FOLKSTORM - For The Love Of Hate - 2001 ( Cold Meat Industry )

Tracklisting:
1 Arbetare / bödel
2. In the name of culture
3. Swarm
4. Epilogue 6
5. Cleansing
6. Legija
7. The death of a prophet
8. Enemy
9. Indoktrination
+ bonus track

15/20

Folkstorm, un des nombreux side project de Nordvargr (MZ412, Nordvargr/Drakh, Muskel, HH9, Econocon, Henrik Nordvargr Bjorkk, Toroidh, Nordvargr, Incinerator Internationa, Koperwelten, Lorl) livre ici ce qui devait être, et ce n’était pas la première fois qu’il nous faisait le coup, son dernier album. Après une année 2000 très productive (trop même) ayant vue pas moins de 4 albums de Folkstorm (Information Blitzkrieg, Hurtmusic, Sweden et Victory Or Death) Nordvargr s’est un peu calmé (quelques 7’’ quand même) en 2001 coté Folkstorm pour ne sortir qu’un seul véritable album.

Autant le premier MZ412 (Malfeitor) était pur industriel, autant dés « In Nomine Dei Nostri.. » MZ412 a inclus une bonne touche de dark indus limite rituel jusqu’au pas dégeu Nordik Battle Signs qui marquait sur quelques plage un retour à un indus tonitruant, limite power electronics empruntant à Merzbow pour le noise et Genocide Organ/Slogun pour le PE (Power Electronics). C’est ce délire qui prévaut chez Folkstorm : industriel pur avec bonne touche PE le tout un peu oldschool. Bref Folkstorm c’est sans concession avec une petite touche crassouille coté prod, surtout sur les autres albums, un coté punk pour l’attitude et l’amour du noise (cf Sweden inaudible pour moi).

C’est donc la que « For The Love Of Hate » se pose. Folkstorm était pour moi un groupe sympa mais sans plus, de par son coté trop déstructuré, fouillis et linéaire en même temps, son recours, trop facile, à l’agression sonore et sa productivité qui était du tout simplement au fait que Nordvargr sortait tout ce qu’il enregistrait. Sa description des sessions, avec Ulvtharm aux manettes explique pas mal de choses. D’abord ils se font un répertoire de sample, sons bidouillés etc, ensuite c’est volume à fond, alcool et improvisation.

Sur cet album par contre Folkstorm est beaucoup plus posé, mature, presque structuré et pond selon moi son meilleur album. La qualité des sons est là, les basses sont énormes, la saturation rend les sons bien massifs et crépitants/incandescents. Ca a un coté crassouille mais contrôlé tout en gardant de la puissance, de la saturation et de la densité.

On commence sur un petit chant suédois, sûrement un truc militaire mais gentillet, qui va se transformer en martèlement/crépitations distordues le tout appuyé par des basses et balayé par des vocaux distordus, vrillant les oreilles sur la fin. Répétitifs mais hypnotique. Un peu long, notamment parce que l’ajout de nouveaux éléments (noise discrets) intervient trop tard.

Le 2eme titre, « In the Name Of Culture », est du pur PE : dur pour les oreilles, il est basé sur des sons corrosifs et sans pitié, on retrouve, grand classique : une voix saturée et distordue dessus. Je ne suis pas spécialiste de ce style donc j’ai du mal à décrire et à part dire que ça arrache les tympans et que c’est sans pitié. Après, comme dans tous les styles violents, on retrouve la frange de groupe qui pratiquent la violence pour la violence. Dans l’indus, et surtout le PE, c’est pareil, nombres de combos, sous prétexte d’être PE font tout simplement du bruit sans aucune structure ou inspiration. Coté « lyrics » et imagerie idem, ça se planque pas mal derrière des trucs « sulfureux » (passons). Bref on retrouve un petit coté « élite » qui cache en fait un manque d’inspiration et de personnalité complet. Honnêtement Folkstorm sur ses releases précédents tombait à mes yeux dans ces travers.

Une des qualités de cet album c’est que ces titres PE (« In The Name Of Culture », « Cleansing » et le bonus track) sont crédibles et bien fait. A mon avis c’est du au coté rythmique de Folkstorm, il y a toujours des basses ou des explosions/martèlement, faisant office de percussions et apportant un corps aux titres sur lesquels viennent se greffer ensuite des noises et voix distordues. « Cleansing » est donc un morceau assez dément de violence même s’il dévisse méchamment les oreilles avec ses sifflements stridents, ça bastonne violemment, l’agressivité est de mise. Après le PE, ça reste, sauf pour les psychopathes, une zique dur à digérer et qui demande un certain état d’esprit (à bout de nerf, au bord du meurtre) et une propension à aimer la douleur.

Les autres titres ne font pas ou peu appel à la voix et, si ils restent agressifs, sont plus ambient, posés et bien glauques.
« Swarm » est un peu dans l’esprit du premier titre : ça pilonne avec un coté hypnotique. La voix, distordue, est donc à traiter comme un son comme un autre dans la compo donne un coté strident à la chose. « Legija » est mon titre favori, presque feutré par rapport au reste du disque, peut être le plus rythmique. Le suivant ainsi que « Indoktrination », sont purement ambient, à la façon Genocide Organ/ Anenzephalia : vraiment dark et glauque, un bruit continu traversé de divers sample. Le genre de titre qui maintient une certaine pression, comme s’il y avait quelque chose de pas beau en sous jacent, un truc inquiétant, menaçant. « Enemy » est basé sur une rythmique unique plombée et froide.

Bon j’ai conscience de mes faiblesses pour décrire ce type de musique mais au final l’album est réussi, le meilleur de Folkstorm et un des meilleurs de Nordvargr, et si vous vous sentez curieux tentez l’expérience. Au fil des écoutes vous saisirez mieux ce qu’il se passe sous le barrage de sons et vous prendrez sûrement goût à certaines des ces compositions. Après soyons clair, l’album n’apporte rien au style mais, surtout pour des gens comme moi qui sont très sélectif à propos de cette scène dure d’accès, il est pas mal fait du tout et permettre pourquoi pas au novice de goûter à la douleur sonore et d’apprécier.