IMMOLATION - Failure for Gods - 1999 ( Metal Blade )

Track Listing :

1. Once Ordained
2. No Jesus, No Beast
3. Failures For Gods
4. Unsaved
5. God Made Filth
6. Stench of High Heaven
7. Your Angel Died
8. The Devil I Know

15/20

Après la baffe “Here In After”, remarquée mais rebutante car tellement spéciale, Immolation ne s’est pas fait de nouveaux amis avec cet album enfonçant le clou dans le coté tortueux. Immolation a même à mon avis perdu des amis, et ce pour 2 raisons.

Si « Here In After » nous servait une ambiance dantesque, « Failures.. », lui s’avère plus glacial. Le groupe en fait un peu trop pour moi, le title track par exemple, si il est servi par un solide corps, s’étend trop et se fait casser sa dynamique par un break acoustique bizarre et assez mal senti (je complexe, moi petite merde, de dire ça de Immolation). Et c’est bien dommage car sans ça, le titre est vraiment bon, avec toujours un petit temps d’adaptation aux riffs « contre intuitifs ». Les morceaux rapides « Once Ordained » (OK bon refrain mais bon), « God Made Filth » (OK soli bien sentis, OK bon break), ou « Your Angel Died » (OK final sympa mais titre chiant), sont éprouvant dans le mauvais sens du terme. Qu’en extraire à part de bons riffs ou de bons arrangements ? Sûrement pas des titres ultimes comme Immolation sait les faire !

Le second point, c’est le son pour lequel le seul adjectif qui me vient est boueux ! Dur de discerner ce qui se passe avec cette batterie, mixée carrément trop en avant, avec un son énervant, et en plus avec la voix mangeant un peu trop la musique. De plus dur d’avoir la puissance avec ces guitares manquants de corps. La batterie, au click horripilant, genre pneu crevé, trop en avant contribue à faire sentir le coté parfois aventureux des riffs de cet album. Bref un premier essai avec Paul Orofino, qui produira tout les albums suivant, assez raté pour moi. Pourtant la suite le prouvera, ils auront raison de lui rester fidèle.

Les 2 facteurs ci –dessus mis ensembles rendent le tout difficilement aussi appréciable que « Here In After ». Contrairement à « Here In After », en plus de perdre le coté nouveauté, on a pas ce son monstrueux qui aide à accrocher les premières écoutes ; écoutes nécessaires avant de comprendre et d’aimer. Sur que des écoutes attentives révèlent de bons morceaux, de bons passages mais ce putain de son est vraiment hard je trouve. Ce disque, quand je l’écoute soit il me gave, soit je suis au bord de le remonter dans mon estime car ça fourmille quand même de bons trucs.

Par contre, si je ne conseille pas cet album pour entrer, ou confirmer, dans le groupe, jetez-y une oreille, le travail mérite écoute et c’est loin d’être mauvais ou sans queue ni tête non plus. De plus chaque fan de Immolation a ses albums préférés et celui-ci compte ses défenseurs. Je dois avouer que le son me broute gravement mais que chaque écoute m’en fait découvrir plus ; et je suis conquis par des titres comme le jubilatoire « Unsaved », ou l’excellent « The Devil I Know » qui, même si ce n’est pas mon Immolation préféré, ou mon titre de death préféré, serait ma réponse si on me demandait un titre pour définir ce qu’est le death metal à mes yeux. Et paradoxalement, je pense ça son inclus…bizarre non, je n’aime pas le son du skeud mais sur ce track ça passe nickel, il y a une conjonction d’éléments qui en font pour moi une perle de death sombre…un coté presque triste dans son final, que Immolation va plus cultiver par la suite.

Au final, je dois avouer que, parfois, dans mes rêves, j’imagine Immolation réenregistrant ça avec le son de « Here In After », « Close to.. » ou « Unholy Cult ». Ca aurait autre allure, ça pourrait même déchirer…mais là…N’empêche que ça a bien du être un des meilleurs albums death de 1999…et qui sait d’ici plus d’écoutes j’aurais mieux compris et je hurlerais peut être au génie !