HEAVENWOOD - Swallow - 1998 ( Massacre Records )

Tracklisting:
1. Heartquake
2. Soulsister
3. Rain Of July
4. Suicidal Letters
5. Shadowflower
6. Luna
7. Season '98
8. At Once And Forever
9. Downcast

7/20

Est-il si difficile de se sortir de l’ombre de la gloire gothique nationale (Moonspell) qu’il faille que ce groupe portugais estampille son disque d’un sticker racoleur : « the portuguese gothic-metal sensation feat. Kai Hansen & Liv Kristine » ? J’en doute.
Remarque, en dehors de cet ornement puant, pas grand-chose à se mettre sous la dent.

A priori : des guitares tout droit sorties de Icon/Draconian Time. Un clavier qui prend la forme de nappes flottantes obscurcissantes ou d’incursions plus saillantes, se plaçant alors sur un versant grandiloquent, ou encore d’un piano solennel. Un chanteur standard qui fait l’affreux, mais nous fait aussi le coup de la voix claire émotionnelle. Des rythmes simples, jamais très enlevés, mais surtout répétitifs à souhait. In fine, dans l’intention du moins, tout ce petit monde s’agite pour nous concocter une ambiance mélancolico-nostalgique ponctuées de quelques moments pompeux plus dynamiques. Rajoutons une petite touche électro par-ci et doom par-là (mon dieu quelle ouverture d’esprit !).

A posteriori : on est face à une bande d’apathiques qui ne se sont pas fait très mal pour accoucher de cette progéniture ennuyeuse. Fréquence cardiaque à 20/min, quelques vagues geignements, aucun tonus, aucun réflexe, couleur grisâtre. Ce qui nous fait un Apgar à 1/10. Il ne va pas tenir longtemps celui-là.
En plus d’un manque de caractère évident, ce disque souffre de longueurs exaspérantes. Chaque morceau est étiré jusqu’à épuisement de la bonne volonté de l’auditeur attentif. Loin d’appuyer une quelconque atmosphère, cette répétitivité achève de me convaincre qu’on s’est, encore une fois, bien foutu de notre gueule.
Noter bien que ce disque reste tout à fait sexy dans la forme (cf. a priori) et a convaincu (et convaincra encore) des oreilles distraites, aguichées qu’elles furent par tant de conformisme devenu professionnalisme.

Quant à la participation des deux cités en début de chronique, le premier tire le morceau sur lequel il intervient vers le bas (il fallait le faire quand même), avec sa voix nasillarde pas à sa place et la seconde serait passée inaperçue, si on ne nous avait pas balancé ce featuring en pleine poire.