GARWALL - Black Beast - 2004 ( Holy Records )

Tracklisting:

1. Pride
2. Mass Of Worms
3. The Seventh Seal Of Consequences
4. Abyssus Abyssum Invocat
5. Garwall
6. Veni Vidi Vici
7. Les Ecorchés
8. Black Beast

11/20

2004, nous en sommes toujours là. Le metal est englué dans ses clichés et la pochette de cet album est un douloureux témoin de ce triste état de fait. Tout y est : la nuit noire mais pas trop pour permettre à nos yeux effrayés de distinguer une scène d'horreur devant laquelle aucun poil humain ne peut refuser de se dresser, la lune pleine ronde et menaçante et malveillante ( et d'autres trucs pires encore ) qui éclaire le cimetière lugubre et gris et froid avec les vieilles tombes de vieux cimetière entre lesquelles sautille sauvagement un gros vilain loup garou poilu plein de grandes dents de loup garou qui font très très mal si le loup garou, (qui a son petit caractère quand même..en même temps, normal, c'est un loup garou, hey !!), à décidé pour on ne sait quelle raison saugrenue de vous mordre violemment. Brrr, oui tout cela fait peur mais tout cela n'est rien tant le posing des membres du groupe, fiers sur des photos d'un autre âge et d'un tas d'autres albums estampillé "metal extrême", fait froid dans le dos. Bracelets cloutés, ceintures avec des cartouches dedans, bottes qui piquent, regards méchants et inhumains, pantalons épais en cuir luisant qui moulent les zizis, croix à l'envers, pentagrammes, etc…
Bref, après avoir eu très (très) peur, il est temps d'oser se plonger dans le ténébreux abîme sonore promis mais une question peu délicate vient d'entrée troubler notre excitation alors à son comble: Par quel miracle des gens faisant preuve d'aussi peu d'inventivité dans l'élaboration du contenant de leur galette musicale proposeraient un contenu qui soit, lui, original ? N'y tenant plus, il faut en avoir le cœur net, je me décide et me lance frénétiquement dans l'écoute de cet opus.
D'entrée de jeu il faudra se résoudre à oublier la scène Suédoise pour trouver une once d'originalité, il faudra se convaincre que l'on découvre, émerveillé, des plans qui firent la gloire de Dark Tranquillity & co habillement mélangés à quelques riffs typiquement heavy metal eux aussi très "innovants".
Il faudra passer outre ces vocaux plutôt lassants, met sonore depuis longtemps indigeste tant on nous a servi cette mixture vocale
-Euh…une voix grave plutôt death metal ?
-Bien. Je suis impressionné !! Et ?
-Et euh … hum, c'est difficile. Allez, je me lance, une autre plus black metal ?
-Wouahou, bravo !!! Monsieur est connaisseur, félicitations !!!
Monsieur est connaisseur et monsieur constatera ainsi que ces vocaux sont bien propres et sans caractère, il se rendra également compte que le musique de Garwall n'est pas particulièrement sombre (rien de péjoratif ici), que les mélodies et la rythmique heavy amènent un côté "sautillant", entraînant, presque festif à l'ensemble.
Les guitaristes en revanche maîtrisent leur sujet et ont parfaitement retenu les leçons d'harmonie facile et prévisible (une fois à la tierce, une fois à la quinte) de leurs aînés Suédois, eux même fidèles disciples du culte Maiden (un style plein de fraîcheur donc uhuh), notons par la même que le style ultra mélodique du groupe, généralement basé sur des tempos assez élevés n'est pas le meilleur support pour les nombreux blast qui se posent parfois comme un cheveux sur la soupe, un peu plus de variété à ce niveau eut été bienvenue..

A la fin, alors que le silence reprend ses droits, notre question change de statut, de peu délicate elle devient légitime puis logique. Le miracle ne s'est pas produit et force est de constater que l'artwork, impressionnant patchwork de clichés éculés, tient ses promesses : le contenu est aussi "novateur" que le contenant !!! (qui parle de cynisme ?)

Pour conclure, et cela pourra paraître étonnant après la lecture des paragraphes du dessus, "Black Beast" n'est pas un mauvais album mais il ne sert strictement à rien. Tout est parfaitement exécuté, maîtrisé mais tout sent surtout beaucoup le réchauffé et au vu du nombre impressionnant de sorties mensuelles (voire hebdomadaires) Garwall par son manque de personnalité se retrouve noyé dans une masse d'albums sans saveur particulière, de ceux qui s'écoutent en attendant mieux et qui prouvent que si la compétence n'est pas chose rare le génie, en revanche, ne court décidemment pas les rues.