GAMMA RAY - Land Of The Free - 1995 ( Noise Records )

Tracklisting:
1. Rebellion In Dreamland
2. Men On A Mission
3. Fairytale
4. All Of The Damned
5. Rising Of The Damned
6. Gods Of Deliverance
7. Farewell
8. Salvation's Calling
9. Land Of The Free
10. The Savior
11. Abyss Of The Void
12. Time To Break Free
13. Afterlife

13/20

Commençons par le premier morceau : « Rebellion in Dreamland » est un titre au tempo peu soutenu mais assez emphatique par moments. Mine de rien, mis bout à bout, on nous y déroule une bonne minute de solo de guitare. Là où mon attention aurait failli chez de nombreux groupes, je me délecte de ce triturage de manche complètement en phase avec le reste des éléments constituant le paysage sonore. D’une manière plus générale, Gamma Ray a tendance à avoir le solo jouissif et gouailleur sur cet opus. Quant-au paysage sonore, il va du marécage humide, entrainant moiteur et respiration stertoreuse à la sérénité d’un ciel azur, appelant alors un bien être appuyé par moult sentiments positifs. Ces derniers passages sont quasi-constamment appuyés par des chœurs plutôt bien foutus et vous ne serez pas très étonnés si je vous dis qu’ils dominent, en nombre, les instants plus ombrageux.
Ces éléments se retrouvent tout au long du disque mais de manière plus étiolé que sur ce morceau.

La production simple, voire vétuste, et les arrangements cheap, sans faire entrer ce disque de plein pied dans le panthéon du kitch, dégagent un parfum 90’s poussiéreux. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Les riffs ne nous pètent pas à la gueule, la batterie ne sonne pas comme un troupeau de buffles apeurés, la basse n’est pas assomante… et alors ? Ce disque à au moins le mérite de la simplicité, nous présentant sans détours ses chansons, sans se cacher derrière un arsenal technologique devenu condition sine qua none pour mériter la discutable étiquette de « groupe qui déchire ».

Cet album est malheureusement entaché de nombreuses embardées speed, réflexes archaïques jalonnant les morceaux et dont le groupe à du mal à se défaire : double à fond, voix haut perchée et riffs moins construits, enchainés à vitesse grand V. Ces interférences limitent beaucoup la portée du disque en décrédibilisant les morceaux ambiancés. Imaginez qu’en plein milieu de notre marécage intimidant se trouve posé… un nain de jardin grassouillet !

Le père Hansen repartira de plus belle sur les routes du speed metal allemand stéréotypé avec les albums suivants. Qu’importe, malgré les dérives évoquées au paragraphe précédent, il s’est posé l’espace d’un disque et nous a prouvé que dans un genre aussi dogmatique (surtout en 1995) et bien qu’en s’appelant Monsieur ex-Helloween, on pouvait se permettre de tendre vers des ambiances moins attendues.