HATE ETERNAL - King of all Kings - 2002 ( Earache )

Tracklisting:
1. Our Beckoning
2. King Of All Kings
3. The Obscure Terror
4. Servants Of The Gods
5. Beyond Redemption
6. Born By Fire
7. Chants In Declaration
8. Rising Legions of Black
9. In Spirit (The Power Of Mana)
10. Powers That Be

10/20

Après avoir « conquis le trône », Erik Rutan est maintenant « roi de tous les rois ». Hum…Certes, le constructeur américain nous avait fortement séduits en 1999 avec son premier modèle de série, ‘Conquering The Throne’ (CTT 1000 R) qui bien qu’affichant des performances au dessus du commun des mortels, n’était pas si exclusif et ménageait un semblant de confort pour l’utilisateur expérimenté. 3 ans plus tard, Hate Eternal enfonce le clou avec ce nouveau missile au moteur gonflé à la nitroglycérine.
Le nouveau cadre en aluminium tubulaire moulé procure une telle impression de légèreté qu’on a l’impression que la meule va partir direct en wheeling au moindre coup de gaz. Ce qui est effectivement le cas : débutant s’abstenir. La puissance maxi annoncée de 195 ch. à 12500 tours/minute est réelle, mais les sensations moteur sont malheureusement gommées par un bridage des plus ratés, qui gratifie la KOAK 1100 RR d’une sonorité de pet de moustique à peine plus virile qu’une 500 cm3. La faute de cette castration revient probablement au pot catalysé bien trop ‘légal’ qui ne laisse échapper que les sons les plus aigus et stridents de cette fabuleuse mécanique. Autre écueil, le caractère moteur : ce V-twin de conception US est aussi lisse et linéaire qu’un quatre en ligne nippon de 600 cm3. Le couple maxi est situé à des régimes bien trop élevés pour distiller la moindre sensation en usage quotidien normal : les reprises à bas et moyen régimes sont quasi inexistantes. Il faut se transformer en pilote de circuit pour goûter pleinement aux joies du big twin…de toute façon, les longs trajets ne sont pas envisageables pour cause de confort physique aussi déplorable que le confort sonore sus-cité, le pilote est assis sur une selle en contreplaqué et les vibrations permanentes, type ‘tacatacatac’ ou ‘brrrrrrrrrrr’ transforment les bras et les jambes, trop pliées, en fourmilière au bout des 150 km d’autonomie du réservoir 22 litres…une certitude, on ne roulera pas bien loin ni longtemps avec cette machine.
Bref, ce banc d’essai confirme mon opinion. La production actuelle nous gratifie de modèles de plus en plus performants et de plus en plus ennuyeux. Les constructeurs se bornent à faire étalage de leur savoir faire technique et technologique et nous gratifient d’engins dont on n’a que faire au quotidien. Quel intérêt aujourd’hui de pouvoir rouler à 290 km/h sur des routes truffées de radars qui flashent à 132 km/h ? Pour frimer au bar ? Est-il si difficile de faire preuve d’imagination pour renouveler le genre sportif sans avoir systématiquement recours à cette débauche de performances inutiles ?