GBH - Church of the Truly Warped - 1993 ( Futurist )

Track Listing :

Pure Greed / Not Enough Hate / Leather Coffin
Candy Man / Lords Of Discipline
Where The Wild Things Are
Church Of The Truly Warped / Back
I Need Energy / Evil Evar / All For The Cause

14/20

Piliers de la fameuse vague ‘Punk’s not dead’ au début des 80s, les Brumies vétérans de GBH ont continué leur bonhomme de chemin dans les 90s jusqu’à nos jours en conservant une attitude punk indéniable, ce qui n’a pas empêché leur son d’évoluer avec les années. ‘Church Of The Truly Warped’ est un tournant dans le sens où le groupe commence à intégrer des éléments plus metal à son style, un peu comme leurs contemporains de The Exploited (remember le furieux ‘Beat The Bastards’ sorti en 96).
Etonnant de constater à quel point un groupe punk utilisant des gimmicks metal comme les riffs en palm-mute ou la double grosse caisse peut rappeler certains aspects du thrash des origines…Bien sur, en bons punks les GBH ne sont pas du genre à passer 12 mois en studio dont 10 sur la post-production, alors pour les analogies avec le thrash on ira chercher du côté de Megadeth beaucoup plus que du côté de Machine Head ou Sepultura…ici les guitares ont un son…punk, à savoir qu’on a un mélange d’agressivité et de clarté, pas de surcharge de disto, de downtuning et encore moins de compresseur (ou alors c’est discret). Un son de gratte que n’aurait pas renié Dave Mustaine, pas plus que certains riffs et certaines mélodies, de par ce côté simple, presque bateau mais qui fonctionne mine de rien. Ça rappelle parfois les groupes heavy-thrash plus ou moins mélodique de cette époque, genre en voie d’extinction totale aujourd’hui.
Ce qui toutefois fait bien comprendre que GBH reste un groupe punk, c’est que les guitares ne sont pas autant mixées en avant que dans une prod typée metal, la batterie, la basse et surtout le chant tiennent tout autant le haut du pavé. La voix de Colin Abrahall est très typée, sans être aussi caricaturale que celle du chanteur d’Agnostic Front, mais le style est parfaitement identifiable. Sans parler des textes. Moins foncièrement destroy qu’au début, d’inspiration presque straight-edge par moments (critique des raves et des défoncés à l’acide qui y traînent), les GBH n’oublient pas non plus de régler ses comptes avec sa propre scène (les nazillons dans ‘Lords of Discipline’, les wannabe rock star dans ‘Leather Coffin’). Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça ne tourne jamais au donnage de leçon ni au redondant : le ton est juste, ancré dans un réalisme j’m’en-foutiste teinté d’ironie. La caricature du punk pseudo humanitariste-engagé est loin, un petit tour de force en soi.
Dans l’ensemble l’album sonne frais et puissant, la recette du simple et efficace fait mouche grâce à ce subtil mélange d’agressivité, d’intelligence, d’efficacité et de charisme. Rien de révolutionnaire ni de génial ici, mais un skeud vachement plaisant de par la justesse de son ton et la conviction contagieuse dégagée par la musique, qui n’a pas forcément mal vieilli si on écoute ce qui se fait en punk aujourd'hui.