IMMERSED IN BLOOD - Retentless Retaliation - 2001 ( Downfall Records )

Tracklisting :

1.Relentless Retaliation
2. Collector of Souls
3. Genuine Suicide Attempt
4. Celestial Carnage
5. Serpent of Chaos

12/20

Après la seconde vague (pouark) suédoise « goteborg-ienne » melodeath, le pays retrouve des couleurs depuis quelques années en pratiquant un death plus brutal avec des groupes comme Insision, Immersed In Blood ou d’autres trucs plus inutiles comme Visceral Bleeding. Après, je pense qu’on s’y est tous fait, loin l’époque des Entombed, Nihilist et autres Carnage qui faisaient le death metal. Le ton est donc donné chers amis, ne vous attendez pas au truc du siècle, ou même fort en personnalité, dans la chronique qui va suivre.

Immersed In Blood est un peu à ranger dans la catégorie brutal death nourrie au blast depuis sa tendre enfance avec un penchant pour le style de death, tant honnis par les puristes Sadistic Intent-iens, à la Dying Fetus, groupe que je n’ai jamais encadré. Bref ça speed, ça se fend de passages pseudo-techniques, parties mosh-isantes etc. Là, je vois venir certains d’entres vous, les plus intellectuels, tous ragaillardis par le bâton que je viens de tendre : « quoi du death core mosh…au four !!! ». Stop vous réponds-je ! Moi-même je suis allergique au blast épileptique en permanence, à l’attitude bonnet bas sur le front et « moi je suis brooootal » qui masque une pauvreté de compositions, et ne parlons même pas de l’originalité. Moi-même, l’écoute de « Killing On Adrenaline » de Dying Fetus m’a fait marrer après tout ce que j’avais entendu ou lu sur ce groupe « trop ultime ». Des riffs mous avec des guitares plates sonnant, à l’instar de la batterie, comme des jouets, le tout avec un manque de fluidité. Au passage remarquez d’ailleurs comme on entend plus parler du groupe, que ce soit des nouveaux releases ou des anciens dont on peut déduire qu’ils n’étaient donc pas si ultimes que cela. On peut même en déduire que c’était juste une étape de plus dans la quête stérile d’un brutal death qui serait parfait, et résumé, selon des critères purement objectifs, type productions, rapidité du batteur, capacité à blaster en permanence, et truc pompeux à la Hate Eternal genre « moi trop puissant, moi régner sur le death car moi utiliser polyrythmes et Derek Roddy qui blaste plus vite que tout le monde, et moi beau et brutal avec mon ventilo dans les cheveux et ma tête brooootal». Bref cette direction du death se dévoie et dans sa quête stérile de « brutalité » réduit celle-ci à des éléments tels que blast, growls, downtuning…oubliant que ce n’est pas la forme qui fait le fond et que c’est bien ce dernier qui fait la substance et la richesse de la musique. Mais là encore c’est l’heure de mes gouttes, je suis définitivement vieux jeux et je ne dois plus rien comprendre. Je veux dire, Devourment par exemple c’est trop de la balle non ? trop ultime ? Ca tient bien une semaine dans ma platine de gosse de riche qui se tape 100 cds par ans pris dans la furia de la bougeotte imposée par le rythme impressionnent d’album du siècle tous les mois. Vous voyez ce que je veux dire quoi ! Si je remplis ma check list :
- blast plus rapide que tout ce qui se fait : oui/non
- growl plus immonde : oui/non
- mosh parts ultra grasses et mutés avec basses qui font trembler ma stéréo : oui/non
- lyrics immonde s: oui/non
bah ça suffit pour dire que c’est un bon album non...c’est mécanique le brutal death non ? Ce qu’on veut c’est s’en prendre plein la gueule ? Pas la peine de tortiller du cul pour chier droit quoi ! sttttooooopppppppp :mécanique oui, brutal non, chiant oui !

