HIS HERO IS GONE - Monuments To Thieves - 1997 ( Prank )

Tracklisting:

1. Like Weeds
2. Monuments to Thieves
3. Paranoia Secured
4. Carry on
5. Automation
6. Cavities
7. Chain of Command 8. Headless/Heartless
9. Hinges
10. Sin & Vice
11. The Mess
12. Disease of Ease
13. Under Watchful Eyes
14. Stacks
15. The Unwanted Child

18/20

Changement de line-up chez les punks du Tennessee, le guitariste Patrick laissant la place au Canadien Yannick Lorrain, transfuge des fantastiques (Union Of) Uranus.
Je ne sais pas si c’est ce changement de guitariste qui en est à l’origine, mais la musique d’His Hero Is Gone a énormément mûri, s’affinant tout en gardant son côté brut et direct. Ce Monument To Thieves s’ouvre sur un premier riff apocalyptique, un véritable largage de bombe, soufflant tout à son impact. On ne peut que se sentir écrasé et assommé après cet accord lourdissime laissant la place à une ligne de basse ne laissant guère augurer de lumière et de légèreté dans ce qui va suivre. Tu m’étonnes ! A peine l’effet de déflagration terminé, on se prend une partie grind en pleine gueule, enchaînant direct avec des riffs aussi gras qu’une cuve à frites d’un kebab à l’hygiène douteuse, le tout accompagnée de ces fameuses mélodies de marins (ont-ils écouté Enslaved ?) qui feront désormais la marque de fabrique du groupe. Environ 2’21’’ et la messe est dite avec ce Like Weeds imparable. Mais pourquoi donc s’arrêter là alors qu’on peut encore s’envoyer 14 morceaux et une vingtaine de minutes supplémentaires dans les oreilles. HHIG enchaîne les titres sans discontinuer, alternant entre véritables hymnes (Like Weeds, Monuments To Thieves), brûlots crust surbrutaux (Paranoia Secured, Hinges) et odes à la lourdeur absolue (Chain Of Command, Headless / Heartless, The Unwanted Child). N’essayez pas de résister, vous n’y arriverez pas. Le punk metal (quelle étiquette horrible) d’HHIG est imparable, entêtant, hypnotique et toujours tendu. Et puis il y a ces mélodies… Oui j’en ai déjà parlé mais bon… Elles sont là, terriblement vicieuses, pénétrant dans la tête sans qu’on y prenne garde, apportant une dimension guerrière et noble à ce chien enragé prêt à bouffer tout le monde.
HHIG enfonce le clou avec ce Monument To Thieves et impose son style, reconnaissable entre tous. Les ambiances se sont affinées, développées. On pense toujours un peu à Neurosis qui aurait fait du punk. Il y a ce côté épique qui fait la différence, cette classe qui met HHIG au dessus du lot et fait de lui un groupe influent, indispensable. Combien de groupes n’auraient pas vu le jour sans ce disque ? Personnellement, HHIG et Monuments To Thieves m’ont appris à apprécier le punk musicalement parlant. Simplement énorme.