dans la scène death old school fin 80’s début 90’s (je pense au titre « Burial Ground »). C’est toujours avec plaisir que je me lance dans ce disque et plus particulièrement dans les 4 premiers titres ainsi que « After My Prayers » et ses harmoniques, certes contre intuitives, mais vous collant dans la tête…à écouter avec attention en tout cas. Et pour être clair, quand je dis que Immolation se devait d’avoir plus de personnalité, c’est par référence à leurs releases suivant. Ne me faite pas dire que le groupe était sans âmes ! Les trois-quarts du boulot était fait, et 95% des groupes tueraient ne serait-ce que pour avoir un dixième de la personnalité que déploie ici Immolation.

La profondeur et la complexité de la musique de Immolation, allié à un timing un peu décalé par rapport aux ténors du genre ont fait de ce groupe, mais ça a l’air de changer, le groupe de death le plus sous estimé ! bref un scandale !

A noter que Metalopolis, label Polonais, réedite l’album…cela vous évitera de courir après sur Ebay avec un budget faramineux…il déconne chez listenable…feraient mieux de réediter les 2 1ers albums…