Mais là encore je digresse et je sens le mal de tête poindre chez le cher lecteur plus habitué à des chroniques lapidaires dignes des biographies pondues par les départements marketing des labels ou auto-alimentées par internet qui à fortement contribué à la hausse du nombre de groupes cultes par rapport à l’époque du tape trading.

On revient donc à Immersed In Blood, évoluant clairement dans la case brutal death. Le groupe, né en 1998 des cendres de Inverted, pond ici son premier mncd suite à son unique démo. Le son permet immédiatement d’identifier la provenance géographique du groupe : grosses guitares downtunées ultra saturées à la Suédoise donnant de la substance aux rythmiques et au break mid tempo. Le son des grattes est épais et crédible tout en permettant de bien distinguer tout ce qui se passe, juste compromis donc entre brutalité et intelligibilité. Coté growl, rien à signaler, c’est pro et agressif sans être ridicule, genre Brodequin ou autres groupes gadgets. Coté batterie, j’accroche moins, bien sur c’est triggé à mort mais la double s’insère bien dans les basses fréquences des grattes et est liée à celles ci par la basse. Bref ce n’est pas un clic clic qui vient se superposer à la musique. La caisse claire claque trop, nécessaire pour les blasts, mais je préfère quand c’est plus feutré. Quand c’est trop sec, ça fait jouet je trouve. Bref coté son, tout comme coté musiciens, le groupe se donne globalement les moyens de faire quelques chose. Mais ce n’est pas le plus important tout ça, vous l’aurez compris en lisant ma longue digression.

Les compositions donc ! Sont-elles bonnes ou pas ? L’entrée en matière m’avait fait craindre un truc genre blast blast blast until death of the drummer mais le premier micro break en appelant à la lourdeur des grattes m’a raccroché. Le titre est sympa même si pas original pour un sou, comme le reste du mncd, et s’enchaîne avec un coté machine bien huilée sans merci. Par contre et c’est là que Immersed In Blood, sur ce mini cd car le full length qui a suivi est une autre histoire, se démarque du brutal death stricto sensu en chiadant ses compositions et ses structures pour capter l’attention et décliner la brutalité sur plusieurs tempo apportant une dynamique indispensable à mes yeux. Le refrain du second titre permet l’injection d’un autre élément là aussi indispensable : la musicalité (sic, ça reste violent qd même) et la « mémorabilité ». C’est efficace et accrocheur et met en appétit pour la débauche qui suit. Débauche notamment dans une partie lente amenée par un plaquage d’accord aérien tout comme le soli qui s’en suit…bref de l’air et du bon dans ce brutal death. Un gimmick de voix parlée claires sur partie lente apparaît de temps en temps comme sur la partie bien grasse du milieu de « Genuine Suicidal Attempt ». Et on ajoute de temps en temps des solis apportant une touche très légèrement mélodique.

Après, c’est sur, sans Cannibal Corpse ou Dying Fetus pas de Immersed In Blood, bref ne croyez pas que tout le dithyrambique que j’ai fait sur le brutal death en début de chronique servait d’introduction à une chronique élogieuse du groupe. Immersed In Blood aussi tombe dans certains travers dont j’ai parlé et propose là un mncd efficace, agréable mais sans plus. Un mncd que je ne défendrais pas si on me dit qu’il est chiant. Mais là, personnellement, je trouve que le groupe ne se pose pas trop de carcan et cherche l’efficacité plutôt que de montrer qu’il en a une plus grosse que tous ses petits collègues de la scène ultra saturée du brutal death. Bref un travail de composition au service de l’efficacité mais c’est sur pas de la personnalité. Les plus durs diront que c’est peu mais par les temps qui court c’est déjà pas mal, sans pour autant être une raison de crier au génie ! Sinon, comment finir sans toucher un mot de leur premier album, « Killing Season », sorti en 2003 chez Arctic, qui ne m’a pas marqué semblant se perdre dans la course au brutal mais pour être honnête je ne l’ai pas vraiment écouté, à chaque fois rebuté après 2 titres…